BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

27.09.20 | Vraiment inséparables !

Une nouvelle fois le Brest Bretagne Handball a regardé Gyor dans les yeux mais n’a pas su tuer la partie quand il menait de 5 buts dans les dernières minutes. À l’expérience, les Hongroises ont réussi à décrocher un nul (25-25) qui relance complètement le dilemme du verre à moitié plein ou à moitié vide. Ce partage des points permet en tout cas au BBH de conserver son invincibilité depuis le début de la saison et une légère avance au classement sur son adversaire du jour. Haut les cœurs !

Ces deux-là ne se quittent décidément plus ! Malgré une année 2020 qui n’a pas vu de handball pendant six mois, Brest et Gyor étaient opposés pour la troisième fois déjà depuis 8 mois et quand on dit que les deux clubs ont du mal à se décoller l’un de l’autre, ce n’est pas qu’une image. En 180 minutes de jeu entre Françaises et Magyares, il n’y a en effet qu’un tout petit but d’écart séparant les deux formations, le champion d’Europe en titre ayant remporté d’une unité son duel à l’Arena en février, entre deux nuls à Gyor en janvier et dans le Finistère donc ce dimanche (80-81).

Il ne fait donc pas de doute, les Rebelles font le poids face à ce qui se fait de mieux sur le continent. Mais une nouvelle fois, elles auraient bien aimé basculer du bon côté dans une Arena très bruyante (3 500 supporters) et mettre fin à l’incroyable série de 39 matches européens sans défaite pour Gyor. Et personne ne pourra leur reprocher d’y avoir pensé. Au bout d’un gros quart d’heure de folie, sur lequel elles ont plané, les Brestoises ont ainsi pris jusqu’à cinq longueurs d’avance (24-19, 53e) après un premier acte équilibré (12-12, 30e). « Brest a eu une grosse chance de gagner, reconnaissait Gabor Danyi, le coach hongrois. Cette équipe a joué un excellent handball et a montré une très belle forme. On a fait des erreurs bêtes en seconde période mais on n’a jamais abandonné, on a toujours combattu. On a aussi eu la possibilité de remporter la rencontre mais je pense que ce résultat est logique ».

Si Estelle Nze Minko s’est vu siffler un marcher sur la dernière action hongroise, donnant une vingtaine de secondes au BBH pour rafler la mise, c’est sans doute Gyor qui est reparti de l’Arena avec un plus grand sourire. En cas de défaite, le triple tenant du titre aurait déjà eu à déplorer un revers donc et un nul (à Moscou). « Moi je suis très heureuse de cette égalité et de ne pas avoir perdu, reconnaissait sans problème Viktoria Lukacs, l’ailière droite hongroise arrivée cet été de Ferencvaros et élément clé du retour de son équipe avec un 4/4 dans les 8 dernières minutes. On doit être contentes de ce résultat. Dans une situation difficile, c’était la clé pour nous d’avoir beaucoup de joueuses d’expériences dans le groupe ».

L’expérience, tout le monde en parlait à l’issue des débats pour justifier ce retour presque inespéré des visiteuses. « Mais nous aussi on en a ! tranchait Ana Gros, élue joueuse du match avec ses 10 buts. J’ai de l’expérience, Bella aussi, ce n’est pas une excuse qu’on doit utiliser. En tout cas je ne pense pas qu’on a eu peur de gagner. Je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est la troisième fois qu’on est devant face à cette équipe et qu’on lâche ensuite un peu ».
 
Fatigue ? Stress ? Émotion ? On pourra chercher longtemps les raisons qui auront conduit à ces petites pertes de balle, ces mauvais choix soudains en attaque, il n’y avait peut-être pas grand chose de rationnel. Laurent Bezeau tentait tout de même son explication : « Cette gestion du score, on n’y est pas arrivés. On a voulu jouer trop vite et ça ne servait à rien. On ne va pas battre Gyor de 10 buts ! Ensuite, quand il n’y avait plus qu’une ou deux longueurs d’avance, le problème était davantage la peur de prendre les responsabilités, de faire perdre son équipe. Donc je suis un peu en colère parce que je pense qu’on aurait pu l’emporter après avoir dominé la seconde période. Mais en face elles n’ont jamais abandonné, c’est peut-être un bon résultat pour les deux équipes ».

En tout cas très certainement une excellente base de travail. Si les Hongroises n’ont pas perdu en Ligue des Champions depuis janvier 2018, il y a bien une raison et psychologiquement, le jour de la bascule  - il finira bien par arriver - sera à coup sûr décisif dans la progression de ce groupe qui monte déjà les marches quatre à quatre.  « Je rappelle qu’on n’a pas perdu, rappelait Laurent Bezeau dans une atmosphère peut-être un peu tristounette côté brestois à la fin de la partie. Ce genre de match, ça se joue à des détails, c’est un ballon qui fait changer ou non le rapport de force. Le haut niveau, c’est aussi une maîtrise émotionnelle. Gyor l’a eue mais a aussi manqué la dernière action qui aurait pu lui donner la victoire. Je suis déçu de ne pas avoir gagné bien sûr mais au regard du contexte et de notre préparation, je trouve que c’est beau ». Et les scènes de joie magyares au buzzer consoleront peut-être un peu les Rebelles : elles sont désormais pleinement respectées par la référence européenne.


BREST – GYOR : 25-25 (12-12)
BREST : Darleux (g.), Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Toublanc, Gros (10), Kobylinska, Gulldén (3), Lassource (2), Niakaté (3), Catani, Pop-Lazic, Foppa (1), Jaukovic (3), Loseth, Coatanéa (2). Entraîneur : L. Bezeau.
GYOR : Leynaud (g.), Solberg (g.), Edwige, Brattset, Hansen (4), Görbicz, Oftedal (3), Amorim (2), Kristiansen (3), Lukacs (4), Fodor (3), Kurtovic (1), Nze Minko (4), Faluvegi (1). Entraîneur : G. Danyi.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)