BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

30.04.22 | Comme d’habitude…

Le Brest Bretagne Handball et Gyor ont encore terminé une rencontre dos à dos (21-21). Lors de cette première manche de quart de finale de Ligue des Champions, les Rebelles ont longtemps cru pouvoir garder un avantage sur les Hongroises mais c’est un nouveau match nul qui est venu sanctionner les débats dans une ambiance énorme. Tout le monde est donc encore en vie avant le retour dans une semaine à la Audi Arena.

 

Cela devient une habitude, presque une routine finalement. Et pourtant il ne faudrait surtout pas banaliser ce genre de chose. Une fois de plus, le BBH a donc regardé Gyor dans les yeux pendant soixante minutes et même si ce n’est pas une première, la performance est majuscule. Face au favori de la compétition, les Rebelles ont été à la hauteur de l’événement. « Et vous ne trouverez pas une Brestoise ce soir qui avait un grand sourire après le match, avançait Pablo Morel. Être frustré de faire un nul contre Gyor, ça veut dire qu’on est ambitieux ». Et il y a forcément des raisons de l’être tant cette équipe a affiché ce samedi un niveau défensif et une détermination parfois bluffants. Bien sûr, la tâche s’annoncera énorme dans une semaine au cœur d’une Audi Arena surchauffée mais la pression sera bel et bien sur les épaules des Magyares. « Je m’attends assurément à une seconde manche très difficile, on doit se préparer à ça », prévenait déjà en conférence de presse un Ambros Martin sans doute un peu circonspect de voir sa formation accrochée depuis si longtemps par ces vaillantes Rebelles. Il est en effet extrêmement difficile depuis trois saisons de départager les deux clans. Les chiffres le prouvent : en six rencontres disputées depuis 2019, soit 370 minutes (avec les 10 minutes de prolongation au Final Four l’an passé), on note un tout petit but d’écart en faveur de Gyor (défaite du BBH 29-28 en février 2020). Pour le reste, une palanquée de nuls et une intensité toujours au maximum.

Ce fut encore le cas ce samedi, les défenses et les gardiennes prenant le pas sur les attaques. Voir par exemple une Stine Oftedal à zéro but au coup de sifflet final est l’un des symboles de cette débauche d’énergie. « Notre défense a été incroyable et Sandra derrière aussi, s’enthousiasmait Pablo Morel. On a vraiment progressé dans ce secteur, on a beaucoup travaillé et ça porte ses fruits ». Ce samedi, Gyor, qui a dû attendre la 53e minute pour mener pour la première fois (18-19), a ainsi vécu un premier acte très compliqué, cantonné à cinq petites réalisations en 24 minutes (10-5), très loin des standards de la maison verte, meilleure attaque de la compétition avec 33,6 buts par match. « Effectivement, ce n’était pas l’entame qu’on avait espérée, concédait Ambros Martin. On sait combien c’est difficile de jouer ici, dans cette atmosphère et face à une équipe pleine de confiance. Mais on a finalement trouvé le chemin ».
Le coach espagnol peut notamment remercier ses deux gardiennes françaises, Laura Glauser et Amandine Leynaud, souvent décisives et qui se sont mises au niveau auquel avait également décidé de jouer Sandra Toft. « On s’attendait à un match pour les gardiennes, acquiesçait « Doudou ». Pour moi, c’est le dernier quart de finale de ma vie et j’adore jouer ce genre de rencontre, c’est ce à quoi on pense durant toute la saison ». Une chose est certaine en tout cas, samedi prochain l’une des deux équipes dira au revoir à l’aventure européenne et devra oublier le Final Four. Mais quelles peuvent être les axes à améliorer pour les Brestoises avant de prendre l’avion en direction de la Hongrie le week-end prochain ? « Il ne faut pas oublier qu’on affronte un monstre qu’on respecte énormément poursuivait Pablo Morel. Gyor était sûrement venu pour faire le dos rond et nous mettra la pression au retour. Il faudra qu’on fasse moins d’erreurs sur leur défense 1-5 et face aux gardiennes. À mon avis, ce sera plus ouvert qu’aujourd’hui ».

Un autre élément viendra aussi à coup sûr changer la donne : l’appui du public. La cinquantaine de supporters hongrois venus dans le Finistère cet après-midi a peu eu l’occasion de se faire entendre face à une Arena qui s’est montrée absolument monstrueuse. Évidemment pleine à craquer, forcément enthousiaste et extrêmement bouillante, l’enceinte brestoise a été à la hauteur de l’événement et sans doute donné des ailes à ses chéries. « On est des compétiteurs, on veut gagner et on est un peu déçus ce soir, reconnaissait Pablo Morel. Mais une fois qu’on a mis ça de côté, on se dit aussi qu’on fait ça pour partager de telles émotions avec notre public, avec les gens qui travaillent au club. C’est une alchimie, un partage et ça donne du sens à ce qu’on fait tous les jours ». Dans une semaine, il faudra faire face à cinq mille Hongrois déchaînés et qui ne s'imaginent pas une seconde être privés d’un nouveau Final Four à Budapest, à une centaine de kilomètres seulement de Gyor. « On reste de toute façon en vie, c’est ce qu’on veut lors d’un match aller, résumait enfin le coach brestois. Il fallait résister sur la distance et on l’a fait. Je suis fier de la prestation des filles, d’avoir regardé Gyor Dans les yeux. Il va falloir régler les détails et j’espère qu’on jouera un match encore meilleur là-bas ». Déjà plein de choses se bousculent donc dans les esprits brestois entre la volonté d’aller chercher quelque chose d’énorme en Hongrie et la conviction d’avoir quoi qu’il arrive déjà vécu un joli moment de handball.

BREST BRETAGNE HANDBALL – GYOR AUDI ETO KC : 21-21 (11-8)
BREST BRETAGNE HANDBALL : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (1), Fauske (5), Kromoska, Kobylinska (4), Lassource (2), Niakaté (3), Pop-Lazic, Foppa (2) Loseth (1), Carlson, Coatanéa (1), Jarrige. Entraîneur : P. Morel.
GYOR AUDI ETO KC : Glauser (g.), Leynaud (g.), Blohm, Schatzl (1), Hansen (2), Ryu (4), Oftedal, Kristiansen (6), Lukacs (3), Fodor, Nze Minko (3), Hafra, Faluvegi (1), Pintea (1). Entraîneur : A. Martin.


(crédit photos : G. Le Roux / BBH)