BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

15.05.21 | L'histoire d'amour continue !

À l’usure, le Brest Bretagne Handball est venu à bout de Nantes (37-33) pour s’adjuger la troisième Coupe de France de sa jeune histoire. Après 2016 et 2018, c’est donc une fois de plus la confirmation de l’idylle entre le club et cette compétition. Tenues en respect trois bons quarts d’heure, les Rebelles ont fait parler leur expérience et leur physique pour petit à petit se détacher et se rapprocher de leur objectif du jour. Un premier grand rendez-vous de mai bien négocié donc qui ouvre l’appétit à quelques jours de la première manche de la finale de LBE à Metz.

Toutes les séries ont une fin, mais si possible pas lors d’une finale. Le Brest Bretagne Handball, qui n’avait jamais été battu par Nantes depuis son accession en LFH en 2016, ne voulait surtout pas entendre parler de ça à l’heure de disputer la première de ses finales printanières. Dans la dernière ligne droite d’une saison déjà somptueuse, les Rebelles devaient ce samedi résoudre une équation nantaise que la large victoire mercredi en championnat face au même adversaire ne rendait pas spécialement plus aisée. Le départ en fanfare du BBH (10-5, 11e) n’aura été qu’un leurre tant le collectif de Laurent Bezeau a dû s’armer de patience pour prendre la mesure de la Team Rose puis progressivement lui faire mettre les deux genoux à terre. « Ça ne fait que légitimer la pratique du handball féminin, acquiesçait le coach brestois. On avait un très bel adversaire face à nous, un adversaire dans une dynamique très positive, avec beaucoup de confiance, de solidarité et un jeu très cohérent. On a été malmenés et il s’en est fallu de pas grand chose mais en même temps, Nantes n’est jamais passé devant ».

Et elle s’est peut-être située là la clé de cette rencontre. Face à une équipe par moments euphorique et surfant sur sa victoire en Ligue Européenne le week-end dernier, il fallait sans doute éviter de trop montrer la voie. Tenaces et déterminées, les Brestoises ont constamment repoussé les velléités de la formation de Guillaume Saurina, même quand le bateau tanguait fort face aux options tactiques nantaises (stricte sur Bella Gulldén, jeu à 7). « Cette finale se joue sur des détails, analysait l’entraîneur du NAHB. Je suis très fier de l’équipe, de ce que nous avons pu proposer. Nous avons tenté des choses, nous avons joué collectivement et sur nos forces. Les filles ont respecté notre plan de jeu et il n’a pas manqué grand chose, un peu d’expérience peut-être. Ce sont les détails qui font la différence dans les grands matches ».

Un peu de tout ça certainement en effet mais aussi le talent de joueuses et au-delà des collectifs, quelques individualités ont particulièrement brillé au Palais des Sports de Créteil pour la distribution de ce premier trophée national de la saison. Si côté nantais, Bruna De Paula et Déborah Kpodar ont chacune eux leur période, on a pu apprécier dans les rangs finistériens le bras d’Ana Gros qui n’a jamais tremblé, le culot de Pauletta Foppa après la pause, un retour prometteur de Kali Niakaté ou encore des ailes efficaces. Interrogé sur la profondeur de son banc, Laurent Bezeau validait la grande richesse de solutions dans il dispose pour faire tourner la machine : « Notre équipe est construite pour atteindre des objectifs. On est contents parce que notre système de performance fonctionne bien pour l’instant ».

Le Brest Bretagne Handball pourra se féliciter d’être allé chercher ce trophée avec patience, passant outre un premier acte façon « portes ouvertes » (20-19, 30e) pour mieux resserrer les boulons par la suite et contenir la fougue nantaise qui n’est jamais parvenue à faire mieux qu’égaliser (22-22, 37e). La maturité et la dynamique présentées par les Rebelles sont des armes de destruction massive mais qu’il faut savamment entretenir au fil des matches. « On est déjà en pleine confiance et avec une forme de sérénité mais cela, il faut le nourrir, avançait ainsi Laurent Bezeau. Tu ne peux le faire qu’avec des victoires parce qu’une défaite peut très vite remettre en cause des semaines de travail ».

La pente en tout cas est belle pour le BBH depuis début mars et ce double succès en Ligue des Champions face aux Danoises d’Esbjerg qui était venu mettre un terme à quelques semaines de flottement. Aujourd’hui, le navire des Rebelles avance fièrement vers ses rêves dorés et va devoir encaisser la haute fréquence de sommets dans les prochains jours. « C’est cool d’avoir gagné et on se dit qu’on ne s’est pas battues pour rien, lâchait la capitaine Coralie Lassource. Ça fait plaisir d’avoir au moins quelque chose cette année mais si on peut être championnes de France également, ce serait top top top ! Dans cette équipe, on est de plus en plus soudées, on a envie de finir en beauté, alors on va savourer ce trophée un peu mais il faudra vite penser à mercredi. Il faudra faire attention parce que quand on gagne quelque chose, on est dans une euphorie et ça peut être dur de revenir sur terre. Mais on est toutes assez intelligentes pour savoir que mercredi ce sera un autre combat et une autre compétition ».

La finale de LBE, parlons-en ! Les Brestoises, de retour en Bretagne dimanche matin, n’auront pas le temps de s’ennuyer avant de remettre le couvert face à Metz. Une rencontre en Lorraine mercredi et un dénouement heureux espéré dimanche prochain à l’Arena, voilà le programme des festivités pour un groupe qui s’impatiente de retrouver son public pour partager avec lui ces si belles émotions. Dimanche, l’Arena ne sonnera pas creux et elles y pensent toutes déjà. « On veut dédicacer cette Coupe de France à nos supporters, lançait Cléo Darleux, le trophée entre les mains. Ils sont derrière nous depuis le début de la saison et ils n’ont qu’une hâte, c’est de fêter ça avec nous ». Les 800 heureux qui prendront place à l’Arena dans une semaine pourraient avoir pas mal de boulot s’ils doivent célébrer également avec leurs chéries un possible titre national. Mais qui va s’en plaindre ?


BREST – NANTES : 37-33 (20-19)
BREST : Toft (g.), Darleux (g.), Mauny, Toublanc (3), Tissier, Gros (9), Kobylinska, Gulldén (1), Lassource (4), Niakaté (5), Pop-Lazic, Foppa (7), Jaukovic (3), Coatanéa (5). Entraîneur : L. Bezeau.
NANTES : Placzek (g.), André (g.), De Paula (7), Hagman (4), Ayglon-Saurina (4), Dancette (2), Finstad Bergum, Gassama (2), Ahanda (1), Mitrovic (1), Kpodar (8), Maubon (1), Escribano, Sylla (3). Entraîneur : G. Saurina.


(crédit photos : Philippe Riou / BBH)