BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

30.10.21 | Le coup parfait

Avec autant de tripes que de talent, le Brest Bretagne Handball a décroché une victoire de prestige au buzzer dans le fief du CSM Bucarest (29-30). Au bout d’un match au couteau, la sérénité et l’abnégation des Rebelles, emmenées offensivement par une très grande Kali Niakaté, ont fini par payer. Le BBH décroche là son premier succès à l’extérieur de la saison en Ligue des Champions, une semaine seulement après avoir échoué d’un cheveu à Budapest. La parenthèse européenne va maintenant se refermer pendant quinze jours mais le repos n’est pas encore au programme puisque trois rencontres de Ligue Butagaz Énergie attendent les Brestoises d’ici là.

On dit souvent que la victoire est le meilleur remède contre la fatigue. On peut aussi imaginer que décrocher la timbale sur le gong va dans le même sens. Il faudra bien cela pour remettre du carburant dans les organismes essorés des Rebelles après une série de quatre déplacements en dix jours. Le bilan de cette quinzaine on the road, dans un contexte d’infirmerie bien achalandée, est d’ailleurs plutôt très bon. Des succès à Toulon, Plan-de-Cuques et celui-ci dans les Carpates ont offert de larges sourires à des Brestoises encore bien pêchues au moment de célébrer ce triomphe en terre roumaine. « C’est une victoire qui récompense les filles et valide pas mal de convictions, de travail et d’efforts, résumait Pablo Morel dans les couloirs de la Sala Polivalenta de Bucarest. Ça confirme aussi qu’on reste ambitieux et qu’on continue à apprendre. On n’a pas fait le match parfait mais on a su minimiser les petits échecs qu’on a connus sur les précédentes rencontres de Ligue des Champions. On avait eu la même dernière balle à gérer il y a une semaine à Budapest et on l’avait perdue. On a fait mieux aujourd’hui, ça veut dire que l’équipe et le staff se remettent en question et ont envie de progresser ensemble ».

Il restait une petite trentaine de secondes quand le technicien du BBH posait son temps et que le score était de 29-29. Au bout d’un enclenchement initié par une prise d’avantage de Monika Kobyilnska, Kali Niakaté se faufilait pour inscrire à six mètres sont dixième but de la soirée. « Je marque ce but mais il y a eu un très bon travail de mes coéquipières avant, rembobinait l’arrière gauche. Ça a vraiment été une victoire collective. On savait que ce serait super dur car on était hyper fatiguées avec tous les déplacements et ça a été un gros match physique. On était préparées à ça et tout le monde s’est battu jusqu’à la fin ». Les quelques supporters de la délégation brestoise présents dans une enceinte par ailleurs à huis clos et les autres devant leur télé ont sans doute pu avoir peur deux fois durant l’après-midi. La première alerte, vite éteinte par les Rebelles, avait forcément été cet écart précoce créé dès l’entame par les Roumaines (8-4, 12e), la seconde intervenant quand Neagu, souvent intenable, convertissait un kung fu pour donner deux longueurs d’avance aux siennes à quatre minutes du terme (29-27, 56e). « Et là nos cinq dernières minutes ont été à l’image du caractère de l'équipe, soulignait Pablo Morel. On a parfois été derrière, on est repassés devant, et ainsi de suite. On n’a jamais rien lâché et on est allés au bout des efforts. Les filles ont vraiment tout donné ».

En quelques instants, la soupe à la grimace avait changé de camp et le coup était dur à encaisser pour un CSM qui avait sûrement déjà imaginé fourrer ces deux points dans sa poche. « C’est la deuxième fois qu’on perd de cette manière, pestait le coach roumain Adrian Vasile. On aurait dû avoir l’’expérience pour mieux gérer les dernières minutes. On est très déçus par cette défaite mais on doit continuer à se battre ». Pour en arriver là, Bucarest, longtemps porté par la puissance et le talent de Neagu, a parfois dans la partie éprouvé de grosses difficultés pour trouver la mire face à de très bonnes séquences défensives brestoises et des arrêts décisifs de la paire Sandra Toft / Cléo Darleux. « On a eu des soucis pour régler les problèmes que nous posait l’attaque adverse mais on le savait avec ces très grandes joueuses, analysait Pablo Morel. Ce que j’ai aimé, c’est qu’à chaque fois qu’on a pu résoudre cela, on a réussi à convertir sur grand espace. Et quand on a su le faire, on est à chaque fois passés devant ». Avec le final qu’on connaît et donc ce premier succès en déplacement cette saison sur la scène européenne qui permet aux Rebelles d’équilibrer leur bilan (3 victoires / 3 défaites). « On arrive à arracher des points et on est en train d’asseoir nos ambitions sur notre capacité à jouer tous les matches pour essayer de les gagner. Je pense que nos adversaires respectent cela également ».

La joie brestoise après ce gros coup ne pourra en revanche pas s’éterniser beaucoup plus que le temps du trajet en avion pour rallier le Finistère dans la nuit. Même si le BBH arrive au bout de sa terrible quinzaine loin de ses bases, il ne va pas vraiment chômer jusqu’à la trêve internationale dans trois semaines. Pas moins de trois rencontres de LBE vont s’enchaîner dans les jours qui viennent (Besançon le 3 novembre, Dijon le 6 et Metz le 10) avant la clôture de la première partie de Ligue des Champions par une double confrontation contre Buducnost. « Les filles sont éreintées et la récupération va être essentielle, prévenait en conclusion Pablo Morel. C’est finalement le plus dur qui nous attend parce que pour pouvoir prendre du plaisir en Ligue des Champions, il faut gagner les matches en France pour avoir le droit d’y participer. On va essayer de bien se reposer, préparer correctement Besançon et ne pas se trahir. Et surtout on va retrouver l’Arena, s’y entraîner, et y jouer devant notre public. C’est aussi ça la bonne nouvelle ». Pour les supporters brestois, le plaisir est probablement partagé !


BUCAREST – BREST : 29-30 (16-14)
BUCAREST : Davidsen (g.), Wester (g.), Grubisic (g.), Arntzen (3), Aune (4), Gogirla, Neagu (10), Valcan, Klikovac, Omoregie (2), Martin (1), Dindiligan (2), Broch (2), Finaru, Lazovic (5), Ramusovic. Entraîneur : A. Vasile.
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny (1), Toublanc (2), Fauske (2), Kromoska, Kobylinska (6), Lassource (4), Niakaté (10), Pop-Lazic (1), Foppa (2), Mey, Jarrige (2), Gavric. Entraîneur : P. Morel.