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24.10.20 | Laurène Catani : « J’ai envie de montrer un autre visage »

Avant d’affronter les Danoises d’Odense, pour le compte de la 6e journée de Ligue des Champions, Laurène Catani a pris le temps de se poser pour répondre à quelques questions. Recrue du BBH cet été, la demi-centre a fait le grand saut en rejoignant le Finistère après une décennie à Toulon. Changement de statut, nouvel environnement, découverte du plus haut niveau européen, Laurène évoque sa nouvelle vie et ses regrets de ne pas pouvoir apporter davantage pour le moment à sa nouvelle équipe.

« Laurène, le BBH a subi sa première défaite de la saison dimanche dernier face au CSKA Moscou. Ce sont des choses qui arrivent…
- Effectivement, ça peut arriver. C’était un peu l’équipe à battre du moment et une victoire nous aurait permis certainement d’envisager une qualification plus facile pour les quarts de finale mais on savait que ce serait compliqué. Actuellement, je pense que notre pire ennemi, c’est nous et que des fois, il faut qu’on sache mettre de côté l’adversaire pour nous focaliser sur notre jeu et ce qu’on produit. On doit être capables d’imposer notre rythme sur la partie aussi car par moments on subit trop. À chaque fois qu’on a su prendre les choses en main, on a moins été bousculées. Ça peut être dur à entendre mais je trouve que c’est également positif de se dire que ça ne dépend que de nous.

- Il y a eu récemment un enchaînement de blessures, il y avait d’ailleurs quatre professionnelles absentes contre Moscou. Ça peut aussi être un moyen de développer un esprit de groupe ?
- J’ai beaucoup connu ça à Toulon mais on m’a toujours dit que c’était la loi du sport et que ça pouvait arriver à n’importe qui. Je pense qu’il y a suffisamment de ressources au sein de l’effectif, même réduit, pour pallier tout ça. Ça nous ennuie de devoir jouer sans nos coéquipières blessées, ça nous enlève des options et des rotations, mais il faut essayer quand même de construire quelque chose de plus fort.

- Comme on l’a dit, ce n’était aussi que la première défaite contre Moscou. Il n’est pas question de remettre en cause ce qui a déjà été fait…
- C’est toujours dur de perdre, surtout qu’on n’a pas affiché notre vrai visage contre Moscou. Au BBH, avec les ambitions qui sont fixées, c’est difficile de montrer autre chose que de la frustration après une défaite mais on ne va pas baisser les armes pour autant. Ça doit nous permettre de pointer les faiblesses qu’on a eues. J’aurais préféré gagner mais parfois ça peut provoquer un petit déclic.

- Personnellement, tu découvres la Ligue des Champions. C’est comme tu l’imaginais ?
- Oui, c’est un rythme très dense, d’excellentes équipes qui jouent un handball de très grande qualité. Il y a une marge avec ce que j’ai connu avant. C’est beaucoup de détails, c’est le haut niveau tout simplement. Je suis contente de participer à cette aventure mais c’est vrai que j’aimerais peser beaucoup plus. Je n’arrive pas en ce moment à apporter ce que je voudrais à l’équipe, c’est un peu frustrant.

- Cela fait 4 mois que tu es arrivée, quel est ton premier bilan au BBH ?
- Je ne me trouve pas à la hauteur de ce que je suis capable de faire, c’est ça qui est dommage. Je pense que je peux apporter mais en pleine capacité de ma forme et j’ai l’impression d’être en-dessous. J’espère rectifier le tir rapidement et donner davantage à l’équipe. On a beaucoup de qualités dans ce groupe et j’ai envie de prouver aux filles qu’elles peuvent avoir confiance en moi. La réalité du terrain en ce moment n’est pas en ma faveur donc j’ai envie de montrer un autre visage.

- Tu arrives d’un club, Toulon, où tu jouais énormément. À Brest, tu es moins souvent sur le terrain, c’est aussi ça qui est dur à gérer ?
- Tout ça, j’en avais conscience en signant au BBH. Je savais qu’en rejoignant cette équipe, ce serait un nouveau challenge, un défi de grande envergure et que mon statut allait forcément changer. Je ne suis pas venue pour jouer 60 minutes par match mais pour amener quelque chose de plus et prendre du plaisir.

- Tu attends donc un déclic ?
- J’attends surtout plus de moi, plus que d’être présente sur des bouts de match. Je ne suis pas à la hauteur de mes espérances et de ce que je m’étais fixé comme objectif. Je ne suis pas abattue mais j’ai envie de produire autre chose.

- Le match contre Odense dimanche sera une belle occasion de se relancer et de se rapprocher du haut du classement en cas de succès…
- On ne va pas se mentir, ça va être un gros combat. On aurait gagné contre Moscou, on y serait peut-être allées plus libérées mais ce n’est pas le cas. On va essayer d’arriver sereines tout de même, avec nos forces, en ayant analysé nos erreurs contre Moscou. En Ligue des Champions, il faut y aller avec les dents qui rayent le parquet et beaucoup de combativité. Là-bas, ça va jouer les duels, c’est le style danois, avec un ballon qui circule vite et une équipe qui se projette rapidement vers l’avant. L’important sera de se concentrer sur ce qu’on est capables de produire. On fera le déplacement au Danemark dans des conditions confortables, il faut qu’on profite de ça pour arriver en pleine bourre et montrer que ce qui s’est passé contre Moscou ne se reproduira pas ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)