BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

23.09.20 | En évitant le piège...

Le Brest Bretagne a su se sortir du traquenard installé par des Niçoises toujours bien en place pour poursuivre son parcours sans faute depuis le début de la saison (29-22). Grâce à leurs rotations et de nouvelles solutions, les Rebelles ont pu savourer un succès décidément toujours compliqué à se dessiner dans l’antre des Aiglonnes. À quelques jours de recevoir Gyor à l’Arena, c’est en tout cas très bon pour le moral des troupes.

Les fantômes du passé ont sans doute ressurgi quelques instants dans les caboches brestoises à l’entame de cette 21e minute de jeu quand la très précieuse Skolkova venait de donner quatre longueurs d’avance aux Niçoises (11-7) dans une partie qui ressemblait alors parfaitement à ce que la troupe de Marjan Kolev désirait en faire. « On voulait éviter le jeu rapide, abondait le coach de l’OGCN. Brest est une équipe de Ligue des Champions qui préfère un tempo élevé. Si tu rentres là-dedans… Donc on a fait exprès de casser le rythme, ça a bien marché pendant 20 minutes ». On a ainsi vu des Rebelles plus empruntées qu’à l’accoutumée, enquiquinées dans leurs enclenchements, obligées de défendre très longtemps et surtout privées de grand espace.

La formule a toujours été la même pour les Azuréennes face au BBH et il faut reconnaître que ça a très souvent fonctionné à merveille. Jamais autant bousculées depuis le début de la saison, les Brestoises ont alors trouvé des solutions sur un banc en or qui avait des fourmis dans les jambes. « On a été malmenés en première période, avec beaucoup plus d’agressivité du côté de Nice et un jeu d’attaque difficile à appréhender, reconnaissait Laurent Bezeau. Mais on a su, avec des rotations de joueuses pleines d’énergie, revenir au score et passer devant à la mi-temps. Psychologiquement, c’était important ». Et sans doute encore davantage pour les Finistériennes que pour les Aiglonnes. Car au cœur du premier acte, il fallait avoir beaucoup d’imagination pour voir ce BBH se sortir de la mélasse niçoise. « Je n’avais pas beaucoup de bons souvenir ici, poursuivait Laurent Bezeau. On y avait laissé tellement d’énergie et de plumes par le passé, notamment la saison dernière avec une défaite d’un but au buzzer ».

Alors comme il fallait sans doute changer quelque chose, le coach brestois lança dans le bain Laurène Catani et Djurdjina Jaukovic notamment qui apportèrent le peps qui manquait alors aux Bretonnes. Aidées par Monika Kobylinska, Sladjana Pop-Lazic ou Constance Mauny, elles allaient infliger un cinglant 8-2 à leurs hôtes avant la pause (11-7, 21e ; 13-15, 30e). On ne va pas aller jusqu’à dire que le plus dur était fait mais c’était quand même presque ça. Limité dans ses rotations, l’OGCN semblait alors tirer la langue dès le retour des vestiaires. « Mais ce n’était pas de la fatigue, corrigeait Marjan Kolev. Il ne faut pas enlever les qualités de Brest qui a su garder son rythme tout au long du match. Nous, à un moment, on est sortis de notre projet, on a commencé à faire des choses qui n’étaient pas adaptées à la défense adverse et on a perdu 7 ou 8 ballons, autant de munitions pour le BBH qui a pu utiliser son point fort, le jeu rapide ».

Derrière une défense impactant très fort, les Rebelles allaient en effet réussir à s’engouffrer dans chacune des possibilités de course qui leur était offerte pour asseoir un avantage de plus en plus solide avec le temps (15-20, 40e ; 18-24, 51e). Et tout le monde mettait la main à la pâte. « Ce soir, on a vraiment montré que toutes les joueuses pouvaient apporter quelque chose à l’équipe, relevait Laurent Bezeau. On a un groupe de 21 joueuses, dont 18 pros, et avec des matches tous les 3 jours, ça prend du sens d’avoir construit un tel effectif. Certaines avaient moins eu l’occasion de s’exprimer auparavant, elles ont prouvé là qu’on pouvait compter sur elles ».
De quoi se dire que tous les voyants sont au vert avant d’accueillir le triple tenant de la Ligue des Champions, Gyor, dimanche à l’Arena ? « Non ! coupait tout de suite le coach brestois. Quand tu joues cette équipe, tes voyants sont en état d’alerte maximale. On va jouer la meilleure équipe d’Europe alors ça doit être le branle-bas de combat ! » Si tout ça n’est pas alléchant…


NICE – BREST : 22-29 (13-15)
NICE : Satrapova (g.), Colic (g., 1), Sy (1), Agathe, Janjic (3), Chambertin, Prouvensier (6), Bouchard (1), Lachaud, Moretto (2), Fall (1), Skolkova (5), Abdelmalek (2). Entraîneur : M.Kolev.
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (3), Toublanc (2), Gros (3), Kobylinska (3), Gulldén (1), Lassource (3), Niakaté (3), Catani, Pop-Lazic (2), Foppa (2), Jaukovic (4), Coatanéa (3). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Stéphane Pillaud)