BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

18.10.20 | Un problème insoluble

Après huit matches d’invincibilité, le Brest Bretagne Handball a cédé ce dimanche dans son Arena face au CSKA Moscou (28-30). Face à des Russes par moments impressionnantes et en pleine réussite, les Rebelles, privées de quatre des leurs, ont lâché prise avant le repos puis ont tout le temps couru après le score, commettant trop de petites erreurs pour surpasser leurs adversaires. Ce premier faux pas ne remet pas en cause le solide début de saison du BBH qui enchaînera la semaine prochaine avec Besançon à la maison et Odense au Danemark.

« Je n’ai pas honte de perdre contre Moscou, c’est une très belle équipe qui peut aller loin dans la compétition ». Laurent Bezeau a tenu à resituer en conférence de presse le premier revers du Brest Bretagne Handball cette saison. Le puissant CSKA Moscou n’est pas qu’un nouveau venu dans la compétition reine en Europe, c’est aussi devenu en quelques semaines l’un des prétendants au moins aux quarts de finale, si ce n’est plus. Cornaquées par le Danois Jan Leslie, dont l’expérience à Rostov il y a trois ans avait moins bien fonctionné, les Moscovites affichent un mélange détonnant de fraîcheur, d’expérience, de culot et bien sûr de talent. Entre les courses croisées permanentes et les bras efficaces aux trois postes de la base arrière, la défense brestoise a été mise sur le gril durant 60 minutes. Avec une réussite fluctuante. « On a pris beaucoup trop de buts pour gagner ce match, tranchait Laurent Bezeau. On en marque 28, c’est bien, mais tu ne peux pas gagner contre Moscou en en encaissant 30 ».

Déterminées et insouciantes, les filles du CSKA ont allumé des mèches de tous les endroits du terrain avec une remarquable efficacité. « Elles sont en pleine confiance, il y a une sorte d’euphorie et ça ressemble un peu à ce qu’on avait réussi à faire à la même époque il y a un an », ajoutait le coach brestois. S’il est premier en France avec un bilan parfait et toujours bien sûr dans le coup sur le continent, le BBH ne vit pas lui la meilleure de ses périodes. Diminuées par les blessures de quatre professionnelles (Kobylinska, Loseth, Lagattu, Tissier), les Rebelles sont aujourd’hui bien heureuses d’avoir commencé la saison à 18. « Je ne connais pas beaucoup d’équipes qui ne subiraient pas de dégâts sportifs avec quatre filles sur le carreau, argumentait Laurent Bezeau. On est dans un moment difficile et il y a de la fatigue. Mais j’ai aussi envie de féliciter mon équipe car elle a eu l’esprit de combat jusqu’au bout ».

Effectivement, les troupes finistériennes, qui avaient déjà connu deux beaux éclats mercredi dernier contre Nantes, n’ont jamais abdiqué malgré un premier écart conséquent avant la pause (12-17, 29e) et un deuxième plus embêtant avant le dernier quart d’heure (20-24, 44e). La faute à un manque de lucidité, à des ballons perdus inhabituels et une bonne Masson dans la cage russe. « Notre équipe n’a pas été au top tout le match mais elle a su jouer avec sérénité quand elle en a eu besoin, pouvait se féliciter Jan Leslie. C’était nécessaire parce que Brest nous a mis sous pression. On a donc fait du bon travail et c’était important de déstabiliser le plus possible notre adversaire qui avait déjà joué mercredi. On a aussi eu des filles qui ont su prendre leurs responsabilités et s’élever au bon moment ».

Le public de l’Arena a ainsi pu constater le côté clinique de Vedekhina en début de match puis plus tard l’énorme talent de Mikhaylichenko, née en 2001 mais qui joue déjà comme une grande. Avec une solide Heindahl au pivot et une très active Ilina à la mène, c’était donc une équation à multiples inconnues pour le BBH. À la gnaque, Jaukovic & Co ont bien cru un moment qu’elles allaient pouvoir revenir (20-21, 41e) mais l’euphorie de l’Arena a vite ensuite été calmée par quelques missiles russes. L’histoire de cette rencontre en quelque sorte entre une équipe à qui tout réussit et une autre un peu plus dans le dur. « Depuis quinze jours, on a accumulé les pépins et c’est maintenant qu’on doit être solidaires et s’accrocher pour aller vers autre chose », concluait Laurent Bezeau. L’autre chose, c’est déjà Besançon mercredi avant de s’envoler le week-end prochain pour le Danemark et une autre joute de haut niveau à Odense.
 
BREST – CSKA MOSCOU : 28-30 (13-17)
BREST : Toft (g.), Darleux (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Toublanc (2), Gros (6), Gulldén, Lassource (4), Niakaté (6), Catani, Pop-Lazic (1), Foppa (2), Jaukovic (5), Coatanéa (1), Jarrige. Entraîneur : L. Bezeau.
CSKA MOSCOU : Masson (g., 1), Utkina (g.), Gorshkova (5), Zhilinskaite, Mikhaylichenko (7), Gorshenina (2), Vedekhina (4), Sudakova, Markova, Chigrinova, Jacobsen, Ilina (3), Heindahl (4), Skorobogatchenko, Illarionova (1), Ristovska (3). Entraîneur : J. Leslie.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)