BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

30.10.19 | Elles ont eu la Lorraine !

À la cravache, le Brest Bretagne Handball a décroché un succès de prestige (29-28) face à Metz et est ainsi revenu à un point au classement de ses rivales lorraines. Le champion de France a longtemps cru tenir le bon bout au cœur d’une deuxième période durant laquelle il a fait la course en tête mais le mental brestois n’a pas cédé et est repassé devant dans la dernière minute. La communion avec l’Arena pouvait être totale !

L’Arena est un chaudron, un vrai. L’ensemble de la partie et plus spécialement les deux dernières minutes ont pu le prouver à qui en doutait encore. Car rien ne fut simple avant ce dénouement heureux et au retour des vestiaires, les Rebelles avaient ainsi passé plus de 25 minutes à courir derrière des Messines prenant un malin plaisir à éteindre tout embrasement local. Alors quand dans un premier temps, Constance Mauny trouva enfin l’égalisation (27-27, 58e) puis Marta Mangué d’un maître-missile (28-28, 59e), les décibels ont immédiatement monté en flèche pour pousser les filles vers une victoire qui était devenue possible. « L’Arena et le public sont les stars de notre club, confirmait Laurent Bezeau. On ne va pas non plus se plaindre de jouer à domicile. On avait dit aux filles que ça allait être un match extraordinaire, je leur avais parlé d’une victoire et celle-ci est extraordinaire. Il y a eu une vraie communion avec le public, des émotions partagées ».

Ce succès, aussi prestigieux soit-il n’emportait pourtant pas un Laurent Bezeau très lucide dans des envolées lyriques. Conscient du chemin qu’il reste encore à parcourir, le technicien du BBH préférait la jouer profil bas : « C’était un match de phase régulière, on l’a emporté, c’est top, mais ça en reste un parmi tant d’autres. Ça nous donne de la confiance pour la suite mais on sait que tout se jouera en play-offs. J’ai du respect pour Metz qui a en plus mené une bonne partie du match. On est très heureux mais il faut garder de la mesure ».
Le contraste avec la première venue des Messines la saison dernière était tout de même saisissant et si cette confrontation en décembre 2018 avait accouché d’une raclée, celle-ci a tenu toutes ses promesses. Le choc annoncé a bien eu lieu, et aussi basculé du bon côté.

« On n’est jamais battu par moins fort que soi, il faut donc admettre que Brest a été meilleur que nous », lâchait de son côté Emmanuel Mayonnade, le coach du MHB. Commenter un revers est devenu très rare du côté de la Lorraine, c’était d’ailleurs le premier faux pas des filles en jupe cette saison. Alors le technicien messin avait forcément des choses à reprocher à ses ouailles. « On est déçus de notre inconstance, de notre incohérence, détaillait-il. On a dû penser qu’on pouvait avoir le match en main et on les a laissées revenir tranquillement. Le dernier quart d’heure m’a déçu ». Il faut dire effectivement que le champion de France s’était mis dans la meilleure des postures avant d’entrer dans le money time. Face à des Brestoises privées de solutions en attaque, il avait alors pris ses aises et atteint son pic de forme (20-24, 44e).

« Mais je n’arrêtais pas de me dire « On va le gagner ce match ! », poursuivait Laurent Bezeau. J’avais plus l’appréhension de faire une bêtise pour le perdre. Sur le banc, tu ne te dis jamais que ton équipe va être battue, tu te demandes plutôt ce que tu dois faire pour l’emporter. J’ai la chance d’avoir un staff uni et complémentaire et aussi des joueuses qui ont beaucoup apporté à la préparation du match ».
Parmi ces filles, l’une d’entre elles faisait son retour à l’Arena après plus d’un an d’absence pour un heureux événement. Bella Gulldén, utilisée à dose homéopathique à Dijon la semaine passée, n’allait faire son entrée qu’après le repos mais avec efficacité. « Je la vois monter en puissance, expliquait Laurent Bezeau. Elle doit être à 70% mais sa main est toujours là, son sens du jeu aussi. J’avais vu des choses se passer à l’entraînement cette semaine, notamment son association avec Marta (Mangué) qui avait très bien fonctionné ». C’est en partie ce duo qui a permis aux Rebelles de ne pas couler quand la logique sportive aurait peut-être voulu qu’elles le fassent.
« On a montré trop d’indiscipline et refait des erreurs déjà vues à Nice et Vipers, regrettait Emmanuel Mayonnade. Il y a des registres dans lesquels on ne progresse pas. On est donc déçus d’avoir perdu mais j’espère que ça ne l’est pas plus parce que c’était Brest en face. On aspire toujours à avoir la même approche, quelque soit l’adversaire ».

On l’aura donc compris, les Messines pourront vraiment s’en vouloir de ne pas avoir dominé le dernier quart d’heure, les Brestoises au contraire pourront s’enorgueillir de n’avoir jamais abdiqué. Le jet de 7 mètres d’Ana Gros, très précieuse face à son ancienne équipe, à 40 secondes du terme offrait alors une vraie récompense aux Brestoises. « On avait perdu notre identité à Dijon et ce soir, on l’a retrouvée, concluait Laurent Bezeau. Les filles voulaient la victoire et l’ont eue, elles se sont battues jusqu’au bout pour ça. Je ressens beaucoup de joie et de plaisir mais en même temps je suis déjà concentré, j’ai d’ailleurs rappelé à mon staff juste après la rencontre que Bietigheim était dans trois jours ». Il y a deux manières de voir cette sentence : la mauvaise serait de se dire que ça va arriver vite, la bonne certainement d’imaginer qu’en cas de succès, le BBH serait déjà au Main Round de la Ligue des Champions ». On prend la deuxième ?


BBH – METZ : 29-28 (15-15)
BBH : Toft (g .), Quiniou (g.), Mauny (3), Toublanc (1), Tissier, Gros (10), Kobylinska (1), Gulldén, Lagathu, Niakaté (3), Pop-Lazic (5), Foppa (1), Coatanéa (1), Mangué (4). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Kapitanovic (g.), Portes (g.), Zaadi (9), Flippes, N’Gouan (2), Nocandy (2), Houette, Kanor (3), Di Rocco, Burgaard (3), Sajka (4), Maubon, Luciano (3), Perederiy (2). Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)