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28.03.19 | Amandine Tissier : « Je n’ai pas la bougeotte »

C’est avec un grand plaisir que le Brest Bretagne Handball annonce aujourd’hui la prolongation de contrat d’Amandine Tissier (25 ans). La demi-centre arrivée dans le Finistère en 2015 a signé un nouveau bail de 2 ans qui la lie avec le BBH jusqu’en 2021. Après celles de Sladjana Pop-Lazic, Pauline Coatanéa, Marta Mangué et Alicia Toublanc, cette prolongation est une pierre de plus à la construction d’un groupe stable pour les années à venir. Ayant récemment déclaré une sclérose en plaques, Amandine Tissier a en tout cas montré d’une fort belle manière qu’elle était revenue à son meilleur niveau, au point d’être élue meilleure joueuse du mois de février en LFH.

« Amandine, avec cette prolongation de contrat, tu vas passer au minimum 6 ans au BBH. Une satisfaction on imagine…
- Oui, je suis très contente d’avoir resigné à Brest. Je n’ai pas trop la bougeotte. J’avais l’opportunité de m’en aller mais mon choix s’est porté sur le BBH. J’ai eu quelques propositions intéressantes et certaines même très poussées mais j’ai préféré rester. Pour connaître l’équipe, le staff, les dirigeants, je sais que le projet sera toujours beau.

- Après l’annonce de ta sclérose en plaques début janvier, peut-on dire que ta vie de femme a changé ?
- Ma vie de femme en elle-même, non, mais ma vision des choses a évolué. Ma vie n’a pas changé du tout au tout mais maintenant je prend davantage les choses avec du recul. De la sclérose, certaines personnes ne m’en parlent pas du tout, d’autres viennent me dire qu’elles ont également cette maladie, ce sont des gens que j’avais déjà croisés et qui m’ont confié qu’ils n’osaient pas en parler et qui l’ont fait après que je l’annonce. Du coup, je me dis que c’était très bien de l’avoir fait.

- As-tu eu peur d’être oubliée dans le milieu du handball ?
- Au mois de décembre, oui, parce que j’étais très proche d’un club, à deux doigts de signer là-bas, et il n’a plus donné de nouvelles après avoir su ce qui se passait. Mais Brest est un super club, j’avais le soutien de tous les gens ici donc je savais que je ne serais pas lâchée dans la nature. D’autres équipes avec qui j’étais en contact m’ont en revanche laissé le temps de revenir, ils avaient besoin de voir ce que j’étais capable de faire. Donc j’ai patienté pour arrêter ma décision mais ce n’est peut-être pas plus mal.

- Il y avait des doutes sur le fait que tu puisses revenir. Tu es finalement revenue et ce n’était pas un petit retour puisque tu as été élue meilleure joueuse du mois de février…
- De recevoir cette distinction, ça m’a surprise complètement parce que je n’avais pas trop regardé les performances des autres. J’avoue que décembre a été très long pour moi et en janvier j’ai souvent détesté mon préparateur physique même si je savais pourquoi je bossais. Je suis donc revenue dans l’idée de ramener de la fraîcheur, de l’envie.

- Est-ce qu’on se trompe en pensant que tu es une autre joueuse aussi ?
- Je ne sais pas. Je n’ai pas changé mais j’ai évolué dans l’aspect mental. Je ne me pose plus de questions et celui qui n’est pas content, c’est pareil. Quand j’arrive sur le terrain, je joue davantage relâchée. Il y a aussi la réussite qui fait que je suis un peu plus efficace en ce moment. À ça, il faut associer les timings de traitement mais on arrive à se débrouiller.

- Quelle peut-être l’évolution souhaitée pour toi sur les deux ans supplémentaires ?
- Moi, je veux tout gagner avec Brest ! Je veux m’éclater avec mon club et faire en sorte que ça marche le plus possible, qu’il y ait un maximum de titres. Je vois davantage le collectif parce que quand il fonctionne bien, tu as la possibilité de te mettre en avant et tout le monde est gagnant.

- Quatre ans après ton arrivée, tu ne regrettes pas ton choix ?
- L’opportunité de Brest était là et pour me relancer ça pouvait être intéressant. Donc aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Je ne savais pas les joueuses qui allaient arriver mais je savais ce que les dirigeants voulaient faire. Et puis Laurent avait prouvé par le passé qu’il pouvait avoir de gros résultats alors j’ai voulu tenter l’aventure.

- Et pour revenir à l’actualité, que répondrais-tu à ceux qui affirment que Brest ne peut pas battre Metz cette saison ?
- Que je préfère prendre -15 toute la saison et gagner en finale. On voit au rugby que Castres a été champion en étant 6e, que Toulon au hand l’a fait en étant 8e… Je pense qu’il faut savoir patienter parce que le mois de mai est le seul qui compte. Toutes les finales s’y jouent. OK, être régulier toute la saison, c’est bien mais les Messines vont devoir nous prouver qu’elles sont au-dessus jusqu’au bout de la saison et nous on doit prouver de notre côté qu’on sera là au bon moment. Les contextes sont complètement différents à chaque fois et je note qu’on a toujours eu des absentes contre Metz cette saison. Je souhaite aux Messines d’aller au Final Four mais moi, j’y crois, on sera championnes de France dans deux mois ! »


(crédit photos : O.Stephan/BBH)