BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

24.04.21 | La tradition a du bon !

Implacable, le Brest Bretagne Handball a une nouvelle fois cette saison disposé de Metz en faisant exploser son adversaire dans un dernier quart d’heure à sens unique (29-23). Le BBH a donc gagné le droit de disputer la quatrième finale de Coupe de France de sa jeune histoire. Les Rebelles affronteront Nantes, à Créteil, au cœur d’un mois de mai qui s’annonce extraordinaire et débordant d’enjeu. Avant cela, il y aura la première place du championnat à défendre mais il n’est pas non plus interdit de savourer un instant le fait d’être encore en lice dans toutes les compétitions.

Leur appétit est donc sans limite. Intenables depuis début mars sur tous les tableaux, les Rebelles ont rajouté une magnifique pierre ce samedi le long de leur chemin glorieux. Lancées à plein régime vers tous les objectifs qui se présentent, elles ont donc composté leur billet pour une nouvelle finale de Coupe de France. Celle-ci n’aura sans doute pas le clinquant des précédentes organisées dans l’agitation de Bercy mais elle sera bien la quatrième avec le BBH sur les cinq dernières disputées. À Créteil donc, où la FFHB a rapatrié ses finalités, les Brestoises tenteront de décrocher leur troisième trophée dans la compétition avant d’aborder une quinzaine folle couronnée d’une finale de championnat et d’un Final 4 à Budapest. « L’histoire au plus haut niveau du club de Brest a débuté avec la Coupe de France alors forcément il existe une relation particulière avec elle, acquiesçait Laurent Bezeau. Mais attention, maintenant il va falloir gérer tout ça parce qu’il y aura des finales tous les trois jours ! »

Le BBH a en effet sérieusement poussé le curseur cette saison et sera bien présent au dénouement de chaque compétition. Une performance rare que seul Metz avait réalisé il y a deux ans, remportant au passage les deux trophées nationaux. Sans pitié pour les Rebelles à cette période, les Lorraines ont cette fois dit au revoir à la Ligue des Champions et à la Coupe de France, la faute à leurs meilleures ennemies qu’elles pourraient encore retrouver dans un mois pour clôturer la Ligue Butagaz Énergie. Après un mois exclusivement composé de duels avec les Dragonnes, les Brestoises ont marqué autant leur territoire que les esprits. « Je le répète sans honte ni aigreur, Brest joue aujourd’hui son meilleur handball depuis trois ou quatre ans, lâchait Emmanuel Mayonnade. Il y a dans cette équipe des joueuses en forme, certaines reviennent très bien comme Gulldén, on ne présente plus Jaukovic, les pivots et les gardiennes sont très bonnes… C’est la meilleure équipe du BBH depuis plusieurs saisons ».

En citant la demi-centre suédoise et l’arrière monténégrine, le coach messin ne s’y est pas trompé. Elles ont été, avec Sandra Toft, les plus en vue lors de ce nouveau succès breton aux Arènes. Auteures de 9 buts chacune, Bella Gulldén et Djina Jaukovic ont fait parler leur talent et leur classe pour sortir les Rebelles de ce qui pouvait ressembler à un piège. Longtemps au contact, voire devant au score, les Messines ont fait face à un ensemble brestois qui a montré beaucoup de maturité et attendu son heure intelligemment. « On ne savait pas trop comment on allait se retrouver dans notre jeu d’attaque, avouait Laurent Bezeau qui devait composer sans Ana Gros, Pauline Coatanéa, Kali Niakaté et Monika Kobylinska. On avait les filles pour relever les défis en défense mais on avait pris l’habitude de beaucoup s’appuyer sur Ana en attaque. On s’est est finalement très bien sortis. On a marqué des buts avec beaucoup d’intelligence dans des moments importants et on a aussi été capables de monter le niveau défensif pour jouer le jeu rapide, la différence s’est faite là-dessus ».

Le coach brestois fait là allusion à un dernier quart d’heure durant lequel le BBH a littéralement marché sur son adversaire. Avec un 9-1 en 10 minutes (20-20, 47e ; 21-29, 57e), orchestré notamment par Bella Gulldén et Constance Mauny, les Rebelles ont su placer le coup fatal à des Dragonnes à terre. « Il n’y a jamais de bons moments pour connaître un trou d’air, regrettait Emmanuel Mayonnade. On était dans le match et puis derrière, parce qu’elles ont été meilleures, on a craqué progressivement. Encore une fois, c’est dans la maîtrise des temps de jeu qu’on n’a pas été bons. Je pense qu’en terme d’expérience, on doit être un peu light. Cela coûte cher dans ces moments-là ». À l’inverse, c’est par le calme que le Brest Bretagne Handball a tiré son épingle du jeu dans ce money time, poussant Metz à la faute pour en tirer immédiatement profit. « Quand tu es dans une dynamique positive comme c’est le cas actuellement, tu as forcément de la sérénité, expliquait aussi Laurent Bezeau. On a des joueuses habituées aux joutes internationales, en sélection ou en club, et il n’y a donc pas de panique. Il ne fallait surtout pas briser cette dynamique parce qu’après, tu ne sais jamais comment ça va se passer. Tant qu’on peut surfer sur cette belle vague… »

Le BBH a en tout cas démontré une nouvelle fois que ses associations défensives étaient une base très stable sur laquelle il pouvait s’appuyer. Il n’y a plus non plus de doutes sur le fait que cette équipe est un vrai groupe dont les liens forts peuvent compenser des absences ou des moments délicats. L’aventure est belle mais pour de telles compétitrices, elle ne sera magnifique qu’avec des titres. Et là encore, tout le monde est sur la même longueur d’ondes. « Maintenant, les finales il faut les gagner ! » martelait ainsi en conclusion Laurent Bezeau à l’idée d’un mois de mai où tout peut se passer…

METZ – BREST : 23-29 (12-12)
METZ : Eckerle (g.), Sako (g.), Micijevic (5), N’Gouan (1), Nocandy (4), Houette (3), Bont, Stanko (2), Burgaard (3), L. Kanor (2), Sajka (2), Luciano (1), Dembélé, Perederiy. Entraîneur : E. Mayonnade.
BREST : Toft (g.), Darleux (g.), Mauny (3), Toublanc (1), Tissier, Gulldén (9), Lassource, Fofana, Catani (1), Pop-Lazic (1), Foppa (1), Jaukovic (9), Loseth (4), Jarrige. Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Arnaud Scherer)