BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

25.09.21 | Retard à l'allumage

Le Brest Bretagne Handball a raté le coche à Dortmund et manqué l’occasion de faire passer en positif son bilan de Ligue des Champions. Face à des Allemandes mieux entrées dans la partie, les Rebelles ont sans cesse couru après le score mais le mieux observé en seconde période n’a pas été suffisant pour rafler la mise (30-27). Fin de série donc après trois succès consécutifs et en point de mire se trouve Fleury samedi prochain pour se relancer avant la trêve internationale.

« C’est une étape de plus dans la construction ». Quelques minutes après la rencontre, Pablo Morel tentait de gommer la frustration et la déception nées d’une rencontre dont le BBH a longtemps été plus spectateur qu’acteur. Manquant de tonus et de mordant durant la premier acte, les Rebelles ont eu la mauvaise idée de se compliquer la tâche toutes seules, le retard à la pause paraissant déjà énorme (15-9, 30e). Peut-être aussi qu’elles ont tiré la langue, bouclant outre-rhin un gros enchaînement de six matches en dix-huit jours. L’infirmerie, qui a pris du volume ces derniers jours, n’a pas non plus aidé même si du côté du coach du BBH, on ne voulait pas se trouver d’excuses. « C’est toujours compliqué de se réfugier derrière les blessures, assurait-il. Bien sûr que l’absence de Pauline (Coatanéa, hospitalisée) et de Djina (Jaukovic, rupture du ligament croisé du genou) sont dommageables et que dans les rotations on commence a être fatigués mais on aurait accepté qu’on tombe les armes à la main, ça n’a pas été le cas ».

Dans le viseur ce samedi, la défense, celle qui avait permis de maîtriser Esbjerg une semaine auparavant, n’a pas donné sa pleine mesure. Tout part souvent de là et les soucis relevés en attaque y sont probablement liés. « On n’a pas su mettre l’intensité qu’il fallait en défense, pestait Alicia Toublanc après les débats. On manquait aussi de rythme en contre-attaque. C’est décevant parce qu’on se dit qu’il y avait moyen de gagner ce match. On l’a laissé filer et pourtant ça nous aurait permis de rester dans la continuité de ce qu’on avait fait avant ». Enquiquinées très rapidement par des Allemandes habiles avec le pivot et s’appuyant sur une base arrière efficace autour de Grijseels (9 buts) et Van der Heijden (6), le Borussia a su profiter des moindres pertes de balle et cafouillages brestois. « Je suis si fier de mon équipe ! s’enthousiasmait le coach du BVB, André Fuhr. Je n’aurais jamais pensé qu’on aurait pu prendre ces points aujourd’hui. On a toujours cru en nos qualités, on a montré un gros fighting spirit et on s’est battus tout le temps. On doit apprécier ce moment parce qu’il est incroyable pour tout le monde ».

Un peu moins forcément dans le camp brestois où malgré un départ cauchemardesques, il y a eu de vraies raisons d’y croire à l’entame du dernier quart d’heure. Alors qu’il n’était pas parvenu à inscrire deux buts consécutifs pendant quarante minutes, le BBH a commencé à enchaîner les bonnes défenses et les montées de balle (20-13, 39e ; 21-18, 44e). Mais jamais hélas l’écart entre Allemandes et Françaises n’est descendu sous les trois unités. « Bien sûr que j’y ai cru tout le match, jusqu’à la dernière seconde, lâchait Pablo Morel. On ne peut pas ne pas y croire, ne pas avoir confiance en cette équipe. On a eu des opportunités, des portes se sont entrouvertes mais on n’a pas su les enfoncer. C’était peut-être un manque de caractère de notre part ».

L’entraîneur brestois regrettait surtout que sa formation soit sortie de son plan de route et soit ainsi devenue une proie presque idéale pour des joueuses du Borussia qui ont eu le mérite de saisir l’occasion. « C’est une défaite vraiment difficile parce qu’au-delà de la qualité de Dortmund, qui nous a posé des problèmes, on ne s’est pas retrouvés dans ce qu’on avait produit lors des trois précédents matches, avouait-il. À partir du moment où on quitte notre route, on devient friables et on n’a pas tant de marge que ça. Quand on n’est pas à 200%, on est à la portée de beaucoup d’équipes. En ce moment, on est encore en construction et comme toute équipe dans ce cas, on est fragiles et on peut tomber de temps en temps. On va maintenant voir notre capacité à se remettre au travail et à se relever ». Avant la prochaine échéance face à Fleury, les Rebelles vont disposer d’une semaine complète de travail. Une aubaine au cœur du sprint lancé il y a trois semaines.


DORTMUND – BREST : 30-27 (15-9)
DORTMUND : Ten Holte (g.), Kohorst (g.), Berger (4), Grijseels (9), Sando (1), Moreno, Abdulla, Freriks (5), Van Der Heijden (6), Ronning (4), Albers, Schwarz, Nordberg, Bleckmann (1). Entraîneur : A. Fuhr.
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (5), Fauske, Kromoska, Kobylinska (6), Lassource (1), Lagattu, Niakaté (7), Pop-Lazic (1), Foppa (4), Loseth (3), Jarrige. Entraîneur : P. Morel.


(crédit photos : Borussia Dortmund)