BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

19.05.21 | Le coup de bambou

Le Brest Bretagne Handball n’y était pas lors de la finale aller de Ligue Butagaz Énergie. Émoussées, dominées physiquement et menées toute la partie, les Rebelles ont concédé un lourd revers à Metz (31-24) qui les forcera à sortir un match énorme dimanche si elles veulent renverser la tendance et décrocher le premier titre de champion du club. Face à ces Dragonnes revigorées, il leur faudra vite refaire du jus et afficher la détermination qui avait été la leur lors des précédentes rencontres maîtrisées face aux Messines. Haut les cœurs, ce n’est que la mi-temps !

La victoire en Coupe de France le week-end dernier aura donc peut-être été le cadeau empoisonné que certains pouvaient redouter. Poussées par les Nantaises à effectuer un match plein, les Brestoises ont sans doute payé ce mercredi leur débauche d’énergie victorieuse et probablement également l’enchaînement de trois déplacements en une semaine à un moment où la difficulté des rencontres monte de plusieurs crans. Débordées physiquement par un collectif messin au taquet, les Rebelles ont couru après le score de la première à la dernière minute et si un retour à deux unités au cœur de la deuxième période a pu laisser espérer un petit écart à la fin du match, une nouvelle accélération messine a finalement placé la différences à sept buts. « On est tombés sur une très belle équipe de Metz ce soir, relatait Laurent Bezeau. Physiquement, on s’est fait marcher dessus. On avait fait le constat à l’entraînement qu’on n’avait pas de jus et on n’a pas tenu. Et quand tu sens que tu es en train de te noyer, tu finis par plonger. On a eu des balles pour revenir à 5 buts, ce qui n’aurait pas été trop mal au regard du match, mais ça finit à 7 et ce n’est pas pareil ».

Écorchées lors des précédentes confrontations avec le BBH, les Messines ont elles parfaitement relevé la tête et mis sous pression des Brestoises avant le retour dans le Finistère dimanche. Pour changer le sens du vent, il faudra que les Rebelles sortent le grand jeu. « Mais ça ne va rien changer à notre préparation, assurait Emmanuel Mayonnade. La confiance, ça va, ça vient. On va jouer notre match et on verra bien. Aujourd’hui, on n’est pas surpris de l’écart, et on ne l’était pas non plus quand on en avait pris 10 là-bas. Je pense que la vérité se situe entre les deux. En tout cas, on n’a rien calculé du tout et je ne pense pas non plus qu’on ait inversé quoi que ce soit avec ce résultat. On savait juste qu’on était capables de le faire ». Convaincues en effet, les Lorraines ont mis tout de suite la tête dans le guidon et très vite forcé les Rebelles à perdre des ballons et opter pour des choix difficiles en attaque. « On a connu un match extrêmement difficile face à une équipe de Metz très conquérante qui a très bien défendu, avec beaucoup d’agressivité et un bloc qui nous a surpris, reconnaissait Laurent Bezeau. On a eu du mal à marquer des buts et j’ai trouvé que défensivement on n’était pas en lien, que les filles s’exprimaient les unes après les autres et pas ensemble ».

Avec 16 buts concédés au repos, la barre était déjà bien trop haute par rapport aux standards qu’avait su s’imposer le BBH face à Metz cette saison. En 5 confrontations, jamais les Dragonnes n’avaient réussi à inscrire plus de 23 buts et cela avait grandement orienté les bons résultats successifs. Micijevic, Stanko, Nocandy et Luciano ont cette fois eu beaucoup plus de liberté. « On a fait le match qu’on voulait faire, résumait Emmanuel Mayonnade. Brest a eu ses temps forts, on a eu les nôtres mais on a plus ou moins stabilisé l’écart le plus conséquent qui était de +8. C’était assez intéressant et ça a été une rencontre relativement linéaire de notre part, on a rarement pris des trous d’air, ce qui nous avait fait défaut auparavant ».

Le passage à vide a en effet été côté brestois. Si bon an mal an, les Rebelles étaient parvenues à rester au contact à la pause (16-13, 30e), elles n’ont en revanche pas pu éviter un énorme trou d’air par la suite. Une faute de carre qui a permis à Metz de s’envoler et de mettre l’argent à la banque (20-18, 42e ; 26-18, 51e).

La note finale place en tout cas le BBH au pied du mur avant le dénouement dimanche dans une Brest Arena qui retrouvera de la voix après plusieurs mois de huis clos. Pour ce groupe de compétitrices, la mission n’est sûrement pas impossible et si les ingrédients sont mis, il n’est pas interdit d’être optimiste. « C’est un gros coup sur la tête parce qu’on avait vraiment bien joué et brillé sur les 5 précédents matches, concluait Laurent Bezeau. Il y a un retour maintenant et il nous appartient de nous mobiliser pour essayer d’inverser la tendance. On doit faire un gros match devant notre public ».

Pas le choix en effet, le Brest Bretagne Handball sera attendu au tournant ce dimanche et devra sortir sa meilleure partition s’il veut renverser la vapeur et enfin chiper la coupe dans la vitrine messine. 


METZ – BREST : 31-24 (16-13)
METZ : Eckerle (g.), Kapitanovic (g.), Micijevic (5), N’Gouan (3), Nocandy (6), Houette (2), Bont (1), Stanko (7), Burgaard (3), L. Kanor, Sajka, Luciano (4), Dembélé, Perederiy. Entraîneur : E. Mayonnade.
BREST : Toft (g.), Darleux (g.), Mauny, Toublanc (3), Gros (10), Gulldén (1), Lassource (2), Niakaté (1), Catani, Pop-Lazic (1), Foppa (1), Jaukovic (3), Loseth, Coatanéa (2). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Bertrand Delhomme / LFH)