BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

04.04.21 | Les cartes en main

Le Brest Bretagne Handball a encore frappé un gros coup en dominant dans les grandes largeurs son meilleur ennemi Metz, 34-24, posant ainsi d’excellentes bases à une qualification historique pour le Final Four de la Ligue des Champions. Les Rebelles, impériales en défense ce dimanche, ne sont cependant qu’à la moitié du chemin et devront rester sur leurs gardes pour éviter de se mettre en danger face à un sursaut lorrain.

Cela commence réellement à prendre des airs d’un parfait négatif de la saison 2018/2019. Dernier exercice en date mené à son terme, il avait vu Metz marcher sur toutes ses oppositions – ou presque – avec les Rebelles. Championnat, Ligue des Champions, Coupe de France, les Brestoises n’avaient pas vu le jour durant une année que tout le monde a voulu oublier. Si les proportions avec lesquelles le BBH domine aujourd’hui Metz ne sont pas encore les mêmes, le rapport de force a plutôt pris une belle tournure pour les filles de Laurent Bezeau. Souveraines en LBE en janvier et la semaine dernière, elles ont également marqué leur territoire sur la scène européenne ce dimanche face à des Dragonnes souvent sans solution. « Après les trois matches, je ne vais pas dire qu’on n’est pas au-dessus mais ça peut n’être que temporaire, tentait tout de même de modérer le coach brestois. En face de nous, on a une équipe jeune, qui travaille avec un très bon entraîneur et tout peut rapidement changer. Mais c’est vrai que si l’on commence bien notre match à Metz samedi prochaine, on devrait pouvoir se qualifier pour le Final Four. Notre devoir est de rester prudents ».

Les deux formations ne sont encore qu’à la mi-temps de leur lutte fratricide pour rejoindre Budapest fin mai et tout peut donc encore être renversé, mais côté messin, on avait tout de même du mal à cacher une déception matinée de beaucoup d’interrogations. « Laurent (Bezeau) et Ana (Gros) ont raison de penser que c’est possible qu’on le fasse…mais on n’a pas non plus perdu de deux ou trois buts. On est encore en course, moins que Brest, mais on est encore dedans. On n’a pas trop le droit d’être tristes, ça voudrait dire qu’on a fait le match qu’on voulait. On n’est pas au niveau qu’on aspire à être ». Le contraste le plus important est sans aucun doute la difficulté que Metz Handball affiche pour marquer des buts au BBH. Sur les trois confrontations, les Lorraines ont enregistré une moyenne de 21,6 par match, très en-dessous de leurs standards.

Et n’allez pas chercher trop loin les raisons de cette famine offensive, elle est majoritairement la conséquence d’un combo breton défense-gardiennes à son meilleur niveau et intransigeant avec chaque enclenchement adverse. Les bases de ce succès ont ainsi été posées dans le premier quart d’heure de jeu durant lequel les Messines n’ont pu trouver la faille qu’à deux reprises (8-2, 15e). « Il y a deux ans, Metz avait une défense incroyable qui te marchait sur la gueule et se projetait vite vers l’avant, rembobinait Laurent Bezeau comme pour annoncer un parallèle. Cette saison, on a progressé et c’était aussi notre objectif dans le recrutement. Le doute s’est un peu installé en février mais les filles se sont ensuite remobilisées et se sont appropriées le projet ». Avec la réussite que l’on connaît.

Gonflées à bloc donc par cette cuirasse presque infranchissable, elles ont poussé leur avantage jusqu’à sept longueurs avant la pause (11-4, 22e) et n’ont surtout jamais paniqué quand les Dragonnes sont parvenues à repointer le bout de leur nez. Et c’est l’autre grosse force de ce BBH-là, sa sérénité à toutes épreuves, même dans les temps faibles. « On a fait un très bon boulot aujourd’hui, confirmait Ana Gros, auteure d’une copie encore énorme avec 10 buts et de quelques actions de classe. On a respecté tous les plans d’avant-match. C’est un bel écart mais attention parce qu’on connaît Metz. J’étais dans cette équipe il y a trois ans et on avait perdu de 13 buts à Bucarest avant d’en rattraper neuf chez nous. Samedi, il faudra commencer dans nos têtes à 0-0 et ne rien lâcher ». L’arrière slovène aura été très précieuse à l’entame de la seconde période d’abord quand les Rebelles se sont envolées (23-14, 40e) puis quand il aura fallu maintenir la distance avec Metz. Avec une Bella Gulldén en parfaite chef d’orchestre et une Djina Jaukovic motivée comme jamais, les problèmes à résoudre étaient trop nombreux pour Metz Handball qui a bien cru pouvoir sauver les meubles dans les dernières instants (31-23, 57e) avant un dernier sursaut d’Alicia Toublanc.

« Le chantier est colossal et général, avouait Emmanuel Mayonnade. Il nous faut prendre moins de buts et en marquer davantage, c’est juste du handball. Il faut aussi continuer à bosser ou commencer à bien bosser plutôt parce qu’apparemment on ne doit pas bien le faire. Brest a été meilleur que nous il y a trois mois, la semaine dernière aussi et aujourd’hui également. Je ne sais pas comment va se passer le match retour, je ne crois pas beaucoup en la qualification mais on jouera quand même pour cela. On va déjà essayer de gagner notre premier match en quatre oppositions avec le BBH. Car si l’on perd et qu’on est éliminés, on ne sera pas dans une superbe dynamique si on doit les retrouver dans un avenir proche ».
Un peu dans le creux il y a encore quelques semaines et soudainement rétablies avant d’aborder les huitièmes de finale face à Esbjerg, les Rebelles n’auront connu qu’une seule mauvaise nouvelle aujourd’hui, la blessure à la cheville de Kali Niakaté dès la première minute de jeu. Une grosse perte que le collectif a su parfaitement composer, au grand bonheur de Laurent Bezeau : « Il n’y a pas que cet avantage de dix buts qui est satisfaisant, il y a aussi ce que dégage cette équipe. Il y a une dynamique et même le banc est partie prenante du jeu. Ça donne du sens à notre métier et quand vous voyez ça, vous êtes heureux ! »


BREST – METZ : 34-24 (16-11)
BREST : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g.), Mauny (2), Toublanc (2), Tissier, Gros (10), Gulldén (4), Lassource (2), Niakaté (1), Catani, Pop-Lazic (3), Foppa (1), Jaukovic (6), Loseth, Coatanéa (3). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Eckerle (g.), Sako (g.), Gautschi, Micijevic (2), N’Gouan (2), Nocandy (1), Houette (2), Bont (1), Stanko (2), O. Kanor (2), Burgaard (4), Sajka (4), Copy, Luciano (2), Broch (1), Perederiy (1). Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : P. Riou / BBH)