BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

14.10.20 | Une fois devant, c’est suffisant !

Le Brest Bretagne Handball a passé la rencontre à courir derrière Nantes mais grâce à un dernier quart d’heure de folie coiffé d’un 8-1, il a finalement raflé la mise et maintenu son bilan parfait en Ligue Butagaz Énergie. Les trous d’air aperçus en début de match et après le repos ont finalement été effacés par la force de caractère de Rebelles déchaînées dans le money time. Toujours invaincues en France et en Europe, c’est au CSKA Moscou, une autre très belle formation, qu’elles seront opposées dimanche à l’Arena.

Le bonheur, c’est finalement simple comme une interception d’Ana Gros et un but rageur de Coralie Lassource ! On n’a pas encore trouvé mieux pour faire rugir de plaisir la Brest Arena. En LBE, le Brest Bretagne Handball n’avait pas encore connu de vraies secousses depuis la reprise début septembre et ce genre de succès, qu’il est allé chercher au fond de ses tripes, a de fortes chances de laisser de (belles) traces. « C’est sûr qu’avec ce scénario et devant notre public, c’est clairement la plus belle victoire, n’avait pas de mal à admettre Laurent Bezeau. C’est pour ça qu’à la fin on était si heureux. À un moment donné dans le match, on s’est quand même dit « ohlala… » ».

Sans doute même plutôt deux fois car l’évolution du score a semblé presque symétrique lors des deux périodes. Reléguées à -7 assez rapidement (3-10, 17e) puis de nouveau dans les cordes à l’entrée du dernier quart d’heure (18-24, 44e), les Brestoises auraient pu sombrer, lâcher l’affaire et oublier les trois points. Mais il y avait au fond d’elles ce mercredi soir une force incroyable qui leur a permis de sortir des débats avec quasiment le statut de miraculées. « On ne voulait absolument pas perdre à la maison, martelait en conférence de presse Kali Niakaté, grande dame de la rencontre avec un superbe 7/8. On a du mal à démarrer les matches en ce moment mais je retiens la victoire, on y a toujours cru. Personnellement, j’ai profité du travail des demi-centres car il y avait beaucoup de place à l’extérieur ».

Alors que retenir ? Un début de match complètement raté et un gros passage à vide en deuxième mi-temps ? Deux grosses réactions de championnes ? À votre avis…
Les matches sont un enchaînement de temps forts et de temps faibles, l’essentiel étant de minimiser les derniers. Et à ce jeu-là, le BBH a juste mis la dose qu’il fallait, se permettant même de passer devant pour la première fois de la partie à 41 secondes du terme. « Je m’attendais à ce qu’on soit malmenés par Nantes parce que c’est une très bonne équipe mais pas que ce soit aussi largement par moments, reconnaissait Laurent Bezeau. On a fait preuve de caractères. De ce match, on doit retenir le positif, c’est-à-dire la capacité de réagir et d’aller chercher la victoire ».

Le plus marquant aura bien sûr été la fin de ce film à suspense avec un improbable 8-1 concédé par les Nantaises qui avaient jusqu’à là plutôt très bien maîtrisé leur sujet. « On a été devant jusqu’à la 59e minute et ça se joue finalement à une perte de balle, ruminait Guillaume Saurina, pas loin de réussir un super coup avec ses troupes. On a bien géré nos temps forts et on a juste une petite approximation au pire moment. On était là où on voulait être, on ne s’attendait pas non plus à gagner de 10 buts. Je suis en tout cas très fier de mes filles, elles ont fait preuve de combativité, elles ont respecté quasiment à la lettre le plan mis en place tous ensemble. Je veux les féliciter ».

Portées par une défense très compacte dans le secteur central, de la discipline en attaque et une doublette gourmande De Paula – Kpodar (14 buts), les Ligériennes ont sans doute fait tout ce qu’il fallait pour ennuyer un BBH coincé entre deux oppositions de Ligue des Champions (Buducnost dimanche dernier, CSKA Moscou dimanche prochain). Les absences de Monika Kobylinska et Tonje Loseth ont aussi certainement pesé dans la balance d’un ensemble qui cherche de nouveaux équilibres.

« Je pense qu’il y a un peu de schizophrénie dans l’équipe, on est capables de présenter deux visages très différents, avouait Laurent Bezeau. Mais le groupe se construit à travers les épreuves qu’il doit traverser. Il faut ça pour grandir, c’est de cette manière qu’on se forgera une identité. Il faudra quand même faire attention à ne pas trop jouer avec le feu parce que des fois, on ne reviendra pas ».
En attendant, et même si les cardiaques ont forcément souffert pendant 60 minutes, on ne trouvera probablement personne pour se plaindre d’un tel scénario et d’un finish aussi bluffant.

BREST – NANTES : 26-25 (13-14)
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (3), Toublanc (1), Tissier, Gros (3), Gulldén, Lassource (3), Niakaté (7), Catani, Pop-Lazic (2), Foppa (2), Jaukovic (1), Coatanéa (4). Entraîneur : L. Bezeau.
NANTES : Placzek (g.), Fontaine-Carretero (g.), De Paula (7), Hagman (1), Ayglon-Saurina (2), Dancette (3), Kieffer (1), Ahanda, Mitrovic (2), Kpodar (7), Maubon, Godet, Grigel, Sylla (2). Entraîneur : G. Saurina.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)