BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

25.10.19 | La tête à l'envers

Fin de série. Le Brest Bretagne Handball a essuyé à Dijon sa première défaite de la saison (27-19). Si ce n’est pas forcément en Bourgogne qu’un revers des Rebelles était le plus prévisible, l’ampleur du score et le faible total offensif sont encore plus surprenants pour une formation qui s’était habituée à dérouler son handball depuis deux mois. Les Brestoises ont maintenant quelques jours pour se remobiliser afin d’aborder dans les meilleures conditions le choc de Ligue Butagaz Énergie face au champion de France messin.

« C’était un match abouti face à une équipe que je pensais inabordable. Je m’étais dit qu’on pourrait les embêter peut-être une mi-temps, peut-être 45 minutes… » Dans les mots de Christophe Mazel, le technicien de la JDA, la surprise à l’issue des débats était aussi palpable que dans ceux de son homologue brestois. « Oui, on a pris une grosse claque mais ce n’est pas tant d’avoir perdu qui m’embête, c’est de voir l’ampleur du résultat », soufflait ainsi Laurent Bezeau.

Après dix victoires et un nul, toutes compétitions confondues, le BBH a donc subi son premier revers de la saison, sans qu’il n’y ait grand-chose à redire sur la partie. Les Rebelles n’ont ainsi jamais mené durant la rencontre et, malgré un rapproché intéressant à une unité au début du second acte (13-12, 37e), à l’heure où les Dijonnaises calaient offensivement, les espoirs de victoire ont été fuyants pendant 60 minutes. D’habitude pétaradante et fluide, l’attaque bretonne s’est montrée grippée et a manqué de solutions face à un bloc bourguignon qui avait bien préparé son affaire. « C’est effectivement essentiellement en défense qu’on a construit notre match, acquiesçait Christophe Mazel. On savait qu’on pouvait les embêter en mettant beaucoup d’intensité et d’intentions dans les diagonales défensives. En attaque, on a aussi su être patients, à la limite du refus de jeu ».

Ne connaissant aucun moment d’euphorie susceptible de faire sauter le verrou, les Rebelles ont donc fait la course derrière, ont parfois montré de l’agacement et enfin de la résignation durant dix dernières minutes très longues. « Peut-être que de ne pas imaginer qu’on pouvait perdre à Dijon a fait qu’on ne s’est pas présentés dans les meilleures conditions, tentait Laurent Bezeau. En face, Dijon a progressé, joue de mieux en mieux et a très bien défendu. Ce qu’on doit apprendre ce soir, et j’espère que tout le groupe va l’intégrer, c’est qu’on doit avoir peur de tout le monde en championnat comme en Ligue des Champions ».

À la décharge des Bretonnes, il y a bien sûr cette fatigue que tout le monde peut comprendre au bout d’un enchaînement de trois déplacements en une semaine, le coach dijonnais était d’ailleurs le premier à l’admettre : « Je pense que les Brestoises étaient émoussées par leurs campagnes européennes, elles n’ont pas joué à leur niveau ». Un argument que Laurent Bezeau était lui moins enclin à entendre : « Il y a de la fatigue, c’est évident, mais on le sait et ce n’est pas une excuse. On doit être capables de jouer avec et de gagner des matches même dans cet état ».

Et le scénario de la rencontre dans tout ça ? Lors d’une soirée qui aura vu le retour de Bella Gulldén après un an d’absence (une dizaine de minutes sur le terrain), le déroulé n’aura jamais été en faveur des Rebelles, prises d’entrée dans le tourbillon des tirs manqués et des balles perdues. Même si elles étaient parvenues à stabiliser la défense après quinze minutes de jeu, elles se montraient incapables d’enflammer la partie de l’autre côté du terrain et rentraient aux vestiaires avec le plus gros écart de la première période (13-9, 30e). « Mener de 4 buts en laissant Brest a 9 buts, ça paraissait surréaliste », reconnaissait le coach dijonnais.
« Je sentais que ça allait être compliqué, poursuivait Laurent Bezeau. On voyait bien que le rythme et l’intensité n’étaient pas là. Malgré tout, on était revenus à un but mais on est vite repartis sur des tirs ratés et des accumulations de pertes de balle ».

Le fameux -1 dont on parlait plus haut (13-12, 37e) était ainsi le dernier moment d’espoir d’une formation qui allait voir en cinq minutes toutes ses illusions s’envoler (17-12, 42e). La JDA avait laissé passer l’orage. Définitivement. « Ce n’est pas le genre de la maison de s’affoler, même quand on ne gagne pas, expliquait Christophe Mazel. Brest s’est rapproché, j’ai failli prendre un temps mort, mais les filles ont trouvé des solutions pour se refaire un matelas ». Le dernier quart d’heure était ensuite le parfait résumé de la rencontre, pénible à vivre pour les Brestoises.
 
« On avait dit qu’il fallait connaître certaines tempêtes pour voir la force de notre équipe, c’est maintenant, concluait Laurent Bezeau. Mais hors de question de se désolidariser ou de perdre notre unité. On a perdu, ce n’est pas la fin du monde. On va essayer de comprendre ce qu’il s’est passé et on va travailler. Metz arrive très vite, on a quelques jours pour se remettre la tête à l’endroit ».
Le champion de France qui débarquera à l’Arena mercredi sera bien le meilleur test pour les Rebelles qui auront l’occasion de montrer que Dijon n’était qu’un accident.

DIJON – BREST : 27-19 (13-9)
DIJON : Le Borgne (g.), Elm (g.), Metzger, Lathoud (5), Gravelle (2), Diagouraga (1), Ribeiro (1), Moretto (4), Vetkova (3), Bouchard (2), Kpodar (7), Sylla (1), Lasm, Dazet (1). Entraîneur : C. Mazel.
BREST : Toft (g.), Fontaine-Carretero (g.), Mauny, Toublanc (1), Tissier (3), Gros (3), Kobylinska (2), Gulldén, Lagathu (1), Minevskaja (1), Niakaté, Pop-Lazic, Foppa (2), Coatanéa (6). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Laury Rousseau / Clichés Hand)