BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

03.04.22 | Une très bonne habitude

Le Brest Bretagne Handball s’est qualifié pour la troisième fois d’affilée pour le Top 8 de la Ligue des Champions en terrassant Odense ce dimanche à l’Arena (29-26). Légèrement en retard après le premier match au Danemark, les Rebelles, poussées par un public déchaîné, ont fait preuve d’une grosse force de caractère pour aller chercher la qualif’ dans les cinq dernières minutes de la rencontre. Les voilà donc à nouveau nez à nez avec Gyor qu’elles affronteront en quart de finale avec pour le vainqueur un ticket pour le Final Four.

Dans quelques semaines, le jeune Brest Bretagne Handball bouclera sa première décennie d’existence. Il vient pourtant déjà ce dimanche de valider pour la troisième saison consécutive son ticket pour le top 8 européen. Une belle prouesse. Alors à l’issue des débats, au-delà même de la joie d’une qualification pour les quarts de finale, c’est aussi sur ça que Pablo Morel, qui a pris cet été le relais de Laurent Bezeau, a voulu appuyer : « Si on liste les clubs capables d’y être de manière répétée tous les ans, il n’y en a pas tant que ça. Personnellement, je viens d’arriver mais être capable pour un club qui n’a que 10 ans de se stabiliser à ce niveau, c’est une véritable performance. Et affronter maintenant la meilleure équipe du monde, c’est aussi quelque chose d’important. Gyor est aujourd’hui à mon avis la mieux armée pour remporter le titre mais c’est vrai aussi qu’historiquement Brest a souvent su mettre un grain de sable dans cette machine avec réussite. On va y aller décomplexés et ambitieux ». Le Brest Bretagne Handball n’a en effet aucune raison de stresser à l’idée d’affronter le mastodonte hongrois dans un mois car l’objectif initial de la saison, retourner dans le top 8, est désormais atteint. On pourrait donc appeler cela un bonus mais le caractère et l’esprit de compétition de cette meute de Rebelles incite plutôt à qualifier ce prochain affrontement de joli challenge. « Ça va être un sacré duel, prévient déjà Kali NIakaté. C’est Gyor qui aura la pression et on va donner le meilleur de nous-mêmes à la maison pour espérer avoir une chance là-bas ensuite ».

Il faudra bien patienter un mois avant de voir le champion de France ferrailler avec l’armada magyare alors il est temps de revenir sur ce double énorme combat que les Rebelles ont livré face à Odense pour décrocher leur ticket pour les quarts. Il n’y aura pas grand monde pour écarter l’idée que les deux formations étaient proches, si proches qu’à l’entame des 5 dernières minutes sur un total de 120, rien n’était encore décidé. Il a donc fallu un finish plein de peps, bruyant au possible et diablement efficace pour pouvoir célébrer le triomphe brestois. « Pour le dernier quart d’heure, il faut féliciter les filles, lançait Pablo Morel. Elles ont su rester sereines, avec de l’énergie. On aurait aimé que ce soit plus simple, creuser un écart rapidement et le maintenir. Mais ça a été un peu l’accordéon. Psychologiquement, le jeu a 7 d’Odense a mis un peu de crispation parce qu’on l’avait beaucoup travaillé pendant la semaine. Et ça a impacté notre attaque aussi, ça nous a fait perdre du rythme. Mais c’est un match qui va nous faire grandir et ça montre qu’on est capables de perpétuer les chiffres de ce club. Ça fait trois ans que le BBH atteint les quarts de finale et je suis très heureux pour les filles ». Si les Brestoises n’ont jamais été en mesure de véritablement décoller durant la partie, elles n’ont en tout cas jamais non plus donné l’impression de douter ou de chercher leur chemin. Car si l’écart n’est jamais monté au-dessus des 3 unités pendant 55 minutes (7-4, 11e ; 21-18, 41e), il fallait bien se dire aussi que les Danoises n’étaient pas dans une bien meilleure situation après leur court succès à l’aller (25-24).

« Je suis triste parce qu’on a bien joué, lâchait l’arrière Mie Hojlund. C’était dur, physique et serré jusqu’à la fin. On a développé un très bon handball presque tout le match et c’est finalement un tout petit écart qui décide de tout à la fin ». Les Scandinaves pensaient peut-être avoir fait le plus dur en restant au contact du BBH en permanence, s’appuyant sur du jeu à 7 et une belle connexion avec la pivot. Quand l’ailière japonaise Ayaka Ikehara faisait passer le score à 25-24, le même donc qu’à l’aller, toute l’Arena avait la confirmation qu’il allait falloir aux Rebelles deux buts d’écart pour voir plus loin dans la compétition. Et forcément, ça ne rassurait pas grand monde sur le coup. Mais les dernières minutes du match allaient une nouvelle fois mettre en scène le caractère fou des Brestoises, portées par les coups d’éclat de leurs ailières Alicia Toublanc et Pauline Coatanéa, l’audace de Jenny Carlson et un arrêt incroyable de Cléo Darleux à bout portant à soixante secondes du buzzer. Le trou était fait. Définitivement. « Il y a eu tellement de petits détails qui pouvaient aller dans un sens ou dans l’autre, regrettait le coach danois Ulrik Kirkely. Quand on va rentrer chez nous, on va forcément repenser à ce qu’on aurait pu mieux faire. On a notamment raté beaucoup de tirs ouverts et ça a compté aujourd’hui. On doit maintenant regarder vers l’avant, même si on est très déçus car on aurait aimé atteindre l’étape suivante ».

Le Brest Bretagne Handball, outre sa qualification, pourra en tout cas se féliciter d’avoir su inverser une tendance certes fragile mais défavorable après le match aller. Alors qu’elles ont tout le temps su dominer Odense à 6 contre 6, les Brestoises ont aussi montré leur capacité à s’adapter au jeu à 7 de leurs adversaires qui s’est avéré moins létal que le week-end précédent. « On voulait mieux jouer que lors de la première rencontre, expliquait Pablo Morel. On a beaucoup travaillé. Ce qui nous avait le plus frustrés là-bas, c’était de ne pas avoir pu pousser les ballons. Il fallait qu’on arriver à courir davantage. C’était tactiquement très complexe car Odense est une équipe dense, agressive dans le bon sens du terme et qui force à défendre longtemps, sans jamais de moments creux. Je suis donc très fier de mon équipe car c’est une qualification très importante pour elle et pour le club ». Qui donne le droit de voir plus loin et de rêver à de nouveaux exploits contre Gyor. Chiche ?

BREST BRETAGNE HANDBALL – ODENSE HANDBOLD : 29-26 (14-14) (aller : 24-25)
BREST BRETAGNE HANDBALL : Quiniou (g.), Darleux (g.), Toft (g., 1), Mauny, Toublanc (4), Fauske (6), Kromoska, Kobylinska (4), Lassource, Lagattu, Niakaté (5), Foppa (4), Loseth (1), Carlson (2), Coatanéa (2), Jarrige. Entraîneur : P. Morel.
ODENSE HANDBOLD : Thörn (g.), Fagerberg (g.), Aardahl (6), Aambakk, Knudsen, Cohrt (5), van Wetering (2), Nüsser (1), Iversen, Larsen, Ikehara (2), Vollebregt, Hojlund (6), Housheer (3), Rej (1). Entraîneur : U. Kirkely.


(crédit photos : O. Stephan / BBH)