BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

06.11.21 | Du coeur et des tripes !

Le Brest Bretagne Handball sera passé par beaucoup d’émotions face à Dijon mais a finalement pu décrocher un succès très précieux grâce à une dernière ligne droite dominatrice (30-28). Longtemps malmenées, les Rebelles, portées par un public encore fantastique, ont su aller chercher au fond d’elles-mêmes les ressources pour prendre cette victoire qui leur permet de conserver leur place sur le podium. Malgré la fatigue qui accompagne un effectif amoindri depuis plusieurs semaines, il va vite falloir reprendre des forces avant d’aborder le remake de la dernière finale à Metz mercredi.

« On a cru à l’exploit et quand on passe aussi près, ça génère de la frustration. Je suis fier de ce qu’ont fait les filles mais à la fin, c’est la meilleure équipe qui a gagné ». Christophe Mazel, le coach dijonnais affichait un beau fair play à la fin de la rencontre et on aurait sans doute volontiers ajouté à cela le poids d’un public déterminant. Comme mercredi face à Besançon, l’Arena a pesé de tout son poids et l’issue favorable contre les Bourguignonnes n’y est bien sûr pas étrangère. « On est extrêmement soutenus, appuyait en conférence de presse Pablo Morel. On a reçu tellement de nos supporters, ça nous pousse vraiment. Dans la semaine, c’était pareil, tout le monde au club nous a glissé un petit mot pour nous encourager ». Tout ceci est probablement mérité car il faudrait être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir la débauche d’énergie affichée depuis le début de la saison par des Brestoises pas gâtées par les circonstances. Au risque de se répéter, les ouailles des présidents Le Saint ne disposaient pas de toutes leurs forces face à la JDA, comme ça avait été le cas trois jours auparavant. Le retour de Tonje Loseth après plusieurs semaines d’absence, était ainsi « compensé » par le forfait de Kali Niakaté auquel s’ajoutaient celui de Djina Jaukovic, Aïssatou Kouyaté et Monika Kobylinska.

« On a vu que nos jeunes ont très vite tiré la langue ce soir, étayait Pablo Morel. Des filles comme Eva (Jarrige) ou Romane (Kromoska), qui font plus que des efforts depuis le début de saison, commencent à fatiguer. Mais je pense aussi qu’il y a une dimension mentale très importante dans cette équipe, un vrai caractère collectif. C’est la tête qui avance et qui apporte le courage permettant d’aller chercher au-delà ». Dans l’analyse du coach brestois, il y a probablement le souvenir d’un BBH dans les cordes – ou presque – après une entame de seconde période compliquée (17-21, 38e). Dans le contexte actuel, ce débours aurait pu couler le navire. Il a au contraire été le point de départ d’une folle remontée, le long arrêt de jeu suite à la blessure aux cervicales de la Dijonnaise Justine Decugis coupant aussi peut-être les pattes des visiteuses. « Je ne veux pas trouver d’excuses par rapport à cet événement, corrigeait Christophe Mazel. Quand c’est arrivé, on était sur une bonne dynamique et encore devant (18-21, 41e). On a réussi à maintenir un petit écart mais pas à refaire un break qui aurait pu faire douter Brest après Besançon. On n’a pas réussi à les amener là où on voulait, c’est-à-dire sur un dernier ballon à jouer pour décider du match. Il s’en est fallu de peu, c’est assez frustrant ».

Les regrets de la JDA trouvaient sans doute naissance dans le fait qu’avant de reprendre l’avantage (27-26, 57e) sur un but d’Ana Maria Gavric, le Brest Bretagne Handball avait été mené pendant quarante minutes. L’escouade bourguignonne avait le match en main mais l’a vu glisser irrémédiablement dans le dernier quart d’heure. La faute notamment à un meilleur équilibre trouvé par les Rebelles avec les deux ailières Pauline Coatanéa et Alicia Toublanc ensemble sur le flanc droit, quelques arrêts hyper précieux de Sandra Toft ou encore une Helene Fauske intense et percutante dans le money time. « On a été au fur et à mesure capables d’user leur attaque, poursuivait Pablo Morel. On sentait que Dijon était sur le fil et avait de plus en plus de mal à marquer sur jeu placé, c’était en train de basculer. Les filles ont continué à se battre et c’est une belle preuve de caractère d’arracher la victoire dans les cinq dernières minutes ». Une analyse partagée par Christophe Mazel, conscient que ses joueuses avaient manqué de carburant dans la dernière ligne droite : « On a été dans le dur physiquement à la fin et en grande difficulté sur attaque placée, on a commencé à jouer en travers. Et quand on ne marque pas face à Brest qui est très fort sur jeu rapide… »

Même s’ils ont mis le temps pour choisir leur camp, ces trois points font donc un bien fou au BBH qui continue à faire le dos rond en attendant des jours plus radieux. Il fallait les prendre, elles les ont pris et on ne retiendra que cela dans ce long championnat. « J’ai vu de belles valeurs sur le terrain, un beau mental aussi, concluait Pablo Morel. Il y a eu beaucoup de moments dans le match où on a été décrochés mais on n’a jamais abandonné ». Et les yeux sont maintenant tournés vers le choc qui attend les Rebelles mercredi à Metz. L’infirmerie ne se videra peut-être pas d’ici là mais ces filles-là ne lâcheront rien, c’est une certitude.

BREST – DIJON : 30-28 (14-15)
BREST : Darleux (g.), Toft (g.), Mauny, Toublanc (3), Fauske (8), Kromoska (2), Lassource (4), Lagattu, Pop-Lazic, Foppa (5), Loseth, Coatanéa (2), Jarrige (2), Gavric (4). Entraîneur : P. Morel.
DIJON : Kudlackova (g.), Lachat (g.), Gravelle, Vautier (6), Delorme (3), Campos (3), Ribeiro (2), Di Rocco (1), Urban, Marin (2), Valero (3), Lasm (3), Decugis (1), Sivertsen (4). Entraîneur : C. Mazel.


(crédit photos : O. Stephan / BBH)