BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

23.01.21 | Insubmersibles !

Au bout d’un gros combat et grâce à un missile d’Ana Gros à la sirène, le Brest Bretagne Handball a arraché le nul dans la salle de Gyor (27-27). Les Rebelles ont ainsi été récompensées d’une énorme débauche d’énergie et d’un mental à toute épreuve. Si le partage des points en septembre avait un goût amer, celui décroché ce dimanche a des airs de victoire tant la situation était délicate à l’entrée du dernier quart d’heure. C’est en tout cas un nouveau gros coup réalisé par le BBH face à la référence en Europe. La récompense finira bien par arriver.

« C’était un typique Gyor – Brest ! » Le grand sourire de Stine Oftedal en conférence de presse mêlait bien le fun et l’amertume. Non, trois matches nuls sur les quatre derniers entre Hongroises et Françaises, ça n’a rien de banal mais sans doute que les bonnes habitudes brestoises prises contre le champion d’Europe en titre commencent à énerver dans le camp magyar. En une année et quatre confrontations, il n’y a donc eu qu’un petit but pour séparer les deux formations (victoire de Gyor à l’Arena 29-28 en février 2020). Une fois encore, les Rebelles ont montré qu’elles avaient le niveau de cette machine à gagner placée sur le toit de l’Europe depuis plusieurs années. La récompense, quand elle arrivera, sera alors forcément méritée. « Il nous manque la victoire en effet mais le fait d’obtenir un nul à la dernière seconde comme ça, c’est quasiment pareil », relativisait tout de même Laurent Bezeau.

La splendide lucarne trouvée par Ana Gros au buzzer avait quelques minutes auparavant offert ce qu’on pourrait considérer comme le minimum que les Brestoises méritait sur cette partie. Souvent devant en première mi-temps, très courageuses et intelligentes en deuxième, elles ne pouvaient repartir les poches vides de leur périple hongrois. « Je suis très contente de prendre ce point à la fin, lâchait tout sourire l’arrière slovène. C’était vraiment très intense. On a été devant, Gyor aussi. Quand tu joues contre cette équipe, tous les matches sont comme ça. Je suis juste très fière des filles, on n’a rien lâché jusqu’au bout, ce n’est jamais facile ici, même sans public ».

Les chiffres l’attestent, faire tomber les Hongroises est quasi-impossible, personne ne l’a fait depuis trois ans et quarante-huit rencontres. Cela peut conforter les Brestoises qui sont sur la bonne voie mais aussi bien sûr apporter quelques regrets légitimes pour de telles compétitrices. « Une grande équipe est celle qui gagne des titres et qui est constante, poursuivait Laurent Bezeau. On est en train de construire cette grande équipe. Ce match-là nous fait relever la tête après quelques uns difficiles. On doit continuer à être conquérants et agressifs, on fera le bilan à la fin ».
La fin, tout le monde l’espère au Final Four et c’était d’ailleurs le thème récurrent en conférence de presse après la rencontre. « J’espère les retrouver au Final Four pour cette fois gagner », souriait l’entraîneur brestois. « Je pense que si on les joue là-bas, on les battra », répondait à son tour Gabor Danyi, le technicien de Gyor.
Le cas échéant, le scénario promet d’être palpitant entre ces deux grandes formations qui ont fait du suspense le fil rouge de leurs oppositions.

Si les Brestoises à l’aller en septembre avaient pensé mettre Gyor dans les cordes en menant de cinq unités à l’entrée des dix dernières minutes, ce sont cette fois les Hongroises qui estimaient sans doute avoir fait le plus dur en créant un petit break au cœur de la deuxième période (23-20, 46e). Insuffisant dans les deux cas. « La première mi-temps avait été pour nous mais on était à 15-15 à la pause parce qu’on était tombés dans un faux rythme, on ne jouait pas bien certaines balles, rembobinait Laurent Bezeau. En deuxième, Gyor était très bien et quand on a été menés de trois buts, ce qui a été intéressant c’est que les filles n’ont jamais paniqué, elles ont été patientes et ont construit ce retour avec beaucoup de sérénité et de détermination ».

De belles séquences défensives, une Cléo Darleux très inspirée (2 arrêts sur jets de 7 mètres notamment) et un jeu d’attaque intelligent ont permis au BBH de ne jamais couler même quand les vents étaient bien contraires. « Brest a livré un super combat et une grosse performance, reconnaissait d’ailleurs Gabor Danyi. On n’a pas joué à un haut niveau de handball mais nos attitudes et notre état d’esprit était bons. Ce nul est juste comme d’habitude je pense ». Il est bien sûr tentant d’imaginer maintenant ce que pourrait donner ce collectif brestois au complet avec les retours de Kali Niakaté et plus tard Monika Kobylinska. « C’est clair qu’elles nous manquent, concluait Laurent Bezeau. Tu te dis toujours que tu pourrais être meilleur avec des joueuses de cette qualité. Mais tu te rends compte aussi que ce soir on a joué en équipe et c’est toujours l’équipe qui gagne. Avec Kali et Monika, on sera potentiellement plus forts mais il faudra être capables de sortir les bons arguments collectifs ».

Ce BBH-là a en tout cas montré qu’il disposait d’une assise suffisante pour pallier des forfaits et affronter ce qui se fait de mieux en Europe. Reste maintenant à répéter ce genre d’exploits pour qu’ils ne portent plus ce nom.


GYOR – BREST : 27-27 (15-15)
GYOR : Glauser (g.), Leynaud (g.), Solberg (g.), Edwige (2), Brattset (2), Hansen, Görbicz, Cseko, Oftedal (2), Amorim (7), Kristiansen (7), Lukacs (4), Fodor (2), Nze Minko (1), Faluvegi. Entraîneur : G. Danyi.
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny (1), Toublanc (2), Tissier (2), Gros (5), Gulldén (4), Lassource (5), Catani, Pop-Lazic (1), Foppa (1), Jaukovic (4), Loseth, Coatanéa (2), Jarrige. Entraîneur : L. Bezeau.