BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

29.12.18 | Un long calvaire

Le Brest Bretagne Handball n’a pas existé lors du choc de LFH face au champion en titre messin. Les Brestoises ont explosé avant la mi-temps et n’ont jamais pu se révolter pour revenir sur les talons de leurs adversaires (20-35). Ce gros revers est le premier de la saison en France pour les Rebelles qui vont rapidement devoir s’en servir pour rebondir et repartir de l’avant pour atteindre leurs objectifs. Haut les cœurs !

« On vient de prendre un sacré coup sur la gueule et ça fait mal. Il faut sûrement connaître des moments comme ça pour construire une grande équipe mais ça fait très très mal ». Laurent Bezeau n’avait pas besoin de jouer l’acteur en conférence de presse d’après-match, le coach brestois était encore, comme les 4 200 supporters de l’Arena, complètement groggy. Ce qui venait de se passer n’arrive pas tous les jours – heureusement – mais avait profondément marqué tous les témoins présents.
Cette chose, à laquelle forcément personne ne s’attendait, c’était une défaite de 15 buts à domicile face au rival messin. Un choc pour le BBH.

« Ce soir, on a été humiliés », lançait sans nuance l’entraîneur. Son équipe, jusque là invaincue en LFH venait de passer complètement à côté de son match. Et sous les yeux de son public. « Devant nos formidables supporters, on a été indignes, poursuivait-il. On n’a pas respecté certaines choses. Il y a eu une perte d’identité trop importante pour rivaliser avec un club comme Metz. Les valeurs des Messines sont de ne jamais lâcher. À ce titre, elles ont été impressionnantes de combat en défense ».

Alors ce qui aurait dû être une fête totale, dans une Brest Arena qui affichait complet depuis deux semaines, avec la présence de 11 championnes d’Europe honorés avant la rencontre, a finalement tourné en fiasco. Dans une deuxième période qui parut une éternité, les Mosellanes enfilèrent les buts comme des perles, enfonçant chaque fois un peu plus le BBH dans son cauchemar.
Du côté messin, la surprise était au moins aussi grande mais les sourires habillaient davantage les analyses post-match. « On ne s’attendait évidemment pas à vivre quelque chose comme cela », avouait Emmanuel Mayonnade. L’entraîneur du MHB fit bien sûr référence aux nombreux forfaits majeurs dans les rangs brestois mais jura qu’il n’avait pas modifié la préparation des débats en apprenant ces absences. Maud-Eva Copy (doigts) pas encore remise, Filippa Idéhn (doigt) récemment stoppée, Amandine Tissier et Bella Gulldén non-disponibles (raisons personnelles), cela faisait forcément beaucoup à combler face à une telle équipe.

« C’est un club qui va très certainement disputer le Final Four de la Ligue des Champions cette saison alors en étant menés de 7 buts à la pause, c’était déjà illusoire de penser qu’on pourrait revenir… », rappelait Laurent Bezeau, la mine triste.
Cet écart significatif à la mi-temps, peu auraient pourtant pu le prédire quelques instants auparavant. Bien lancées dans la partie (6-6, 15e), les Rebelles avaient ainsi tenu la comparaison vingt bonnes minutes avant ce qui allait ressembler à un gros tournant. Menées 10-9, les filles allaient avoir une balle d’égalisation en contre-attaque (manquée) et subir sur l’action suivante une décision arbitrale injuste, un 2 minutes pour Allison Pineau (23e). À partir de là, tout allait se dérégler, dans la période d’infériorité numérique d’abord (4-0 encaissé) puis jusqu’à la pause (8-2 pour Metz et 18-11).

Dans un match aussi compliqué, cet éclat conjugué aux trop nombreuses pertes de balle allait signifier la mort des locales bien avant le gong final. « On avait construit un scénario de match, détaillait Emmanuel Mayonnade. On s’imaginait bousculés mais on était prêts à ne pas craquer et surtout on devait être opportunistes pour saisir ce qui se présentait. L’exclusion d’Allison a fait sûrement partie de ces moments mais après il s’est passé pas mal de choses ».
La révolte attendue n’a jamais eu lieu et le long calvaire des trente dernières minutes était là pour rappeler à chaque instant que l’année 2018 se bouclerait sur un revers cuisant, au bout d’une lente agonie (14-21, 37e ; 15-30, 49e ; 18-32, 55e). Reste maintenant à voir les conséquences de ce revers et la tournure que prendront les prochaines (nombreuses) échéances face à Metz. « Je ne pense pas que ça aura un impact, lâchait Emmanuel Mayonnade. En anticipant une défaite ici, j’avais dit aux joueuses que si c’était le cas, ça ne nous empêcherait pas de les battre deux fois ensuite en Ligue des Champions donc là c’est la même chose. J’espère juste qu’on ne sera pas moins motivés que Brest dans un mois et ce qui est sûr, c’est que le match ne se passera sûrement pas de la même manière ».
Laurent Bezeau lui n’en était pas encore là, perdu certainement dans un tas de réflexions : « On va retravailler, on va peut-être revenir en arrière pour mieux rebondir, ça prendra le temps qu’il faudra ».

BREST – METZ : 20-35 (11-18)
BREST : Darleux (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Gros (5), Pineau (7), Lagattu, Prouvensier (1), Pop-Lazic (2), Stoiljkovic (1), Foppa, Manach-Le Calvé, Coatanéa, Limal, Mangué (3). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Glauser (g.), Kapitanovic (g.), Edwige (2), Gautschi (2), Zaadi (4), Flippes (6), N’Gouan (5), Houette (2), Levsha (5), O. Kanor (2), L. Kanor, Smits (1), Maubon (1), Niombla (5). Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)