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06.09.17 | Camille Comte : « À Bourg-de-Péage, un terreau favorable »

Récemment élu meilleur entraîneur de Division 2, Camille Comte, qui entame sa troisième saison à Bourg-de-Péage, accompagne la première année de ce club dans l’élite. Champion à l’échelon inférieur il y a quelques mois, Bourg-de-Péage fait son baptême du feu dans la cour des grands mais semble prêt à affronter ce défi en s’étant structuré de manière cohérente depuis quelques saisons.

« Pour votre baptême du feu en LFH, on vous a réservé un début de saison sympa (Issy Paris, Metz, BBH)…
- Je préfère ça. On a une équipe jeune qui doit appréhender ce niveau. On doit faire une saison progressive pour se préparer aux play-downs et réussir notre maintien au bout. On veut monter en puissance donc commencer par les trois gros, ça veut aussi dire qu’on va jouer des équipes moins costaudes par la suite. Ça nous permet de clôturer la préparation sans pression parce que ce sont trois matches sur le papier trop élevés pour nous.


- Comment votre groupe a-t-il été bâti ?
- Le choix de recrutement quand on était en D2, c’était de récupérer des filles qui étaient dans les centres de formation de clubs de LFH en leur disant qu’elles pourraient avoir du temps de jeu et progresser chez nous. C’est la suite de notre choix initial. Et puis il faut aussi prendre en compte ce que l’on fait à côté. C’est ma troisième saison ici et on était deux salariés, hors joueuses, quand je suis arrivé et aujourd’hui on est huit. C’est un plan de structuration du club sur l’administratif et le commercial qu’on veut développer. On a essayé de serrer la vis sur le sportif pour construire des bases structurelles solides.

- Vu de l’extérieur, la croissance de Bourg-de-Péage paraît réfléchie et cohérente. Vous confirmez ?
- On n’est pas loin d’avoir doublé notre budget en trois ans, on a bien avancé là-dessus. L’effort porte aussi sur le développement d’un centre de formation, d’un secteur commercial…etc… On essaie de ne pas mettre tout notre argent sur le sportif tout de suite et, toutes proportions gardées, c’est un peu la stratégie qu’avait utilisée Brest en D2.


- Si l’on excepte le sportif, qui par définition est imprévisible, le club a-t-il les moyens de se pérenniser dans l’élite ?
- Je pense que dans les saisons à venir, on peut être un club qui va se rapprocher du cœur du championnat. Pas mal de budgets sont autour d’1,4 million d’euros et on peut d’ici deux ou trois ans faire partie de cette moyenne. C’est notre objectif et je vois à Bourg-de-Péage un terreau favorable.

- Sur quels axes avez-vous voulu décliner votre première saison dans l’élite ?
- On développe à fond le centre de formation, on va d’ailleurs demander une labellisation. On a un responsable de centre et des joueuses sous convention même sans l’agrément ministériel pour le moment. Cela va nous aider à construire notre équipe de demain. Et avec les filles cette année avec nous, on veut aller dans la continuité de ce que l’on a fait l’an dernier. C’est un groupe qui se connaît par cœur et on veut poursuivre le travail établi avec ces jeunes joueuses pour continuer à développer leur potentiel et se maintenir en D1.

- Que craignez-vous par-dessus tout cette saison ?
- Disons qu’en ayant vécu deux années en D2 où l’on a terminé troisièmes et premiers, ça a fait beaucoup de victoires. Il faut bien comprendre cette saison qu’en bon petit poucet que l’on est, on va beaucoup moins gagner. Depuis la reprise, il y a donc un travail établi sur le mental et le fait d’être capables de garder de l’énergie et de la volonté toute la saison malgré un nombre de défaites « inhabituel » par rapport à ce que l’on a vécu récemment. Il faut appréhender ce nouveau statut et le porter le mieux possible.

- Face à Brest, après deux rencontres contre des gros morceaux, à quoi vous attendez-vous ?
- Brest, c’est du même calibre que Metz. On a perdu de douze buts à Metz en l’absence d’Ana Gros donc imaginer une victoire contre Brest… On a toujours le droit de rêver mais ce ne serait pas logique. On est encore dans un match où on va jouer sans pression, tout tenter, peaufiner nos derniers ajustements et jouer avec beaucoup de cœur et d’envie pour s’habituer à créer des exploits. Alors contre Brest, ce sera sûrement une marche trop haute pour nous mais on veut se mettre dans des conditions à domicile de créer suffisamment d’engouement et d’euphorie avec notre public pour que, quand les matches seront plus abordables, on puisse réussir à faire des coups ».