BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

26.01.20 | Et dire qu'elles sont déçues !

Le Brest Bretagne Handball est passé tout près d’un exploit majuscule dans la salle de Gyor. Il est finalement revenu de Hongrie avec un match nul déjà fantastique (27-27) et quelques regrets au vu du scénario de la partie. Les championnes d’Europe n’ont ainsi été devant qu’à la première minute de la rencontre puis ont du cravacher pour revenir au niveau des Rebelles. Une performance de haute volée pour le BBH qui garde ainsi la première place du groupe à égalité avec son adversaire du jour.

10 février 2017. Presque trois ans. Voilà la dernière fois que Gyor avait lâché un point à domicile en Ligue des Champions. Une manière de rappeler l’épaisseur du résultat enregistré en terre hongroise par les filles du Brest Bretagne Handball. Dans une salle quasi-imprenable (31 succès consécutifs à la Audi Arena), les Rebelles sont passées tout près d’un exploit retentissant. Et à voir leurs mines tristounettes à l’issue de la partie, inutile de demander ce que ce partage des points leur avait inspiré. « On a longtemps été devant et donc je suis déçue mais dans le même temps je suis heureuse parce que je sais que ce n’est pas facile de jouer ici en raison du public et du fait que Gyor est la meilleure équipe du monde », reconnaissait la capitaine Coralie Lassource en conférence de presse. Paradoxalement – ou logiquement, c’est selon – le ressenti de la Norvégienne de Gyor Veronica Kristiansen était le même, seules les raisons différaient : « On est contentes d’avoir pris un point mais je n’aime pas la façon dont on a joué, surtout au début. Je suis donc déçue mais heureuse ».

Avec un peu de recul, le nul est une bien meilleure affaire pour les Hongroises qui ont couru toute la partie après le score. Un comble pour le triple tenant du titre ? Oui et non car les Rebelles ont réellement été à la hauteur de l’événement et rendu une copie extrêmement propre. « Les filles sont entrées dans ce match d’une manière merveilleuse, débriefait Laurent Bezeau. Il y avait un état d’esprit, une envie. Gyor nous a aussi bien aidés en mettant en place une défense étagée ». Fluides en attaque, sérieuses de l’autre côté du terrain, les Brestoises s’étaient vite envolées et avaient ainsi calmé l’ardeur des 5 000 supporters magyars (4-10, 13e ; 6-12, 18e). Monika Kobylinska, Ana Gros et Coralie Lassource se régalaient et le BBH flottait au-dessus des débats, bien soutenu également par une Sandra Toft inspirée.

« Mais l’entrée d’Oftedal et celle d’Edwige en défense nous ont posé des problèmes, poursuivait Laurent Bezeau. Et on s’est retrouvés à +2 à la mi-temps (15-17) avec un sentiment étrange dans le vestiaire. Il y avait comme de la frustration ».
Le léger avantage à la moitié du chemin paraissait en effet bien faible eu égard à la furia qu’il allait sans doute falloir affronter durant les 30 dernières minutes.
Mais on ne vit finalement rien de tout ça. Car même si les Hongroises profitaient des premiers échanges pour recoller (17-17, 34e), les Brestoises allaient sortir des ressources incroyables. « On a été très forts mentalement, on a été pilonnés sans cesse et Gyor n’est pourtant jamais passé devant », s’étonnait presque encore Laurent Bezeau.

Malgré les moments difficiles, les infériorités numériques et une foule verte qui poussait de plus en plus, le BBH ne lâchait rien et avait pourtant fort à faire. « Je dois dire qu’on a vraiment donné le maximum sur ce match, avouait le coach hongrois Gabor Danyi. On a affronté des joueuses de très haut niveau et, même si on n’est pas dans notre meilleure forme, j’apprécie qu’on ait gardé notre esprit de combat jusqu’à la fin ».
Une abnégation locale qui aurait même pu mener le champion d’Europe à une victoire inespérée avec un dernier ballon à jouer à 30 secondes du buzzer après l’égalisation de Hansen. Cela aurait été tellement cruel pour les Brestoises, ce match nul ressemblant au strict minimum pour elles. « On a clairement montré qu’on pouvait les battre, lâchait un brin déçue Kalidiatou Niakaté. C’est un peu frustrant mais prendre un point à Gyor, c’est quand même sympa. C’était un match test et on a su se prouver que même si on n’avait pas été très bonnes en championnat, notre jeu est revenu. On doit en tout cas garder ce match en mémoire parce que c’est l’un des plus grands matches qu’on a faits cette saison. Au retour, on va vouloir leur montrer qu’à Brest c’est chez nous ».

Une performance qui demandera forcément confirmation mais qui pose les bases d’une réelle progression avec des limites pas encore totalement atteintes pour un groupe qui n’en finit plus d’étonner. « On a une équipe formidable, ça travaille dur, le staff est omniprésent, concluait Laurent Bezeau. Tout le club est en ordre de marche et ce qu’on vit est fabuleux. Mais on a toujours envie de plus, quand tu joues c’est pour gagner et aujourd’hui c’était vraiment à notre portée. Cette rencontre a démontré un état d’esprit, une capacité de mobilisation des joueuses qui ont préparé ce match avec une autonomie impressionnante ».
Dès lundi en tout cas, il faudra déjà enchaîner au cœur de ce terrible marathon. Avec un retour lundi dans la soirée à Brest et la réception de Nantes, troisième de LBE, mercredi, pas le temps de se poser. Mais rassurez-vous, ces Rebelles n’ont pas fini de nous étonner !

GYOR – BREST : 27-27 (15-17)
GYOR : Leynaud (g.), Kiss (g.), Edwige, Knedlikova, Brattset (1), Hansen (3), Oftedal (2), Amorim (2), Kristiansen (5), Fodor (5), Kurtovic (3), Nze Minko, Bulatovic (1), Bodi (2), Faluvegi (3), Puhalak. Entraîneur : G. Danyi.
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny, Tissier, Gros (6), Kobyinska (5), Gulldén, Lassource (5), Lagattu, Minevskaja (3), Niakaté (3), Pop-Lazic (1), Foppa, Coatanéa (3), Jarrige, Mangué (1). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Gyor ETO)