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25.04.20 | Coralie Lassource : « J’ai eu du mal au début »

Confinée comme la population française depuis la mi-mars, Coralie Lassource reconnaît avoir éprouvé quelques difficultés au début de cette période, devant laisser de côté sa vie trépidante de sportive de haut niveau. Aujourd’hui, la capitaine du BBH s’y est fait et se pose plein de questions comme tout le monde sur la suite de cet épisode inédit. Des regrets de ne pas avoir pu terminer comme il se doit la saison à l’intensité que devrait présenter la prochaine, elle nous livre son avis.

« Coco, comment se passe ton confinement ?
- Je suis à Paris chez mes parents, tout va bien. Tout le monde a la forme. Ce confinement, je le vis bien maintenant mais je reconnais que j’ai eu plus de mal au début. On avait un rythme de vie assez soutenu, on bougeait tout le temps, alors devoir rester bloquée à la maison, c’était assez compliqué. Mais du coup j’ai eu le temps de faire des choses que je n’avais pas forcément pu faire avant.

- Le championnat de France est terminé, les quarts de finale de Ligue des Champions sont au mieux reportés, est-ce que du coup tu te considères un peu en vacances ?
- C’est compliqué. Pour moi, ce ne sont pas vraiment des vacances parce que quand c’est le cas, tu peux bouger, faire ce que tu veux, et là non pas du tout. Après, sportivement parlant, notre corps est en vacances dans la mesure où on ne fait pas les activités habituelles, on se contente des séances qu’on réalise d’habitude pendant l’été. À la fin du confinement, cela va faire huit semaines de coupure, je n’ai jamais vu ça et c’est la même chose pour le monde entier d’ailleurs.

- Il va forcément y avoir un goût d’inachevé avec les joueuses qui vont quitter le BBH mais qui ne pourront pas vraiment être célébrées comme il se doit…
- Oui, c’est nul ! Avec la saison qu’on a faite, on a créé des liens, une nouvelle équipe. Et devoir se quitter comme cela, c’est nul, je n’ai pas d’autres mots. On est tous impuissants face à cette situation et je n’aimerais vraiment pas qu’on se quitte comme ça. Mais est-ce qu’on aura le temps de le faire ? Est-ce que tout le monde pourra revenir sur Brest ?

- Quel est ton avis sur la décision de stopper le championnat ?
- C’était logique après l’annonce du Président de la République que le confinement serait prolongé jusqu’au 11 mai, sans qu’on sache si le déconfinement allait être général ou progressif. Il fallait ensuite, je pense, un minimum de quatre semaines d’entraînement avant de reprendre les matches, ça nous faisait arriver à la mi-juin et donc on aurait tout fini au mieux à la mi-juillet. On aurait ensuite dû repartir direct sur la saison suivante, sachant en plus que ça va être une année olympique. Tout cela était trop compliqué.

- Et ce Final Four disputé en septembre ou en octobre ?
- C’est un peu fou. Ce qui est dommage, c’est que cet événement doit être la concrétisation d’une saison avec une équipe. Là, si ça se fait, ça va être le début de l’aventure, avec de nouvelles joueuses, une nouvelle équipe. Tout cela est étrange mais on n’a pas la main dessus, pas notre mot à dire. Et ça reste un Final Four.

- Participes-tu à des actions de prévention ou caritatives durant ce confinement ?
- Oui, il y a deux ou trois comptes Instagram qui m’ont demandé de faire des petites vidéos, des lives et donc j’en ai fait. Après, concernant les actions caritatives, je dois avouer que je suis partie de Brest à la base pour une semaine et que je me retrouve avec deux mois de confinement chez mes parents. Je n’ai donc hélas pas grand chose à offrir, tout est en Bretagne. Mais j’ai vu qu’il y avait notamment Cléo et Pauline qui avaient participé à l’initiative de Cyril Dumoulin en mettant aux enchères leurs maillots (jetez un oeil ici). Ça fera sûrement plaisir au personnel soignant, qui vit une période difficile, de pouvoir récolter cet argent.

- Comment vois-tu les semaines à venir ?
- Je réfléchis beaucoup, notamment concernant les vacances. C’est difficile de se projeter, d’organiser quelque chose. Si j’avais envie d’aller à l’étranger, je pense que je peux déjà rayer ça de ma liste ! Il faudra trouver un endroit en France mais à mon avis tout le monde voudra aller dans le sud, ça risque d’être complet. Je ne veux pas me retrouver avec trop de gens mais j’ai quand même envie de profiter des vacances parce que l’année qui arrive risque d’être intense. Je suis donc en mode réflexion et il faudra aussi penser à l’économie française, essayer de la relancer même si ça prendre sûrement plus qu’un mois ou deux ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)