BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

22.11.20 | En vraies patronnes !

Le Brest Bretagne Handball a parfaitement conclu son année 2020 en s’imposant dans les grandes largeurs face à Odense, l’un des gros morceaux du groupe (32-21). Déjà victorieuses avec maîtrise au Danemark le mois dernier, les Rebelles ont donc remis ça grâce à une seconde période durant laquelle elles ont littéralement marché sur des Scandinaves tombées sur une grande Sandra Toft. C’est le quatrième succès consécutif en Ligue des Champions pour un BBH plus que jamais dans la course aux deux premières places de la poule.

C’est certainement le genre de match qui aurait dans un autre temps enflammé l’Arena et poussé les décibels au-delà même du raisonnable. Pour leur première à huis clos, les Rebelles n’ont pourtant pu célébrer ce solide succès qu’entre elles au bout des 60 minutes, privées d’une communion avec leurs chers supporters. Mais si l’euphorie était donc restée à la porte de l’écrin brestois, elles ont au moins pu savourer un travail bien fait, une affaire rondement menée, et pu vérifier que la sérénité qui les porte depuis quelques semaines sera leur meilleure arme pour la suite de la saison. Avant la tenue (encore incertaine) d’un Euro au Danemark, il fallait (bien) clore une année 2020 qui restera pour toujours spéciale. La large victoire et l’absence de casse dans les rangs finistériens témoignent d’une mission réussie.
« On est très heureux parce qu’on savait que cette rencontre serait importante pour la suite de la saison, pouvait lâcher Laurent Bezeau. C’est toujours difficile avant une compétition internationale parce que la fatigue est là et il peut y avoir quelques pensées déjà tournées vers l’Euro ».

Si c’était le cas, alors ça ne s’est pas vraiment vu ! Même si les Brestoises ont été accrochées pendant trente minutes, elles ont ensuite accéléré brutalement et laissé les Scandinaves sur place. La seconde période des Rebelles est ainsi à montrer dans toutes les écoles de handball de par son intensité défensive et sa gestion intelligente des temps d’attaque. Dépassées, impuissantes, les Danoises ont connu un trou d’air énorme, privées de buts pendant…seize minutes. La faute à une défense féroce bien sûr mais aussi à une Sandra Toft génialissime (18 arrêts) qui avait déjà commencé le boulot en première mi-temps. Élue joueuse du match, sans trop de suspense à vrai dire, la gardienne du BBH alternait entre calme et sourire malin en conférence de presse : « Je suis fatiguée et heureuse. C’est sympa de terminer la première partie de la saison par une victoire et je suis aussi contente d’avoir battu une équipe danoise. J’ai aimé la manière dont on a contrôlé le match et notre capacité à augmenter l’écart ».

De sa cage, entre deux arrêts bien sentis, elle a en effet eu tout le loisir d’observer l’appétit de ses coéquipières en attaque durant la seconde période, promptes à faire fructifier l’excellent travail défensif. Elle a même eu l’opportunité de punir quelques séquences à 7 mal gérées par Odense pour inscrire un doublé à 40 mètres, donnant à la sanction brestoise des airs de punition (23-15, 45e). Alors que les Scandinaves avaient plutôt bien mené leur barque jusqu’au repos atteint sur un score qui se tenait (15-13, 30e), elles allaient disparaître pendant 20 bonnes minutes face à un BBH qui avait réglé ses problèmes de repli. « On a eu du mal à entrer dans le match, on manquait de rythme, rembobinait Laurent Bezeau. On sortait d’une semaine difficile et c’est là qu’on a pu profiter du travail réalisé depuis le 6 juillet. On a montré qu’on était bien en place et je trouve que quand on est dans la difficulté, il se dégage tout de même une forme de sérénité. C’était bien de mener de deux buts à la pause. Ensuite Odense a perdu ses bonnes attitudes et on a été incroyables en défense ».

« On ne peut pas faire autant d’erreurs contre des joueuses de ce niveau car on est punis immédiatement, analysait lui le coach Ulrik Hansen. On est vraiment très déçus par le résultat parce qu’on avait un bon feeling avant le match, on pensait qu’on pouvait faire quelque chose ici. Mais Brest a contrôlé la rencontre avec beaucoup de qualité, des choix intelligents, notamment en un contre un. On a été mis sous pression ».
Déjà dominateur face à cette équipe le mois dernier au Danemark, le Brest Bretagne Handball a en tout cas confirmé sa montée en régime et le palier passé en Ligue des Champions face à de solides formations. Avec quatre succès consécutifs, c’est bien l’une des deux premières places du groupe qui peut être espérée à l’issue de la phase régulière. Au plus grand bonheur du coach Laurent Bezeau : « J’ai dit aux filles avant le match qu’on avait l’occasion de finir 2020 sur une très belle note et de se projeter avec ambition et assurance sur la deuxième partie de la saison. Il y a une vraie dynamique collective et les joueuses sont contentes d’être ensemble, ça se voit ». Certaines vont pourtant devoir se séparer momentanément, le temps d’un Euro dont la tenue n’est pas encore confirmée d’ailleurs. Le retour à Brest ne manquera pas de piment avec une première semaine de janvier qui verra à son menu la réception de Metz et un déplacement à Moscou. Copieux après les fêtes !

BREST – ODENSE : 32-21 (15-13)
BREST : Toft (g., 2), Quiniou (g.), Darleux (g.), Mauny (2), Toublanc (2), Tissier, Gros (6), Gulldén (3), Lassource (2), Niakaté (6), Catani, Pop-Lazic (3), Foppa (4), Jaukovic (1), Coatanéa (1), Jarrige. Entraîneur : L. Bezeau.
ODENSE : Reinhardt (g.), Wester (g.), Aambakk (2), Cohrt (3), Abbingh (2), Johansen (1), Quintino (2), Iversen (2), Groot (1), Larsen, Hald, De la Cour (1), Ikehara (1), Hojlund (1), Wallen, Elver (5). Entraîneur : U. Hansen.


(crédit photos : O. Stephan/BBH)