BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

29.01.20 | Un ton au-dessus

Maître de son sujet de bout en bout, le Brest Bretagne Handball n’a pas fait les choses à moitié face à Nantes, solide prétendant au podium de Ligue Butagaz Énergie. Les Rebelles ont mordu dans le match dès les premières minutes et n’ont pour ainsi dire laissé aucune chance aux Ligériennes d’espérer quoi que ce soit (28-21). Après l’énorme performance à Gyor trois jours auparavant, c’est un nouveau message fort que le groupe de Laurent Bezeau a envoyé.

« Jai toujours le sentiment qu’on peut gagner un match mais aujourd’hui, j’avais vraiment tort. On a été naïfs de penser qu’on pourrait le faire ». Les mots du coach nantais Allan Heine sont forts mais dénotent une certaine lucidité sur ce que tout le monde a vu, et lui le premier, ce mercredi soir à l’Arena. Le BBH aperçu face à Mérignac, Besançon ou Chambray aurait sans doute été prenable pour un Nantes ambitieux mais depuis deux rencontres, les Rebelles ont littéralement basculé en mode Ligue des Champions. « Les membres de mon staff avaient avancé l’idée que le match de Gyor avait pu être le déclic qu’on attendait, comme Buducnost l’avait été au mois d’octobre », expliquait Laurent Bezeau.

Cette hypothèse avait donc du sens car, malgré deux grosses oppositions à trois jours d’intervalle et la fatigue du retour de Hongrie, les Brestoises ont affiché une forme étincelante sur le parquet de l’Arena. « L’inconnu pour nous, c’était de savoir si on aurait récupéré du déplacement de Ligue des Champions et si on aurait les ressources et les motivations pour enchaîner, poursuivait le coach brestois. En janvier, on n’arrivait pas à se mettre en musique d’entrée de jeu mais c’était sûrement dû à la charge de travail. Et ce soir, on pensait trouver plus de problèmes face à nous ».

Si le match aller, qui avait accouché d’un partage des points, avait été serré de l’entame à la dernière minute, les Brestoises n’ont cette fois pas donné le bâton pour se faire battre durant les premiers échanges. Sur un rythme européen donc et avec Ana Gros et Kali Niakaté très inspirées offensivement, les Rebelles ne mettaient qu’un gros quart d’heure à prendre la mesure des visiteuses (11-6, 17e), l’entrée en jeu de Marta Mangué et les premières parades de Sandra Toft n’arrangeant rien aux affaires nantaises… « On a rapidement vu que Brest y était et voulait vraiment gagner ce match, soupirait Allan Heine. On avait le souhait de courir beaucoup parce qu’on pensait qu’on aurait été en meilleure forme que le BBH. C’était un choix tactique, on voulait pousser les ballons mais on a fait trop d’erreurs sur les engagements rapides ».

L’écart de +4 à la pause reflétait la domination brestoise mais « ça aurait peut-être pu être plus large encore » (Laurent Bezeau). Toujours est-il que ce 15-11 à mi-chemin avait de quoi rendre le camp breton optimiste pour la suite. Car le léger rapproché, qui allait surtout être le dernier, de Nantes à 3 unités (16-13, 33e) ne perturbait pas outre mesure Coralie Lassource et compagnie. C’est même la foudre qui allait s’abattre sur le collectif ligérien, réduit au pain sec et à l’eau offensivement, et pris dans le tourbillon d’une équipe sûre de sa force. Un 8-1 infligé en moins de 9 minutes mettait le NAHB dans les cordes pour de bon (24-14, 43e). « On s’est dit à 16-13 qu’on pourrait peut-être le faire mais ensuite elles nous ont littéralement tués, analysait Allan Heine. Si on n’avait pas perdu le match à la mi-temps, on l’aurait de toute façon perdu à ce moment-là ».

Pauline Coatanéa disposait alors d’espace pour courir, Pauletta Foppa affichait toute sa puissance et sa précision à 6 mètres et Sandra Toft poursuivait son festival du jour. « Ce qui a été intéressant avec elle ce soir, c’est qu’elle s’est montrée performante du début à la fin, se félicitait Laurent Bezeau à propos de sa gardienne. Ce n’est pas toujours le cas mais ce qui est récurrent avec elle, c’est sa présence dans les moments importants, la marque des grandes joueuses ». On aura aussi vu celle d’une grande équipe ce mercredi soir, lancée avec appétit et sérénité dans sa deuxième partie de saison. « Ça nous donne beaucoup de plaisir mais c’est quelque chose issu du travail, concluait Laurent Bezeau. C’est avec ça que tu te sens fort. Tu sais que tu as des ressources, tu ne paniques pas. Encore une fois, les filles ont été capables de se remobiliser après Gyor. Malgré une demi-journée seulement pour préparer le match, j’ai senti de la confiance ».
Personne ne pourra dire le contraire, il y a bien quelque chose qui se dégage de ce groupe et cela ne peut que faire saliver tout le peuple brestois.

BREST – NANTES : 28-21 (15-11)
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny, Tissier, Gros (6), Kobylinska (1), Gulldén, Lassource (1), Niakaté (4), Pop-Lazic (2), Foppa (5), Coatanéa (5), Jarrige, Mangué (4). Entraîneur : L. Bezeau.
NANTES : Placzek (g.), Gabriel (g.), Loquay (1), Lignières (1), Bellec (1), Baudouin (2), Ayglon-Saurina (2), Dancette (3), Bodholt (1), Ahanda (3), Mitrovic (1), Escribano, Grigel, Barbosa (6). Entraîneur : A. Heine.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)