BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

10.04.21 | En carré VIP !

C’est historique, le Brest Bretagne Handball disputera le Final Four de la Ligue des Champions à la fin mai. Les Rebelles ont validé leur billet pour Budapest grâce à un match nul enregistré à Metz (26-26), leur permettant largement de conserver leur énorme avance acquise à l’aller (+10). Après une saison dernière prometteuse mais avortée par la Covid et un nouveau parcours très consistant, c’est donc à la table des grandes que les Brestoises se sont invitées, devenant ainsi seulement la deuxième équipe française à réaliser cet exploit. D’ici là, deux autres compétitions seront à disputer et tout ce petit monde devrait repasser par la Lorraine…

C’est l’histoire d’un club pressé et ambitieux. Le Brest Bretagne Handball n’a pas de temps à perdre et l’étape franchie ce week-end est un pas immense dans sa construction. S’il n’a pas connu que des hauts sur la scène européenne, il a en tout cas eu le mérite d’afficher de nets progrès tous les ans depuis sa première participation à la compétition-reine en 2017. Phase de groupes, tour principal, quarts de finale, Final Four… D’une première tentative il y a quelques années où il n’aura quasiment pas existé à une double confrontation remportée avec autorité face à Metz pour s’ouvrir le dernier carré, beaucoup de chemin a été parcouru et personne n’a vraiment envie dans les rangs brestois que la belle aventure s’arrête dès le premier jour dans la capitale hongroise. « On ne peut pas empêcher une équipe ambitieuse, qui travaille dur, de vouloir accomplir ses rêves et aller au Final Four en était un, commentait un Laurent Bezeau tout sourire. Maintenant, on n’a pas l’intention d’y aller pour prendre des photos ».

Conviées pour la première fois à la table des grandes, les Rebelles n’ont pas volé leur place, écartant avec maîtrise les Danoises d’Esbjerg en 1/8 de finale avant d’étouffer Metz à l’aller la semaine dernière. Le retour ce dimanche aura davantage été une histoire de gestion, d’abord parce que l’avance à la pause le permettait (17-14, 30e), ensuite car la maturité collective de ce groupe est aujourd’hui un atout indéniable. « Brest mérite d’y aller, reconnaissait Emmanuel Mayonnade. Cette équipe a mieux joué que nous aujourd’hui et aussi lors des matches précédents. Ce n’est donc pas une surprise pour moi. J’ai tout de même eu la conviction toute la semaine qu’on pouvait faire quelque chose. Mais après quelques minutes, on s’est rendus compte que ce serait compliqué et on a changé les plans pour tenter au moins de gagner le match ». À première vue anecdotique dans une confrontation aller-retour partie sur ces bases, le succès était bien recherché par les deux formations ce dimanche. D’un côté, il y avait la volonté de stopper la série de revers, de l’autre l’envie de laisser l’adversaire en plein doute avant les prochaines échéances.

Et si le BBH a eu la balle de match, c’est bien un nul qui est venu sanctionner les débats. « Ça ne console pas vraiment mais j’ai le sentiment qu’on a fait un petit pas en avant, en espérant ne pas en faire un ou deux en arrière ensuite, poursuivait Emmanuel Mayonnade. Il y a du mieux mais est-ce qu’on peut se gargariser de ça au soir d’une élimination ? On a tout de même quelques éléments qui peuvent nous faire penser que les lendemains seront peut-être un peu plus ensoleillés ». Dans la tête du technicien messin, les prochaines échéances face au BBH en Coupe de France (demi-finale le 24 avril) et probablement en finale du championnat. Car oui, avant d’aller défier le gratin européen à Budapest, deux trophées vont se disputer au niveau national. « On s’est qualifiées, c’est cool, on est contentes, mais le Final Four est dans un mois et demi et il y aura des matches aussi importants avant », rappelait d’ailleurs la capitaine Coralie Lassource, appuyée juste après par son coach : « Le titre de champion de France, ce serait bien de le prendre parce que ça bouclerait de la meilleure manière un cycle pour le club ».

Les deux coaches se serviront certainement de ces quatre rencontres entre Brest et Metz depuis trois mois pour préparer les suivantes et cette dernière opposition pourrait avoir fait avancer le schmilblick côté lorrain, la défense proposée et le jeu d’attaque (notamment à 7) changeant un peu la donne. « On savait que Metz allait tenter un truc de toute façon parce que 10 buts à rattraper, ce n’est pas simple, expliquait Laurent Bezeau. Connaissant Manu (Mayonnade), sa créativité et le fait que c’est l’un des tout meilleurs, j’imaginais bien qu’il allait essayer des choses pour renverser le score. On avait pensé à plein de possibilités, le 7 contre 6 par exemple ou la défense avancée ». Enquiquinées une dizaine de minutes, les Brestoises ont ensuite eu la bonne idée de creuser un écart avant la pause pour s’assurer d’un véritable ascendant psychologique et d’une qualification quasi-ficelée.

« On savait que ce serait compliqué parce que Metz a beaucoup d’expérience dans cette compétition, rappelait Coralie Lassource. On ne se sentait pas en sécurité et malgré les 10 buts d’avance, on était très concentrées. On a essayé de gérer et au final on est très heureuses parce qu’on veut bien finir avec cette équipe qui changera l’année prochaine ». Même privé de Cléo Darleux, Kalidiatou Niakaté, Pauline Coatanéa et Monika Kobylinska (excusez du peu), le BBH n’a donc jamais vraiment tremblé en tuant rapidement le suspense grâce à une grosse maturité et une bonne gestion des temps faibles.

« On n’a pas rempli l’objectif tel qu’il était fixé par le président et la structure, lâchait Emmanuel Mayonnade. Peu importe ce qu’on a fait avant dans la compétition, ça n’a pas d’intérêt pour nous, la triste réalité du soir est qu’on ne jouera pas le Final Four. Il nous reste deux missions maintenant, on va garder le cap, travailler plus ou mieux, ou les deux, et on verra bien ». Côté brestois, même s’il faudra reprendre la route de la Lorraine dans 15 jours pour la demi-finale de la Coupe de France, on n’oubliait pas de savourer cet instant historique à marquer d’une pierre blanche. « C’est incroyable d’aller au Final Four, soufflait Laurent Bezeau. On a progressé chaque saison, c’est une nouvelle étape. Je suis très heureux pour les filles, le club et moi-même parce que c’est mon dernier projet sportif ». Longtemps considéré comme un lointain fantasme, le Final Four est aujourd’hui une réalité pour le Brest Bretagne Handball. Et on l’espère pas une fin en soi !


METZ – BREST : 26-26 (14-17)
METZ : Sako (g.), Eckesrle (g.), Gautschi, Micijevic (7), N’Gouan (3), Nocandy (4), Houette (4), Bont (1), Stanko (2), O. Kanor, Burgaard (2), L. Kanor, Sajka, Luciano (2), Broch, Perederiy (1). Entraîneur : E. Mayonnade.
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny, Toublanc (1), Tissier, Gros (4), Gulldén (2), Lassource (4), Lagattu, Fofana (1), Catani, Pop-Lazic (3), Foppa (6), Jaukovic (5), Loseth, Jarrige. Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Metz Handball et Kevin Domas / Panoramic)