BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

14.03.21 | Elles étaient en mission

Le Brest Bretagne Handball a validé son ticket pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Déjà dominatrices à l’aller, avec une victoire 33-27 au Danemark, les Rebelles ont cette fois battu Esbjerg à l’Arena (30-27) grâce en grande partie à une première période quasi-parfaite. Un an après, les voilà donc à nouveau dans le top 8 européen qu’elles avaient juste eu le temps d’atteindre en 2020 sans en découdre à cause du début de la pandémie de Covid. Elles retrouveront à ce stade Metz ou Dortmund une fois que l’EHF aura statué sur cette opposition annulée.

Dire qu’elles ont eu peur un court instant serait peut-être exagéré. En difficulté au retour des vestiaires et sanctionnées d’un 8-2 en 12 minutes, les Brestoises auraient pu, en temps normal, commencer à avoir les jambes qui tremblent et le palpitant qui s’emballe. Mais il y avait deux choses à se remémorer à l’heure de s’inquiéter ou pas. Cette embellie danoise intervenait suite à une première période magistrale des Rebelles, ponctuée d’un 19-11 sans appel, et surtout après à un match aller qu’elles avaient également maîtrisé au Danemark (33-27). Alors ce rapproché à deux unités (21-19, 42e) n’était finalement qu’une petite alerte. « Esbjerg a beaucoup mieux défendu à ce moment-là et on a eu une entame poussive, rembobinait Laurent Bezeau. Mais ça peut aussi se comprendre humainement. À la mi-temps, on était quand même à +14 en cumulé. En tout cas, ça remet les choses dans leur contexte : quand on ne met pas les ingrédients, on peut se faire rattraper ».

Tout le monde sera donc d’accord, Esbjerg a réalisé une meilleure seconde période que Brest. Et c’est d’ailleurs ce qui pouvait expliquer la joie nuancée des Rebelles à l’issue de la partie. « Oui, c’était contenu parce qu’on n’était pas très satisfaites de notre deuxième mi-temps, avouait la capitaine Coralie Lassource. On est perfectionnistes donc on a du mal à savourer mais dans une heure on aura oublié (sourire) ». Il n’y avait en effet pas de contestation possible sur cette qualification et le premier à le reconnaître était le coach d’Esbjerg. « Je dois féliciter les Brestoises qui ont su être performantes sur les deux matches, reconnaissait le technicien, également sélectionneur du Danemark. Sur trois périodes, on a été dominés et on doit donc juste réaliser que cette semaine le BBH avait une meilleure équipe. Après le match aller, j’étais impressionné et quand vous perdez de 6 buts à domicile, c’est dur de revenir. On a voulu y croire mais physiquement on a eu du mal en première mi-temps, Sandra Toft a fait aussi un grand match ».

La gardienne brestoise a en effet été la rampe de lancement du récital brestois avant le repos. Avec une défense ultra performante et du jeu rapide à foison, les éventuels doutes que les Danoises auraient voulu instiller dans les têtes brestoises ont vite été chassés. Il n’y avait pour ainsi dire presque rien à jeter dans ce premier acte maîtrisé qui faisait monter l’écart à +9 (19-10, 30e) et baissait le rideau sur la double confrontation tant la mission était devenue impossible pour Esbjerg. « On a eu beaucoup de difficultés à marquer, analysait la demi-centre Sonja Frey. On savait déjà que ce serait difficile en venant ici alors on n’est pas heureuses, on n’a pas joué comme on aurait voulu. Pour se qualifier, notre équipe a manqué de plusieurs choses dans plusieurs situations : l’intensité, l’intelligence, l’énergie et la volonté de gagner ».

Comme c’est souvent le cas depuis le début de cette campagne de ligue des Champions, le Brest Bretagne Handball a donc su être présent au rendez-vous quand il le fallait. Lors du match aller déjà, au cours duquel beaucoup d’illusions auraient pu se perdre, et dans cette énorme entame ensuite qui aurait pu déboucher sur une suite plus tumultueuse. « Jusqu’à présent on est là quand il le faut, confirmait Laurent Bezeau. Ce qu’on s’était dit en tout cas avant ce 8e de finale, c’était qu’en gagnant les deux matches, on serait automatiquement qualifiés. On sait que vouloir gérer un avantage au retour, c’est le meilleur moyen de se prendre les pieds dans le tapis. Je dois aussi dire qu’on a particulièrement bien préparé ce match et je remercie le staff et les joueuses pour ça ».

L’obstacle danois passé, il est maintenant inévitable de penser à la suite. Le BBH est ce dimanche soir la seule équipe qualifiée pour les quarts de finale qui ne connaît pas encore son adversaire. La double opposition entre Metz et Dortmund qui devait se tenir ce week-end à Nancy n’a pas eu lieu et l’EHF doit maintenant prendre une décision pour désigner qui rejoindra les Rebelles dans le top 8 en avril. « Si c’est Metz, on aura au moins une équipe française au Final Four et le handball français en a besoin », avançait à ce sujet Laurent Bezeau. Ce sera quoi qu’il arrive la porte à ouvrir vers un possible Final Four à Budapest. Et à la question si le BBH pouvait y prétendre, Jesper Jensen avait sa petite idée : « Oui bien sûr, je peux imaginer ça sans problème. Brest a une grande équipe et la capacité à élever son niveau quand il le faut. Quand un groupe sait faire ça, vous pouvez vous dire qu’il y a une grande chance de le voir au Final Four ». Une belle promesse mais c’est bien sur le terrain que se gagnera le fameux billet pour Budapest.


BREST – ESBJERG : 30-27 (19-11)
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny (1), Toublanc, Tissier (1), Gros (7), Gulldén, Lassource (6), Niakaté (2), Catani, Pop-Lazic (2), Foppa (3), Jaukovic (4), Loseth (1), Coatanéa (3). Entraîneur : L. Bezeau.
ESBJERG : Poulsen (g.), Granlund (g.), Nielsen (1), Frafjord (3), Breistol (1), Tranborg (6), Jacobsen (3), Halicevic (1), Solberg (3), Pena (1), Jensen (2), Frey (3), Ingstad (3). Entraîneur : J. Jensen.


(crédit photos : Franck Seurot et Loïc L'Huillier / BBH)