BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

09.09.17 | Elles ont serré la vis

Accrochées en première période et beaucoup trop permissives défensivement, les Brestoises ont parfaitement redressé la barre après le repos et ont su créer un bel écart face au promu Bourg-de-Péage pour décrocher une deuxième victoire à l’extérieur cette saison (24-33). C’est en tout cas encore avec beaucoup de caractère qu’elles ont su corriger leur copie et imposer leur jeu.

À n’en pas douter, on entendra encore parler de Bourg-de-Péage pendant quelque temps. Patiemment construit, le club de la Drôme a accédé cette saison à la LFH et même affublé de la pancarte de petit poucet, on sent que quelque chose s’y passe. Ce samedi, près de 1 500 personnes avaient investi la (trop petite) salle du Vercors pour faire un ramdam fou et soutenir leurs protégées pas spécialement gâtées par le calendrier avec, pour leur entrée dans l’élite, un enchaînement terrible des trois premiers de la saison passée.

Battu par Issy Paris et Metz, le collectif de Camille Comte n’a pas réussi l’exploit de faire tomber le BBH, mais la première mi-temps aura donné bien du fil à retordre aux Bretonnes. « Contre les grosses équipes, on va réussir à lutter mais que sur des séquences, développait le coach de BdP après la partie. Parvenir à rivaliser pendant 30 minutes contre Brest, c’est déjà une fierté pour nous mais on sait que quand les machines se mettent en route ensuite… »

La machine brestoise aura en effet mis 30 minutes à prendre la mesure de son adversaire. Tombées dans le piège du rythme élevé imposé par les locales, les filles du BBH n’ont jamais réussi à décoller le chewing-gum péageois de leurs semelles avant le repos. « J’avais demandé aux joueuses de bien commencer le match et ça a été le cas offensivement puisqu’on marque 18 buts et je ne vois pas ce qu’on aurait pu faire de plus, résumait Laurent Bezeau. Le problème, c’est qu’on se faisait défensivement déborder de partout. Il y a eu des fautes individuelles que je n’avais pas vues depuis que je suis revenu sur Brest ».

Alors à 18-17 au retour aux vestiaires, tout restait à faire malgré une belle copie offensive matérialisée par une intenable Sophie Herbrecht, auteure de six réalisations en première période. Là où les Brestoises allaient être attendues, c’était davantage dans le secteur défensif où une réaction s’imposait. Avec sept unités encaissées simplement durant les 30 dernières minutes, la vis aura finalement été bien serrée autour d’une Cléo Darleux très inspirée qu’on aura vu aussi bien inscrire un but en contre-attaque que réaliser un arrêt dos au ballon.

« Les filles à la mi-temps ont pris conscience qu’on ne pouvait pas prendre 17 buts, ce n’était pas possible, poursuivait le coach du BBH. J’ai vu ensuite beaucoup plus de cohérence en défense et une meilleure gestion des rythmes de jeu. Cléopatre a aussi su en rajouter quand il le fallait. J’ai fait beaucoup moins de rotations en deuxième, peut-être que ça a permis de trouver davantage d’efficacité ». En parlant d’efficacité, Marta Mangué se montrait particulièrement diabolique dans la bonne période brestoise avec 6 buts au compteur (8 au total) et une rage qui faisait plaisir à voir.

« Il faut être conscient que les bonnes joueuses savent faire les écarts, confirmait Camille Comte. Les miennes sont au taquet tout le temps et quand l’adversaire commence à jouer pleinement, c’est trop difficile pour nous. Il faut savoir accepter ça ».
Et si les Drômoises sont toujours à la recherche d’une première victoire dans l’élite, les Finistériennes viennent d’en engranger une deuxième hors de leurs bases. Il faudra maintenant savoir confirmer à l’Arena où c’est parfois plus compliqué. La venue de Fleury samedi prochain apportera déjà un début de réponse.

BOURG-DE-PÉAGE – BREST : 24-33 (17-18)
BOURG-DE-PÉAGE : Carretero-Fontaine (g.), Falcon (g.), Barthélémy (1), Boudard (1), Champion (4), R. Frécon (1), Janjic (5), Lombardo (2), Maurin (1), Sow (2), Takamoud, Turpin (3), Vuillemot (4), Zivkovic. Entraîneur : C. Comte.
BREST : Darleux (g., 1), Idehn (g.), Coatanéa (3), Copy (3), Geiger, Herbrecht (6), Limal (1), Manach-Le Calvé (1), Mangué (8), N’Gouan, Pop-Lazic (4), Prouvensier, Sand (3), Stoiljkovic (3). Entraîneur : L. Bezeau.

ELLES ONT DIT

Sophie Herbrecht :
« C’est vrai qu’on a voulu jouer aussi vite qu’elles et qu’on a pris le problème dans le mauvais sens. Au lieu d’être plus posées et de rester calmes, on s’est un peu enflammées, d’où le score élevé à la mi-temps. En deuxième, on n’en prend que 7, on a redressé la barre comme il fallait. Contre Nice, on avait réagi un peu trop tard, là c’était beaucoup mieux. On progresse, on commence à bien appliquer les consignes de Laurent. Il va falloir encore se focaliser sur les débuts de match pour la suite pour ne pas partir derrière à chaque fois. Personnellement, j’avais besoin d’un peu de confiance, je ne me trouvais pas assez efficace pour l’équipe. J’avais l’impression de ne pas être assez là pour elle. Je voulais faire un gros effort ce soir pour montrer que je pouvais apporter. Je savais que j’allais avoir du temps de jeu, il fallait que j’assure et je pense avoir bien fait mon travail en première. Après, le physique joue sur la deuxième, c’est un peu ma limite, je n’ai plus 20 ans, mais je pense que j’ai su apporter de la confiance aux filles ».

Pauline Coatanéa :
« On a fait une entrée en matière plutôt ratée où on a pris beaucoup de buts et on s’est réveillées en deuxième. On voit que quand on est bien en défense, ça suit en attaque derrière. C’est le troisième match où on a du mal à entrer dedans, il n’y a peut-être pas assez d’agressivité. On retient la réaction à la fin mais on joue à se faire peur quand même. En deuxième, on a montré plus de solidarité en défense, on sortait bien sur les filles dangereuses, et en attaque le jeu était assez fluide, on a été dangereuses sur tous les postes. Ce n’est pas un match pour rien en tout cas, il y a encore des affinités à trouver et de la confiance au début de match, mais il y a eu des choses intéressantes. Personnellement, ça se passe bien, j’arrive un peu à m’exprimer. Il me manque encore quelques contre-attaques, je ne me projette pas assez vers l’avant, mais j’ai envie d’assurer d’abord la défense et quand je serai en confiance, ça viendra ».


Élodie Manach-Le Calvé :
« 17 buts encaissés en première mi-temps… Heureusement qu’on n’en prend que 7 ensuite. On a vraiment réussi à mettre notre patte sur le jeu en deuxième mi-temps, on a géré le rythme et on a vu tout de suite la différence au score. On s’est dit les choses à la mi-temps, on était contentes que ça aille mieux offensivement mais il ne fallait pas non plus que ça n’aille pas de l’autre côté. Il fallait se remettre dedans et ajouter de l’impact. C’était mon premier match depuis plus d’un an, ça fait du bien, j’ai même marqué mon premier but. Aux entraînements, ça se passe de mieux en mieux et il fallait valider ça sur un match. Il y a encore plein de boulot mais c’est parti et ça fait plaisir ! ».


(crédit photos : Rémy Grattessol)