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20.04.20 | Gaëlle Le Hir : « J’aurais aimé dire au revoir différemment »

Elle n’ira pas plus loin, elle l’a annoncé il y a quelques jours après la décision de la Fédération de stopper la saison en cours. Gaëlle Le Hir va donc mettre un terme à sa carrière professionnelle, d’une façon particulière dans le contexte troublé actuel. Alors qu’elle atteindra la trentaine le mois prochain, elle va se consacrer à une nouvelle aventure, entre un métier « normal » et sa vie de famille mais elle l’a promis, elle reviendra volontiers soutenir son club de cœur à l’Arena dès qu’elle en aura l’occasion. C’est après tout ici qu’elle a connu les meilleurs moments de sa carrière et notamment ce titre en Coupe de France en 2016 dont elle se souvient comme si c’était hier…

« Gaëlle, tu as annoncé il y a quelques jours ta retraite sur les réseaux sociaux. C’était déjà dans ta tête depuis un moment ?
- Oui, depuis le mois de janvier. C’est une décision qui vient de moi et j’en avais un peu parlé avec Laurent (Bezeau) et Jean-Luc (Le Gall) en décembre. À ce moment-là, j’avais des doutes sur le fait de repartir pour un an. Je n’avais plus l’impression d’apporter vraiment quelque chose à l’équipe. Je me posais la question et je me disais aussi que si j’avais déjà cette sensation, ça n’aurait pu que s’accentuer encore par la suite. J’avais peur de faire la saison de trop. J’ai aussi eu l’impression depuis juillet que les éléments se sont déchaînés contre moi parce que j’ai démarré la préparation estivale en me faisant la cheville et à la fin de celle de décembre, j’au aussi eu des soucis de santé. Au final, je n’ai pas fait beaucoup de handball.

- On suppose que terminer de cette manière n’était pas vraiment envisagé au départ non plus…
- Mais personne n’avait prévu ce qui allait arriver ! Étant de Brest et ayant vécu mes plus beaux moments ici, j’aurais aimé pouvoir dire merci et au revoir au public différemment. Je me dis aussi que ça aurait pu être beau de terminer avec un quart de finale de Ligue des Champions, un Final Four peut-être, éventuellement un titre en France… Ça aurait pu boucler la boucle.

- Quel est ton avis sur ce qu’on vit en ce moment ?
- C’est historique, tout simplement. Je pense que la meilleure des choses est d’écouter les gens compétents en la matière et de rester chez nous. En Bretagne, on a de la chance entre guillemets car on a peu de malades. Quand je discute avec des gens de Paris qui sont dans leur appartement et qui entendent des ambulances passer toute la journée…

- Tu as déjà prévu quelque chose pour la suite ?
- Je n’ai rien acté pour le moment, rien n’est signé. Je ne sais pas encore dans quel domaine aller. J’ai une licence pro Métiers de la Forme et une licence en Management du Sport. En dehors du handball, je n’ai travaillé qu’avant d’être pro, il y a une dizaine d’année. Je faisais du coaching en entreprise sur les troubles musculo-squelettiques notamment mais c’était pendant mes études.

- Le handball, c’est définitivement terminé ?
- Pour l’instant dans ma tête, oui. Je veux prendre le temps de faire d’autres sports. Pour le hand, je ne sais pas si c’est pour toujours, peut-être qu’un jour je le ferai ailleurs pour le plaisir, avec les copines, mais dans l’immédiat c’est fini.

- Que garderas-tu de tes années BBH ?
- La saison de ma vie, c’est celle en 2015/2016 avec le grand moment marquant, la finale de la Coupe de France à Bercy. Mais il y a aussi tout le parcours qu’on avait fait avant. On en reparle encore maintenant avec les filles et il y a finalement peu de survivantes de cette époque encore dans le hand aujourd’hui. Cette saison nous avait offert des instants incroyables, il y avait une ambiance sensationnelle. Je me souviens des moustaches de Laurent à Bercy, des présidents Gérard et Denis qui étaient venus faire péter le champagne dans le vestiaire avec nous après la victoire en demi-finale contre Metz… Et puis on était invincibles !

- Tu as un mot pour les supporters ?
- Je veux juste qu’ils restent comme ils sont parce qu’on n’a jamais vu une telle ambiance où qu’on aille en France ou en Europe. Aujourd’hui, il y a des joueuses qui viendraient au BBH juste pour évoluer à l’Arena et connaître cette ambiance de feu. Je reviendrai bien sûr voir des matches et saluer les supporters. Je suis fière en tout cas d’avoir fini à Brest car j’ai toujours défendu le club dans tout ce qu’il faisait et je trouve qu’il renvoie une super belle image de la ville et de la Bretagne ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)