BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

25.10.20 | Total contrôle

Sans contestation possible, le Brest Bretagne Handball s’est imposé dans la salle d’Odense ce dimanche (31-24). Les Rebelles ont affiché pendant soixante minutes une parfaite sérénité et ont su capitaliser sur leurs deux très bonnes entames de périodes et d’excellentes séquences défensives. Ana Gros a brillé de mille feux et émietté la défense danoise (14 buts), Sandra Toft, elle, a su rappeler à son pays natal qu’elle figurait parmi les meilleures gardiennes du monde (15 arrêts). Après deux nuls et une défaite, le BBH retrouve donc le goût de la victoire en Ligue des Champions et se rapproche de la tête du groupe B.

Le Danemark a beau être une contrée calme, il a souvent fait souffler la tempête face au  BBH. Depuis le début de ses campagnes européennes, le club des Présidents Le Saint avait ainsi toujours connu la défaite, et parfois largement, dans ce pays amoureux du handball. Ikast, Randers, Copenhague, Odense, ça n’était jamais passé. La série a pris fin ce dimanche dans une Sydbank Arena d’Odense limitée à 500 spectateurs qui n’ont pour ainsi dire jamais eu l’occasion de s’enflammer derrière leur escouade orange. Menées du début à la fin, les coéquipières de Nicke Groot n’ont jamais pu caresser l’espoir d’un succès. « On a retrouvé sur ce match la sérénité qu’on affichait la saison dernière, lâchait un Laurent Bezeau forcément très heureux. On a vraiment posé notre main sur la rencontre et on l’a emmenée là où on le voulait ».

Et l’un des plans des Rebelles était de démarrer la partie pied au plancher. Poussées par une férocité et une défense intelligente, elles avaient après quelques minutes déjà mis une narine danoise sous l’eau (2-6, 9e). Le jeu à 7 d’Odense n’y faisait rien, les Brestoises n’étaient pas là pour rigoler. « Sur les derniers matches, on avait galéré au début et trainé ça pendant soixante minutes alors c’était important qu’on entre bien dedans, qu’on soit agressives tout de suite, commentait l’héroïne du jour, Ana Gros. On voulait faire peur à Odense et je suis contente parce qu’on n’a jamais laissé cette équipe se rapprocher. Le match a été bien géré par toutes les filles du début à la fin, chacune a apporté sa part du travail ».

La réussite offensive matérialisée par la Slovène du BBH et les premiers arrêts de Sandra Toft faisaient même décoller l’équipage breton au bout de vingt minutes de rêve (4-12, 19e). Il n’y avait pas grand chose à redire sur la performance de Brestoises survoltées qui avaient juste le défaut de caler un petit peu avant le repos, permettant aux Danoises de revenir à un écart presque inespéré (12-16, 30e). « On avait su faire un écart conséquent mais avec un retour à quatre buts d’Odense, c’était là qu’il fallait faire attention, se rappelait Laurent Bezeau. Et on a fait un très bon début de deuxième période. Plutôt que de s’attacher à refaire ce qui n’avait pas marché, on a surtout voulu revenir sur ce qui avait fonctionné ».

Avec là encore beaucoup de succès pour les Françaises qui stoppaient net toutes les velléités de retour des Scandinaves. Ana Gros poursuivait sa destruction de l’arrière-garde adverse en compagnie de Kali Niakaté, Sandra Toft ne relâchait pas l’étreinte et tout le monde s’y mettait en défense pour désorganiser l’attaque d’Odense. Autour de la capitaine Coralie Lassource, l’effort collectif faisait plaisir à voir. Essentiellement dangereuses sur les ailes, les Danoises ne pouvaient suivre la cadence et respiraient avec une paille, constatant un écart qui gonflait encore malgré l’enchaînement des infériorités numériques côté brestois (17-26, 44e).

Le couvercle était définitivement mis sur la rencontre à l’entame du dernier quart d’heure, épargnant aux filles de Laurent Bezeau un quelconque suspense. « Ce match est, je pense, la conséquence de ce qui s’est passé cette semaine, expliquait le coach du BBH. On a été mis à l’isolement deux jours parce qu’on avait été cas contacts de Nantes. Les filles ont peut-être mieux récupéré et ensuite on a retrouvé à l’entraînement une dynamique collective ». Et si tout le groupe a sorti une grosse performance, il était difficile de passer à côté de celle d’Ana Gros, auteure de 14 buts (sur 16 tentatives !), une régalade pour l’arrière Slovène, meilleure marqueuse de la compétition (48 en 6 matches) : « Honnêtement, au début quand j’ai marqué les premiers buts, j’ai senti que ça allait être une bonne journée. Les filles m’ont offert de belles situations et la défense n’était pas non plus très agressive alors j’ai pu en profiter et tirer de loin ».

Au niveau comptable, ce déplacement en Scandinavie aura aussi été prolifique car le BBH n’avait plus gagné depuis trois matches en Ligue des Champions (nuls contre Gyor et Buducnost, défaite contre Moscou). La course aux deux premières places est ainsi relancée avant la dernière rencontre de la phase aller dans deux semaines contre les Croates de Podravka Koprivnica.


ODENSE – BREST : 24-31 (12-16)
ODENSE : Wester (g.), Reinhardt (g.), Aambakk, Cohrt (4), Abbingh (2), Johansen (1), Quintino (1), Iversen (1), Groot (4), Larsen, Hald (2), De la Cour (1), Ikehara (4), Wallen (1), Elver (3). Entraîneur : U. Hansen.
BREST : Toft (g.), Darleux (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Toublanc (1), Tissier (1), Gros (14), Gulldén (2), Lassource (4), Niakaté (2), Catani, Pop-Lazic (2), Foppa (2), Jaukovic (2), Coatanéa, Jarrige (). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Kasper Glintborg)