BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

07.05.22 | C'était mission impossible

Le Brest Bretagne Handball ne retournera pas cette saison au Final Four. Après le nul enregistré lors du match aller, les Rebelles sont tombées sur une très grande cuvée d’un Gyor poussé par une énorme ambiance dans son Audi Arena. Rapidement distancées, moins féroces en défense qu’elles ne l’avaient été une semaine auparavant, elles n’ont jamais vraiment pu inquiéter le quintuple champion d’Europe qui rejoindra donc Budapest le mois prochain pour aller chercher un nouveau sacre. Le BBH a maintenant trois semaines pour finir de la meilleure des manières sa saison en Ligue Butagaz Énergie avec dès mercredi le choc face à Metz à l’Arena.

« Je suis désolé mais vous savez, quand elles jouent comme cela… ». En conférence de presse, Ambros Martin, mine décontractée et sourire facétieux, n’affichait peut-être pas de la surprise d’avoir vu son équipe à ce niveau-là mais un brin d’admiration teintait tout de même ses propos. Comme les 5 000 fans jouant avec les records de décibels pendant une heure, il avait été aux premières loges pour voir son équipe dérouler son meilleur handball face à des Brestoises qui avaient là la confirmation que jouer Gyor dans sa salle en quart de finale de Ligue des Champions, c’est tout sauf coton.  « On savait que ce serait compliqué, soufflait un brin fataliste Coralie Lassource. C’était un match aux portes du Final Four, on se doutait qu’il y aurait une ambiance de folie et qu’elles allaient être survoltées après le match de la semaine dernière. On a pris 20 buts en première période, c’était 21 à l’aller sur toute la rencontre… » Le BBH avait conscience qu’une qualification passerait par une performance défensive au moins aussi bonne qu’elle l’avait été à Brest quelques jours auparavant. Il n’en fut rien, les Hongroises, sans doute piquées au vif, enchaînant les assauts avec réussite sur la cage brestoise. « On avait déjà vu de quoi Brest était capable et la semaine avait été très longue pour chercher des solutions », argumentait une Stine Oftedal retrouvée (9 buts) après sa copie blanche à l’aller. « Il y avait beaucoup de tension, enchaînait son coach. Les Brestoises nous avaient montré combien il était difficile de les jouer, qu’il fallait être au mieux pour que ça passe. C’est incroyable car enfin une équipe a gagné dans un duel entre Brest et Gyor ! » (rires).

Les bons mots du technicien espagnol étaient sans doute à la mesure de son soulagement d’avoir passé l’écueil d’une sorte de bête noire pour ses troupes. Et les Magyars ont fait ce qu’il fallait pour cela. « Le projet, c’était d’essayer de les pousser dans leurs retranchements le plus longtemps possible, avouait de son côté Pablo Morel. On savait qu’on avait réussi un peu à les faire douter et que la pression était chez elles. Ça aurait pu fonctionner si on les avait emmenées au coude à coude dans les dix dernières minutes et c’est sans doute pour cela qu’elles ont commencé aussi fort pour creuser un écart ». Déterminées, les Hongroises n’ont en effet pas laissé de round d’observation aux Brestoises, appuyant tout de suite là où ça faisait mal et punissant chaque perte de balle adverse (10-6, 13e ; 15-9, 23e). « On a manqué d’agressivité et on a peut-être lâché dans le sens où on n’a pas su marquer des buts qui auraient pu nous rassurer, poursuivait Coralie Lassource. Ça nous a un peu accablées et pris de l’énergie ». Pourtant, à quelques encablures de la pause, les Rebelles étaient toujours dans le match (15-11, 25e) mais le coup d’accélérateur placé par Gyor à ce moment-là a peut-être définitivement scellé le sort du match (20-12, 30e). La cocotte-minute de la Audi Arena avait déjà explosé, les fans magyars sentant le Final Four se rapprocher à grands pas. De l’avis d’observateurs locaux, cela faisait belle lurette que le niveau sonore n’était pas monté aussi haut. Alors le BBH allait peut-être mourir, mais les armes à la main. Il n’y a de toute façon pas de honte à s’incliner contre plus fort que soi. « On a essayé plein de choses pendant ce match, confirmait Pablo Morel. C’était frustrant parce que quand on trouvait une solution, Gyor en trouvait une autre et c’était du coup un peu sans fin. Elles ont toujours eu les clés ».

Avant le temps des analyses et des débriefings, c’était bien la déception qui habillait les visages brestois. Auteur d’un véritable exploit la saison passée en sortant l’ogre hongrois en demi-finale du Final Four, le BBH n’a pas pu cette fois réitérer la performance. « Et la défaite est dure parce que l’écart est important et que ça marque la fin de notre saison de Ligue des Champions, une compétition à part dans laquelle on voulait aller le plus loin possible, ajoutait Pablo Morel. On est tombés sur un Gyor des très grands jours qui a évolué à son meilleur niveau dans une ambiance incroyable. On a parfois fait trop d’erreurs, notamment face aux gardiennes, et on n’a pas su reproduire la même performance défensive qu’à aller. Ça devait passer par là. Mais on n’a pas à rougir de notre parcours, l’état d’esprit a été jusqu’au bout à l’image des valeurs du club. On continue à apprendre ». Le Brest Bretagne Handball se stabilise en tout cas au plus haut niveau européen en ayant atteint pour la troisième fois consécutive les quarts de finale et donc le top 8. « Et j’en tire plein d’enseignements, concluait Pablo Morel. Cette campagne de Ligue des Champions a été à l’image de notre saison, faite de constructions, de progressions, de découvertes pour certaines ou certains. La force qu’on a eue a été de tout le temps apprendre de nos erreurs. On a battu de grandes équipes comme FTC, Bucarest, Esbjerg, Odense… On a fait partie des meilleurs et on est finalement tombés contre probablement les meilleurs. Alors on a hâte d’y retourner mais ça passera par une fin de saison déterminante en LBE où il nous reste encore quelques points à prendre pour aller en finale et gagner un nouveau ticket pour la Ligue des Champions ». Un éternel recommencement.


GYOR AUDI ETO KC – BREST BRETAGNE HANDBALL : 35-23 (20-12)
GYOR AUDI ETO KC : Glauser (g.), Leynaud (g.), Solberg (g.), Blohm (4), Schatzl, Hansen (4), Ryu (3), Oftedal (9), Kristiansen, Lukacs (2), Fodor (2), Nze Minko (4), Hafra (1), Faluvegi, Kürthi, Pintea (6). Entraîneur : A. Martin.
BREST BRETAGNE HANDBALL : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (2), Fauske (1), Kromoska, Kobylinska (2), Lassource (1), Niakaté (3), Pop-Lazic, Foppa (5), Loseth (5), Carlson (4), Coatanéa, Jarrige. Entraîneur : P. Morel.