BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

05.02.20 | Assommées sur le fil

À trois secondes du buzzer, le Brest Bretagne Handball a mis les deux genoux à terre dans la salle de l’OGC Nice (25-24). Dans un match au couteau face à d’accrocheuses Azuréennes, les Rebelles, handicapées par les absences, ont lutté jusqu’au bout, en vain. Les Niçoises restent décidément de sacrées bêtes noires pour le BBH qui n’a donc pas pu profiter de la défaite de Metz à Paris et a en plus perdu Marta Mangué, touchée au doigt.

Pour ceux qui doutaient encore que la Ligue Butagaz Énergie était l’un des championnats les plus denses d’Europe, cette 16e journée est venu le rappeler avec force. Brest et Metz, les deux grosses écuries de tête, de retour de leur déplacement européen du week-end, ont ainsi cédé chez des moins bien classés et sans doute payé une fatigue imposée par un calendrier hyper chargé. Bretonnes et Lorraines auraient pu profiter de la déconvenue des autres, il n’en sera rien et le haut du classement reste donc le même avec les deux rivaux au coude à coude (le BBH est devant de 3 points mais à également un match en plus). « On sait qu’on ne peut pas être à 100% à chaque fois, le calendrier est tellement dantesque, soufflait Laurent Bezeau. Mais on n’a aucune défaite en Ligue des Champions et même si c’est plus compliqué en championnat, on est toujours premiers ».

Une façon pour le coach brestois de relativiser un revers, le deuxième seulement en 2019/2020, qui ne fait certes pas plaisir mais ne change finalement pas grand-chose à la globalité de la saison. Une mauvaise prestation des filles aurait certainement contrarié le technicien mais ce ne fut pas le cas. « Je trouve qu’en deuxième mi-temps elles ont montré beaucoup de courage et un investissement total, louait-il. Elles ont tout fait pour remporter ce match. Il y a toujours plusieurs facteurs à prendre en compte et en premier l’adversaire. Nice a joué juste et a été collectivement très investi, avec beaucoup d’engagement ».

Les premiers échanges de la partie auraient pu laisser penser que les choses se goupilleraient plus facilement (2-5, 10e) mais il apparaît clair que les Rebelles n’ont pas su tirer bénéfice d’une entame ratée des Niçoises. « Brest n’a pas profité du début de match où on n’était pas là, confirmait Marjan Kolev, le coach de l’OGCN. On a joué petit bras et rien ne marchait. On a alors eu la chance que le BBH fasse des erreurs. Quand on a vu qu’il y avait égalité après vingt minutes (7-7), on a commencé à croire qu’on pouvait gagner. On n’avait alors rien fait et pourtant on était à égalité. On a eu l’espoir, de plus en plus de confiance. Et quand on y croit et qu’on joue libéré, on est dangereux ».

Quasiment réduites au silence avant le repos avec un seul but marqué lors des dix dernières minutes, les Brestoises regagnaient les vestiaires avec un débours de 2 unités et surtout un tout petit bilan offensif (11-9, 30e). Pire encore, elles avaient perdu au quart d’heure de jeu Marta Mangué, victime d’une luxation du doigt, et transportée à l’hôpital dans la foulée. En trois jours, le BBH voyait deux arrières gauches quitter les rangs pour une longue durée. Laurent Bezeau faisait alors l’état des troupes : « On a joué ce match sans Kali (Niakaté) qui s’était blessée face à Krim, sans Monika (Kobylinska) que j’ai dû laisser en tribune parce qu’on est limité par le nombre d’étrangères et qu’elle était sur les rotules. Il y a donc eu la blessure de Marta (Mangué). Et on oublie souvent aussi qu’on joue avec quatre filles nées en 2000, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’équipes qui le fassent ».

Deux de ses jeunes pousses se sont d’ailleurs mises en évidence en seconde période. Ce fut d’abord Pauletta Foppa qui permit offensivement à Brest de revenir grâce à sa puissance et sa précision dans la finition (15-15, 38e) puis lors des dernières minutes, quant le bateau tanguait, Agathe Quiniou, rentrée à la place de Sandra Toft, réalisa quelques parades qui permirent aux Rebelles d’y croire réellement (18-20, 46e). Tout cela en vain mais l’état d’esprit et la combativité des Brestoises aura été à mettre en avant. « C’est un match qui est devenu compliqué mais ma frustration et ma tristesse vont surtout vers les filles qui n’ont pas été récompensées de leur engagement en seconde période », concluait Laurent Bezeau.
Si le calendrier est rude, il a en tout cas le mérite d’empêcher de cogiter trop longtemps après un revers. Les Brestoises, qui rentreront jeudi matin après un périple d’une semaine, auront ainsi dès dimanche à l’Arena l’occasion d’oublier ce faux pas face aux Suédoises de Sävehof en Ligue des Champions. Ce n’est pas la fin du monde !

NICE – BREST : 25-24 (11-9)
NICE : Sako (g.), Colic (g.), Abdelmalek (3), Agathe (6), Blonbou (4), David, Fall (5), Herzog, Le Béchennec, Palmero, Prouvensier (3),Skolkova (1), Sy (2), Tandjan (1). Entraîneur : M. Kolev.
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Coatanéa (1), Fofana, Foppa (6), Gros (7), Gulldén (1), Jarrige, Lassource (3), Mangué (2), Mauny, Minevskaja (2), Pop-Lazic, Tissier (2). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédit photos : Petrazur Photo)