BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

06.01.21 | Perf' et fracas

Grâce à une fantastique seconde période, le Brest Bretagne Handball a étouffé Metz et remporté le premier gros choc de la saison de Ligue Butagaz Énergie (30-19). Malmenées avant le repos, les Rebelles ont ensuite totalement ventilé les Messines et soigné un goal average particulier qui peut s’avérer primordial pour la suite de la saison. Magnifique reprise donc pour le BBH qui a parfaitement lancé une semaine décisive s’achevant ce week-end en Russie.

« C’est assez nouveau pour nous ». Emmanuel Mayonnade semblait un peu perplexe en conférence de presse à l’évocation de l’écart du soir. De telles différences s’étaient déjà vues dans cette rivalité de Ligue Féminine née en 2016 mais jamais dans ce sens. Si les Brestoises avaient régulièrement bu la tasse lors de la saison 2018/2019, elles avaient depuis bien rééquilibré les choses et ont ce mercredi frappé un grand coup. Entre deux équipes invaincues en France depuis le mois de septembre, l’affiche, même sans public, avait tout du menu alléchant. La première période, même émaillée de nombreuses pertes de balle a plus ou moins tenu ses promesses, la suite fut un cavalier seul de Rebelles déchaînées. « On les a étouffées », résumait la capitaine Coralie Lassource, tout sourire devant les journalistes.

Les Lorraines ont en effet dû respirer avec une paille pendant les quinze premières minutes après la pause. Sans idées face au mur brestois et à l’efficacité de Sandra Toft dans la cage, elles ont aussi vu leur rideau défensif se déchirer devant les offensives d’un BBH gavé de jeu sur grand espace et plus malin sur attaque placé. « À la mi-temps, malgré les 11 ballons perdus, on a voulu prendre les choses du bon côté, rembobinait Laurent Bezeau. Les filles ont libéré leur parole, je les ai alertées sur deux ou trois trucs et on est repartis. Ce soir, je suis évidemment très satisfait du résultat, de la deuxième période et de la cohésion collective qu’on a montrée. On a réussi à faire déjouer l’attaque de Metz qui marque pourtant en général beaucoup de buts ».

Cantonnée à 19 unités, la force de frappe des Lorraines a en effet sévèrement dévissé, ne trouvant la mire qu’à deux reprises entre la 30e et la 44e minute, à la limite de l’extinction de voix totale. « On a eu le mérite de marquer les premiers en deuxième période mais s’en est suivie une spirale très négative, poursuivait Emmanuel Mayonnade. Cette saison, les rares fois où on a été bousculés, on n’a pas su trouver les ressources pour sortir de ça. Là, on s’est pris les pieds dans le tapis et Brest a su en profiter. Je mets cette défaite sur le compte de la supériorité du BBH et notre indiscipline. Et puis Toft nous a une nouvelle fois mis en grosse difficulté, c’est comme ça depuis deux ans ».

Comment en effet ne pas évoquer la performance XXL de la gardienne danoise qui a pourtant mis un bon quart d’heure à trouver le rythme pour boucler finalement son match à plus de 50% ! (18/35). Un départ diesel qui amusait presque son coach après coup en conférence de presse. « Je vous avoue qu’à un moment je me suis retourné vers mon banc pour demander à mon entraîneur des gardiennes (Mathieu Kreiss) si je ne devais pas changer Sandra, souriait-il. Mais j’ai une telle confiance en elle que je la savais capable de réagir et de montrer un autre visage. Il faut dire aussi que les filles n’étaient pas très agressives en défense au début. Au fur et à mesure qu’elles ont monté la pression, Sandra a aussi élevé sa performance. On a donc pris confiance et l’adversaire a commencé à douter ».

Les affaires pliées (23-15, 45e), il restait tout de même aux Rebelles à soigner un goal average particulier qui pourrait avoir son importance au moment du bilan. Le passage à +10 à l’entrée de la dernière ligne droite (26-16, 50e) était d’ailleurs le signal que tout le monde avait bien intégré cela côté BBH. Avec un +11 final suite à un arrêt sur jet de 7 mètres d’Agathe Quiniou, l’ardoise était bien belle et comme on dit, tout ce qui est pris n’est plus à prendre. Les futures pensées d’Emmanuel Mayonnade seront tournées vers un autre choc dimanche contre Rostov : « Si on m’avait demandé de dresser une liste de 50 adversaires que j’aurais aimé jouer ce week-end, je n’aurais pas mis Rostov dedans… Ça ne s’annonce pas simple ». Pas coton, non plus, c’est une autre opposition franco-russe face au CSKA Moscou qui attendra un BBH qui ne devait pas pour autant oublier de savourer un peu ce succès. « Ce qu’on voit c’est qu’on est toujours invaincus en France et ça fait notre bonheur, concluait Laurent Bezeau. On est contents d’avoir battu cette très belle équipe de Metz et maintenant on passe à Moscou, c’était en tout cas le meilleur moyen de préparer cette rencontre en jouant comme ce soir ».
Alors samedi on remet ça ?


BREST – METZ : 30-19 (12-12)
BREST : Toft (g., 1), Quiniou (g.), Catani, Coatanéa (3), Foppa (3), Gros (9), Gulldén (3), Jaukovic (2), Lassource (4), Loseth (1), Mauny (2), Pop-Lazic, Tissier (1), Toublanc (1). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Sako (g., 1), Eckerle (g.), Bont, Burgaard (3), Houette, L. Kanor, O. Kanor (3), Luciano, Micijevic, N’Gouan (1), Nocandy (3), Perederiy (2), Sajka (4), Stanko (2). Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)