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08.09.20 | Philippe Carrara : « Le train ne passera pas deux fois »

Sans la crise sanitaire et le changement de formule, avec un passage de 12 à 14 clubs, on n’aurait sans doute pas vu dans l’élite cette saison Mérignac, premier adversaire des Rebelles ce mercredi. Son coach Philippe Carrara est d’ailleurs le premier à le reconnaître après un exercice précédent très difficile conclu sur un bilan de 19 défaites en 19 matches. Comme cette opportunité ne se représentera sans doute pas, le technicien girondin et ses dirigeants ont donc pris le taureau par les cornes et renouvelé l’effectif dans les grandes largeurs pour coller davantage aux exigences de la Ligue Butagaz Énergie.


« Comment la sentez-vous cette saison qui s’annonce spéciale sur le plan de l’organisation ?
- On a pu s’en apercevoir dès le début qu’elle serait particulière et avec déjà une prépa très longue. Il a fallu qu’on établisse un protocole de réathlétisation progressif. On avait des joueuses qui étaient dans la nature depuis trois mois et surtout un groupe nouveau avec 12 départs et autant d’arrivées. Il a fallu mettre les choses en place avec une adaptation permanente. En tant que coach, c’est mon quotidien depuis que j’entraîne au haut niveau mais ce qui se passe est quand même inédit. Il faut passer les bons messages auprès des joueuses pour leur expliquer les choses, changer certaines habitudes, sensibiliser en permanence.

- Mérignac aujourd’hui sur la ligne de départ de cette Ligue Butagaz Énergie est-il un club miraculé ?
- Ah oui, forcément ! S’il y a bien un club qui a profité de la situation, c’est le nôtre. On était à 19 matches / 19 défaites, on courait tout droit vers la dernière place qui devait nous conduire en Division 2. Cette nouvelle formule nous a été favorable. Mais le train ne passera pas deux fois donc c’est à nous de saisir cette opportunité. On a restructuré l’équipe, le club a aussi évolué pour ne pas revivre la même saison et aborder celle-ci différemment.

- Justement, quel degré d’utilité donnez-vous à la saison qui vient de se passer afin de pouvoir avancer dans celle qui arrive ?
- On a vu qu’on devait opérer une restructuration. Le club s’est retrouvé deux ans de suite champion de France de D2, il n’avait peut-être pas imaginé ce qu’était le haut niveau. Il a fallu gérer également le passage de l’habitude des victoires à celle des défaites, gérer le statut des joueuses, certaines travaillant à côté. Si on veut se donner les moyens de pouvoir exister, il faut franchir un cap et on a commencé à le faire en construisant un effectif avec davantage de professionnelles, à savoir 13 au lieu des 10 de la saison passée.

- Parlez-nous un peu de ce recrutement qui a été très actif avec 12 arrivées…
- On a pris des joueuses d’expérience. On a aussi le retour de maternité d’Audrey Deroin qui nous avait fait défaut la saison passée. On peut presque la considérer comme une recrue, elle pourra en tout cas nous apporter à plusieurs postes. On a aussi fait venir Julie Dazet (Dijon), Sabrina Zazai (Fehervar, HON), les gardiennes Léna Le Borgne (Dijon) ou Hélène Falcon (Toulon Saint-Cyr) qui ont l’habitude de la Division 1. Et puis on aura des jeunes joueuses qui étaient au pôle de Bordeaux et qui vont venir grandir l’effectif.

- Quand on n’a pas un budget démesuré comme Mérignac et qu’on sort d’une saison très difficile, quels sont les arguments que vous pouvez avancer pour attirer des joueuses ?
- Il y a plusieurs choses qui sont les aspects géographique, économique et affectif. La localisation, on l’a et l’affectif aussi, certaines filles ayant déjà évolué ensemble par exemple. Pour le côté économique, disons que ce n’est pas chez nous qu’il faut venir si on veut faire de l’argent mais il peut tout de même y avoir l’envie de s’inscrire dans un projet, de faire grandir le club, d’avoir du temps de jeu et de l’exposition. Tous ces critères peuvent inciter une joueuse à nous rejoindre à Mérignac.

- Y a-t-il de la place pour s’inscrire au haut niveau et de manière pérenne à Mérignac et dans la région ?
- Oui mais la marge de manœuvre n’est pas aussi grande que cela. Quand on voit des clubs qui viennent de monter comme Plan-de-Cuques ou Saint-Amand, il y a un passé, des structures. On ne veut pas être les dindons de la farce et finir à la 14e place et pour ça, on doit enclencher très vite une victoire pour pouvoir briser dans les têtes ce qui s’est passé l’année dernière.

- Il y a un an, vous aviez déjà disputé votre premier match à domicile contre Brest…
- C’est ce qui peut se faire de mieux avec Metz. C’est du très haut de tableau, de la Ligue des Champions. Pour lancer une saison à domicile, sans se mettre trop de pression, c’est l’idéal. Ça va permettre de recréer un engouement pour les gens après une longue période sans handball. On va se jauger par rapport à une équipe qui va jouer le titre et l’Europe. C’est bien de recommencer par Brest, je vois ça d’un très bon œil, en tout cas je préfère jouer ce match maintenant que plus tard dans la saison ».