BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

24.03.21 | Le finish des Rebelles

Il lui aura fallu lutter jusqu’au bout mais le Brest Bretagne Handball est parvenu à prendre le dessus sur Paris 92 dans le money time d’un match très rugueux (25-20). Un mois après avoir terriblement souffert et perdu en terre francilienne, les Rebelles ont donc réussi à trouver la bonne formule pour se sortir des griffes de Lionnes affamées. Grâce à ce succès, le BBH a quasiment sécurisé une place pour la finale du championnat avant d’aller disputer dimanche la pole position à Metz.

« Qu’est-ce que ça a été dur… Qu’est-ce qu’on a souffert… Qu’est-ce qu’elle est difficile à jouer cette équipe… » Laurent Bezeau avait l’analyse oscillant entre la joie d’avoir gagné et un soulagement légitime après le scénario de la partie. Probablement que le coach brestois avait aussi en mémoire la défaite au match aller il y a un mois, la première en France pour le BBH cette saison. Déjà en novembre, Metz n’était pas passé loin de la correctionnelle à domicile face à la troupe parisienne, ne remportant la mise que dans les dernières secondes. Un mauvais dénouement aurait aussi pu venir percuter les Rebelles ce mercredi si elles n’avaient pas fait preuve de patience avant de voir leur heure arriver. « Quand on a vu que ça partait un peu en sucette, on s’est dit avec Mathieu Kreiss, l’entraîneur des gardiennes, qu’il fallait qu’on reste calmes, avouait Laurent Bezeau. Il ne fallait pas ajouter de l’énervement et c’est peut-être ça qui a contribué à apporter de la sérénité en attaque en fin de match ».

Les chiffres sont en effet éloquents. Alors qu’elles n’avaient réussi à inscrire que 17 buts en 50 minutes, les Brestoises ont enfin trouvé les failles avec davantage de cohérence dans leur jeu d’attaque pour en inscrire 8 dans la toute dernière ligne droite. « Pour nous, c’était déjà incroyable d’être encore dans le match à ce moment-là, soufflait Yacine Messaoudi, le technicien de Paris 92. Il y a eu je pense deux tournants avec des 2 minutes et on s’est énervés, on est sortis de notre plan. Il y avait aussi de la fatigue, peu de rotations. Il faut savoir que je fais évoluer énormément de joueuses de ma base avant sur ma base arrière et face à une équipe du calibre de Brest, on a souffert dans les dernières minutes ».

Avant de parvenir à faire cet écart décisif, les Rebelles, qui ne s’étaient retrouvées au complet que la veille suite à la trêve internationale, avaient du surpasser un début de match offensivement cafouillé (1-1, 10e) et d’incessants retours des Parisiennes lorsqu’un petit écart, jamais plus de 2 buts, était réalisé. « Paris joue bien au handball et déploie surtout une agressivité et une énergie difficiles à appréhender, reconnaissait Laurent Bezeau. Face à cette opposition, tes certitudes peuvent être mises à mal et tout devenir plus difficile. On s’est un peu égarés en début de match avec 7 pertes de balle dans les 10 premières minutes et ça nous a fait douter. On défendait bien mais on ne parvenait pas à les décrocher. J’ai trouvé qu’on manquait de rythme dans les duels, les courses, la passe ».

Mais si le match aller à Issy-les-Moulineaux le mois dernier avait été un enfer et qu’elles n’avaient jamais été en mesure de l’emporter, les Brestoises ont cette fois eu le mérite d’avoir toujours leur destin en main, Paris ne poussant ses rares avantages qu’à une unité, et jamais après le repos. « Ce qui ressemblait à la première rencontre, c’était le fait qu’on avait réussi encore à imposer notre rythme et à mettre la même intensité, rembobinait ainsi Yacine Messaoudi. Mais ce n’était pas du tout la même chose dans le scénario. À l’aller, on menait 9-3 après un quart d’heure, on avait géré notre avance. Là, on a été au coude à coude tout le temps et psychologiquement c’était usant ». Alors même si les Lionnes franciliennes ont une nouvelle fois agressé le jeu d’attaque brestois, la digue a fini par sauter.

« Il faut vraiment saluer cette équipe de Paris parce qu’il y a des absences mais les valeurs de combat sont incroyables, concluait Laurent Bezeau. Il a vraiment fallu s’employer et peut-être d’ailleurs qu’il valait mieux cela avant de jouer Metz plutôt que de gagner le match aisément ». En Moselle dimanche, les rebelles iront disputer ce qui ressemblera fortement à une finale pour la première place. Avec une confortable avance sur les poursuivants, Messines et Brestoises, qui se retrouveront énormément dans les semaines à venir, pourraient à nouveau se disputer le titre au mois de mai. Après le succès à l’aller face au champion de France en titre, le BBH ne pourra nourrir aucun complexe en débarquant dimanche aux Arènes. De toute façon, même si le résultat aura son importance, il ne pourra revêtir aucun caractère définitif, juste apporter une tendance avant les dénouements des différentes compétitions.

BREST – PARIS 92 : 25-20 (10-9)
BREST : Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (3), Tissier, Gros (4), Gulldén (2), Lassource (1), Niakaté (2), Pop-Lazic (3), Foppa (4), Jaukovic (4), Loseth, Coatanéa (2). Entraîneur : L. Bezeau.
PARIS 92 : Serdarevic (g., 2), Gabriel (g.), Sagna (1), Cissokho, Thouvenot, Mazens (2), Flippes (4), Fofana (1), Chauveau, Offendal (6), Mala (1), Ouattara (1), Janiszewska (2), Ayong. Entraîneur : Y. Messaoudi.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)