BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

29.05.21 | Mais où s'arrêteront-elles ?

Grandiose, le Brest Bretagne Handball a terrassé l’ogre Gyor au bout d’une rencontre monstrueuse et d’une incroyable longueur. Après un âpre combat face au quintuple champion continental, les Rebelles ont décroché la première finale de Ligue des Champions de l’histoire pour une équipe française. Avec déjà la Coupe de France et le championnat en poche, elles s’avanceront donc demain face aux Norvégiennes de Vipers pour tenter de rafler un triplé fantastique.

Cela va commencer à faire cher en encre… À force d’écrire cette saison des lignes dans son livre d’histoire, le BBH pourrait même en manquer. En l’espace de deux semaines, il vient d’inscrire pour la troisième fois son nom au palmarès de la Coupe de France, de dépoussiérer sa vitrine nationale et d’atteindre la finale de la Ligue des Champions. Pour cette dernière case cochée, c’est même dans les mémoires françaises que cela restera gravé, les Rebelles étant les premières à atteindre ce stade de la compétition. Avec une énorme confiance en bandoulière et la sérénité qui coule dans leurs veines, elles ont pour cela mis fin à une surnaturelle série de 55 matches sans défaite de Gyor en Ligue des Champions. Alors si les superlatifs vont forcément manquer à un moment, n’hésitez pas à inventer des mots pour célébrer ces Brestoises et repoussez les limites. Comme elles.

Ce samedi, qui restera donc une date clé dans la construction du club, le Brest Bretagne Handball a fait face à tous les éléments pour bousculer les Hongroises dans un premier temps, résister ensuite, survivre et enfin triompher. « Je suis si heureux et si fier de mes joueuses, elles ont été fantastiques », lâchait en préambule un Laurent Bezeau aux anges mais d’un calme olympien malgré les deux heures de tension préalables. Deux heures, sans doute un peu plus même, car le scénario dément de cette demi-finale a poussé les deux formations jusqu’aux tirs au but et tendu à son paroxysme une atmosphère déjà rendue électrique par de chauds Hongrois dans les tribunes. « Ça aurait pu aller dans l’autre sens, concédait une Bella Gulldén déjà victorieuse de Gyor en 2016 avec Bucarest à l’issue des jets de 7 mètres. Gagner comme cela, c’est ce qu’on peut faire de mieux ».

Pourtant, les Rebelles auraient très bien pu ne jamais vivre cette fameuse roulette russe, pas même peut-être les prolongations. Poussées dans leurs retranchements à l’entame du money time (17-15, 53e), après une trop longue période de disette offensive (14 minutes), elles ont trouvé les ressources nécessaires pour ne pas couler et patiemment revenir à hauteur des Hongroises. Les prouesses de Sandra Toft (57% d’arrêts), rentrée dans le dernier quart d’heure au relais d’une excellente Cléo Darleux (47%), et le sang froid des autres joueuses dans un moment brûlant ont alors fait merveille pour climatiser la Popp-Laszlo Arena. « Ce n’était pas le match qu’on espérait, ruminait en conférence de presse Ambros Martin, revenu aux affaires il y a trois semaines pour redresser la saison d’une formation ayant perdu le titre national. Dès le début, on a eu du mal en attaque mais Brest a aussi fait du très bon boulot en défense. On n’a pas pu développer notre jeu. On a attendu notre moment en seconde période, il est venu mais on n’a pas su faire suffisamment l’écart. Sans ça, la fin aurait sans doute été différente ».

Le coach espagnol de Gyor a longtemps pu compter sur l’apport de trois de ses Norvégiennes (Kristiansen, Brattset et Solberg dans les buts) pour espérer une nouvelle finale mais cela n’a pas suffi face à la détermination de Brestoises en mission. « On est dans une dynamique incroyable depuis quelques semaines, confirmait Laurent Bezeau. On a beaucoup de confiance en nous. Il y a une espèce de sérénité. On a réussi à créer une véritable force collective et il y a un vrai groupe. Les filles sont actrices de leur projet. Elles ont dû puiser dans leurs ressources pour l’emporter mais elles l’ont fait ».

Et à les voir rentrer rapidement à l’hôtel après la rencontre, naviguer ensuite entre la retransmission de la deuxième demi-finale et les soins, il est évident que ces Rebelles folles furieuses ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. La dernière marche de leur ascension, l’ultime épisode de leur épopée, les conduira demain sur le chemin de Vipers Kristiansand. Les Norvégiennes, qui avaient déjà battu Rostov en quart de finale, ont cette fois maîtrisé sans trop de difficultés le CSKA Moscou (33-30), la seule équipe à avoir battu le BBH cette saison en Ligue des Champions. Encore du pain sur la planche et une nuit très courte qui attend le staff brestois. « On avait déjà commencé à analyser tous nos adversaires potentiels depuis qu’on était qualifiés pour le Final 4, assurait pour finir Laurent Bezeau qui dirigera pour la dernière fois le BBH lors de cette finale. On a déjà une batterie d’images mais il va maintenant falloir les finaliser ». Avant de connaître son adversaire, le coach brestois avait déjà pu évoquer Vipers : « On avait rencontré cette équipe il y a longtemps en quart de finale de la Coupe EHF (en 2018), on avait été éliminés. C’est le jeu norvégien, l’un des meilleurs au monde et une équipe en pleine confiance, peut-être celle qui est le plus en forme en ce moment. On est au Final 4 alors tout est possible. Le plus important sera de récupérer parce qu’on a dépensé beaucoup d’énergie physique et mentale. Mon équipe est venue ici pour prendre le trophée, je pense qu’il ne peut pas en être autrement. On va tout faire pour gagner… et on va gagner ! »


GYOR – BREST : 25-27 t.a.b. (8-11 ; 20-20 ; 22-22 ; 23-23)
GYOR : Glauser (g.), Leynaud (g.), Solberg (g.), Edwige, Kürthi, Brattset (3), Hansen, Görbicz (2), Oftedal (3), Amorim (3), Kristiansen (8), Lukacs, Fodor (2), Nze Minko (2), Faluvegi (2), Puhalak. Entraîneur : A. Martin.
BREST : Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (3), Tissier, Gros (9), Kobylinska, Gulldén (3), Lassource, Niakaté (2), Catani, Pop-Lazic (4), Foppa, Jaukovic (5), Loseth, Coatanéa (1). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : O.Stephan / BBH)