BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

23.10.21 | Des détails qui coûtent cher

C’est avec beaucoup de regrets que le Brest Bretagne Handball s’est posé à Guipavas samedi soir à son retour de Hongrie. Les Rebelles, qui avaient la balle d’égalisation dans les mains à 30 secondes du buzzer, ont ainsi échoué à une toute petite unité (28-27) d’une formation de Ferencvaros toujours invaincue en Ligue des Champions et poussée par un énorme public. Le BBH a enregistré son troisième revers de la saison dans la compétition mais avec un peu de recul tirera certainement de bons enseignements de cette lutte acharnée dans la capitale hongroise.

Il faudra donc attendre encore un peu pour apprécier un succès européen du Brest Bretagne Handball hors de ses bases. Le coup n’est pourtant pas passé si loin pour des Brestoises prêtes pour la bataille, déterminées et qui n’ont jamais été à l’économie durant les 60 minutes d’une joute très intense. Le score final est donc la parfaite illustration de la frustration qui animait les rangs des Rebelles après la partie. « C’est un peu rageant en effet parce que je pense que les ingrédients y étaient, soufflait un peu désabusé Pablo Morel. Il y a eu une vraie solidarité dans l’équipe, beaucoup de combat et il fallait cela car en face il y avait une vraie force de frappe offensive, notamment sur la base arrière ».
C’est peu de le dire tant celle-ci a su faire mal à la défense brestoise avec 80% des buts hongrois inscrits. Si Stolle (3 buts) avait lancé la machine, Szollosi-Zacsik (5) avait pris la suite avant de passer le relais de l’efficacité à Klujber (6). En fil rouge, Bölk (8) s’est elle montrée menaçante tout au long de la partie. Du très lourd donc face aux Brestoises qui ont, elles, davantage piqué sur base avant, avec de belles perfs notamment d’Alicia Toublanc (8 buts) et Pauletta Foppa (6).

En finissant mieux le premier acte, le BBH avait su se donner un peu d’air au retour aux vestiaires (15-17) mais on en avait presque des regrets tant les occasions manquées avaient émaillé ces trente premières minutes. « Je pense que ce sont les pertes de balle qui nous ont fait très mal, acquiesçait Alicia Toublanc. On en a commis beaucoup et souvent à des moments cruciaux. Sur un match comme celui-là, ça fait la différence. On peut dire qu’on s’est mises en danger toutes seules ». Malgré tout donc, les Rebelles ont longtemps fait la course en tête durant le premier acte, ne parvenant pas totalement à se détacher mais dictant très souvent le rythme des deux côtés du terrain. L’apport efficace de Cléo Darleux (10/24 arrêts, 41%) – très bien relayée par Sandra Toft après la mi-temps (13/26 arrêts, 50%) – a pu mettre le doute dans les esprits hongrois mais certains temps faibles sont venus écorner les bonnes séquences. « On a fait une première période à l’image du match, en dents de scie, soulignait Pablo Morel. On a eu par moments de vrais temps forts durant lesquels on est parvenus à maîtriser cette équipe et à mettre des buts sur grand espace mais aussi d’autres moins bons où on a laissé Ferencvaros développer son jeu et ça devenait alors très compliqué ».

Les gros problèmes ont eux commencé à arriver après les citrons, quand les Magyares ont monté leur défense et le niveau d’intensité. Pour des Brestoises peut-être un peu émoussées par le manque de rotations et la succession de déplacements, tout est soudainement devenu plus compliqué. À la peine pour trouver la cible, les Rebelles ont longtemps dû survivre pour ne pas totalement sombrer et leur abnégation dans ce domaine est d’ailleurs à souligner (28-25, 54e). « On a vraiment eu du mal à marquer des buts en seconde mi-temps, on n’en a mis que 10, ressassait alors Pablo Morel. À la fin, ça s’est joué sur des détails mais c’est ça le haut niveau. Pour le moment, on fait trop d’erreurs qui ne nous permettent pas d’espérer mieux contre une très belle équipe comme FTC, et devant une grosse ambiance. C’est dommage mais il y a beaucoup de très bons enseignements à tirer ».

Il y aura en effet des jours meilleurs pour ce Brest Bretagne Handball encore en transition, en construction et pas épargné par les blessures depuis le début de la saison. Et échouer à une seule unité face à une formation encore invaincue en Ligue des Champions et dans une atmosphère très chaude peut forcément laisser augurer de belles choses pour l’avenir. « Les rotations, c’est un facteur à prendre évidemment en compte et les pertes de balle ou les tirs manqués sont sûrement aussi liés à ça, concluait Pablo Morel. Mais c’est notre lot du moment, il faut faire avec. On a en tout cas hâte de retrouver nos blessées pour être plus armées. Je vois qu’on a été capables de tenir tête à une grande équipe, c’est très positif même si on n’a pas réussi à arracher le match nul. C’est le genre de rencontre qui va nous faire grandir, progresser et nourrir nos ambitions ». Il n’y aura en tout cas pas beaucoup de temps pour cogiter après cette courte défaite car le périple continue pour la troupe des Rebelles. Après Toulon et Budapest cette semaine, il faudra dès mardi reprendre la voie des airs pour rejoindre Plan-de-Cuques puis Bucarest trois jours plus tard. Passons donc à la suite !


FERENCVAROS – BREST : 28-27 (15-17)
FERENCVAROS : Biro (g.), Janurik (g.), Ballai, Szucsanszki, Csiszar-Szekeres, Kisfaludy, Harsfalvi, Stolle (3), Kovacs (2), Bölk (8), Marton (3), Malestein, Klujber (6), Szöllosi-Zacsik (5), Behnke (1), Grbic. Entraîneur : G. Elek.
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (8), Fauske (4), Kromoska (2), Kobylinska (1), Lassource (1), Lagattu, Niakaté (3), Pop-Lazic (2), Foppa (6), Jarrige, Gavric. Entraîneur : P. Morel.