BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

23.05.21 | De la pure folie !

Au bout du suspense, le Brest Bretagne Handball a renversé Metz lors de la finale retour (29-22) et s’est adjugé son premier titre de champion de France ! Mal en point après la manche aller, la troupe des Rebelles s’est magnifiquement reprise et a mis la folie qu’il fallait après le repos pour rattraper son retard et terrasser les Lorraines en goal average. Voilà donc un doublé national de toute beauté acquis en une semaine par le BBH qui a déjà les yeux tournés vers le prochain objectif le week-end prochain : le Final Four de la Ligue des Champions. Quelle saison !

« Je m’étais réveillé la nuit dernière et je m’étais dit « Ça ne peut pas en être autrement ». Il y avait peut-être un côté mystique mais j’y croyais très fort ». Certaines insomnies ont donc du bon et celles de Laurent Bezeau ont pris l’allure de prophéties car oui, le Brest Bretagne a bien soulevé, par les bras de sa capitaine Coralie Lassource, le titre de champion de France. Déjà sacrées en Coupe la semaine passée, les Rebelles ont donc signé un doublé national de toute beauté pour valider une saison magnifique et surtout aborder le cœur léger et les ambitions gonflées à bloc le grand barnum du Final 4 dans quelques jours à Budapest. Il faudrait être fou pour y croire mais sans doute fallait-il l’être également pour imaginer que ce BBH pourrait renverser en 60 minutes un Metz Handball aussi sûr de sa force quatre jours auparavant. Cette équipe est folle, ses rêves sans limite et les Rebelles, après quelques effluves de champagne, ne mettront certainement pas longtemps à porter leur regard vers la capitale hongroise et la gloire qu’elles pourraient y trouver. « Je crois tellement en ce groupe, acquiesçait d’ailleurs Ana Gros, encore énorme ce dimanche, et coiffée du titre de MVP de la saison. Gagner nous donne encore plus de forces pour le Final 4 ».

Pour devenir reines de France, les Brestoises ont su manier leur barque avec beaucoup de métier ce dimanche, se contentant en première période de rester dans la course pour ensuite injecter la folie dont avait besoin l’Arena pour ses retrouvailles avec ses chéries. Prépondérant dans la mise sur orbite de la fusée BBH, le public, même réduit à 800 a fait un boucan du tonnerre pour porter l’équipe et la pousser dans sa remontada au cœur de la seconde période. « Ce public est extraordinaire, appuyait Laurent Bezeau qui coachait son dernier match à la maison. Il est fabuleux, fort et nous a portés. C’était vraiment important qu’on se retrouve avant la fin de la saison ».

Sans panique donc, mais avec beaucoup d’énergie, les Rebelles ont mis petit à petit le doute dans les caboches lorraines, (13-12, 30e ; 21-15, 42e). Tout était relancé en quelques arrêts de Sandra Toft et des coups de folie en attaque qui s’enchaînaient. « On avait réussi à envoyer les Messines en enfer avec des victoires éclatantes et elles en étaient revenues pour nous y mettre nous, poursuivait Laurent Bezeau. On n’était pas loin d’y rester et on a finalement connu ce scénario extraordinaire ». Il aura en effet fallu attendre les dix dernières minutes pour voir les Brestoises virtuellement championnes (27-20, 51e). Une pole position qu’elles n’allaient ensuite plus lâcher dans une fin de partie irrespirable. « On n’a pas joué notre meilleur handball en première période mais on était quand même dans les clous, lâchait Cléo Darleux, des cotillons plein les cheveux. On ne voulait pas s’affoler et on savait qu’à un moment donné, avec quelques arrêts et des buts de folie, on y arriverait. On a réussi à faire ça, ça a été le feu. C’était du handball oui, mais aussi beaucoup de cœur. Ça fait cinq ans que le club est en Division 1 et il y a beaucoup d’ambition, on attendait ce titre avec impatience et ça faisait des années qu’on était tout près ».

Totalement en contrôle sur les dernières possessions, jouant à merveille avec le chronomètre, les Rebelles pouvaient exploser de joie dans le rond central. Un bonheur à la mesure de la déconvenue des Messines coiffées sur le poteau. « La déception est immense, il nous a manqué de la constance, regrettait l’ancienne Brestoise Astride N’Gouan. Je pense que nous avons réalisé une bonne première période et puis nous avons eu du mal à nous relancer en seconde période. Nous avons manqué de concentration aussi à certains moments. Le BBH nous a posé des problèmes cette saison et aujourd’hui la défaite est amère ». Laurent Bezeau savourait lui, entre émotion et sourire, ce titre tant recherché et synonyme d’aboutissement : « C’est du bonheur, ça représente l’essence-même du projet BBH qui avait démarré en 2012-2012 à l’initiative de Serge et Nicole Bonnamour. On a dû cravacher, on a appris et on arrive finalement à être champions. Dans une semaine au Final 4, la marche sera encore plus haute dans une salle pleine de Hongrois parce que les autres n’ont pas le droit d’y aller. Ce serait un exploit si on parvenait à battre Gyor mais c’est possible, on peut faire quelque chose ».
Une nouvelle prophétie ?


BREST – METZ : 29-22 (13-12)
BREST : Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (1), Tissier, Gros (11), Kobylinska, Gulldén (2), Lassource (2), Niakaté (1), Pop-Lazic, Foppa (2), Jaukovic (6), Coatanéa (4). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Kapitanovic (g.), Eckerle (g.), Jacques, Micijevic (3), N’Gouan (2), Nocandy (5), Houette (1), Bont, Stanko (1), Burgaard (4), L. Kanor, Sajka (1), Luciano (2), Broch (3). Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : O. Stephan/BBH)