BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

29.01.20 | Monika a mis le cap à l’ouest

Elle est arrivée en quasi-inconnue, aujourd’hui elle fait comme partie des meubles. Monika Kobylinska a su en quelques mois se mettre l’Arena dans la poche. Aussi discrète dans la vie qu’hyperactive sur le terrain, elle s’affiche dans les très bonnes « surprises » du BBH et plus largement de la Ligue Butagaz Énergie. Une intégration réussie pour cette arrière droite devenue une arme redoutable dans le dispositif de Laurent Bezeau.

« L’heure du repas, c’est vraiment tôt chez vous ! » Voilà pour résumer le plus gros choc qu’a subie Monika en débarquant en France. Autant vous dire que la greffe a bien pris pour cette jeune Polonaise partie à l’autre bout du continent pour vivre de sa passion. « J’en avais beaucoup parlé avec mes proches et ma famille avant de signer, rembobine-t-elle. Ce n’est jamais simple de devoir changer de pays, de langue, de culture. Mais de l’autre côté, je savais que j’allais rejoindre une excellente équipe et que j’allais pouvoir progresser. Alors même si j’ai eu besoin d’un peu de temps pour me décider, je me suis finalement dit que c’était là que je devais être ».

À l’heure d’une Europe presque sans frontières, la France n’est pas forcément la première destination quand on vit en Pologne. Si la gardienne nantaise Adrianna Placzek ou l’année dernière l’arrière messine Aleksandra Zych ont rejoint récemment notre championnat, les Polonaises prennent plus volontiers la direction d’un pays voisin, l’Allemagne. Ce fut le cas de Monika à sa sortie de Gdynia en 2017, direction Metzingen. « Quand j’étais jeune, c’était effectivement là que je voulais jouer, confirme l’intéressée. C’est un pays dont on parle davantage en Pologne. Mais aujourd’hui, la France est une nouvelle étape pour moi et je suis contente de pouvoir apprendre à y vivre. Beaucoup de gens parlent bien des Français et de la manière dont ils vivent, sans trop de stress ».

La néo-Brestoise, qui aura 25 ans en avril, reconnaît bien volontiers une rigueur plus prononcée Outre-Rhin et une place plus importante consacrée au handball. Un aspect auquel elle a su s’habituer mais qu’elle arrive également plutôt bien à oublier : « J’ai davantage de temps libre ici, pour penser à moi. Je peux faire plus de choses. En Allemagne, les entraînements étaient plus durs et tout était plus strict également. Ma tête est davantage au calme maintenant ». Et cela n’est peut-être pas du luxe face au rythme imposé par un championnat national dense et la Ligue des Champions. Monika a découvert à Brest ce plus haut niveau européen et s’y est très bien accommodée, marquant à 20 reprises en phase de groupes et représentant pour beaucoup d’adversaires un casse-tête en étant associée à Ana Gros. « On a vraiment fait du bon boulot, lâche t-elle avec une fierté légitime. On a progressé en tant qu’équipe . Je suis très heureuse de nos résultats et personnellement j’ai progressé. Ce n’est pas simple dans un nouveau groupe parce que ça te force à t’adapter mais ça s’est bien passé. Mon rêve maintenant est de pouvoir aller au Final Four, ce serait un vrai succès pour les filles et moi ».

Budapest est encore loin mais Monika, comme ses coéquipières, a la clé pour atteindre ce gros objectif. Il faudra pour cela savoir jongler entre ce must continental et une Ligue Butagaz Énergie « plus difficile que le championnat allemand, avec davantage de vitesse et de rapidité. Et c’est parfois dur d’enchaîner tous les trois jours ».  Au fur et à mesure, la pression pourrait aussi pointer le bout de son nez et enquiquiner une équipe qui a impressionné beaucoup d’observateurs et dont on attendra énormément d’ici au mois de mai. « Bien sûr les gens parlent de nos résultats, c’est normal, lâche-t-elle. Mais on essaye de ne pas y faire attention et de nous concentrer sur nous-mêmes ».
En attendant de voir si les excellents résultats de la première partie de saison trouvent confirmation dans les semaines à venir, Monika continuera en tout cas à « vivre une vie normale. J’aime regarder des séries, lire, cuisiner. Si je sors, c’est pour prendre un café ou marcher un peu. Je dois garder mon énergie, j’en ai besoin pour le handball ».

Il ne faut donc pas compter sur la nouvelle joueuse du Brest Bretagne Handball pour faire des vagues. D’ailleurs pour se fondre encore mieux dans le paysage, elle s’est fixée comme objectif personnel d’apprendre le français le plus tôt possible (« Tu te sens quand même mieux dans un pays quand tu comprends les gens et que tu peux parler à tout le monde »). Alors pourra-t-elle peut-être commander elle-même son péché mignon : « J’aime beaucoup les croissants ! Ce n’est pas très bon pour les sportives mais une fois de temps en temps tu peux en acheter un ». Le meilleur moyen sans doute pour devenir une Bretonne pur beurre.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)