BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

27.18.19 | Coralie Lassource : « Je dois montrer l’exemple »

Le Brest Bretagne Handball va lancer officiellement sa saison ce mercredi en recevant le Paris 92 à la Brest Arena. Une nouvelle équipe, un nouveau visage et une nouvelle capitaine en la personne de Coralie Lassource. Revenue d’une aventure de deux ans en Hongrie, l’ailière gauche formée…à Issy Paris (ancien nom de Paris 92) aura donc la responsabilité de porter le brassard dans cette formation new look du BBH. Découverte avec cette néo-Brestoise au sourire permanent.

« Coralie, on va commencer par les choses qui fâchent et cette blessure au doigt…
- Oui, c’est arrivé le 27 juillet. Je m’en suis un peu voulu parce que c’est mon corps et que je viens d’arriver. L’équipe se reconstruit donc j’aurais aimé participer à ça et là, c’est un peu sans moi. C’est compliqué mais tout le monde m’a rassurée par rapport à ça et donc je travaille pour revenir plus forte. Avec un peu d’expérience, c’est quand même plus facile à vivre. Je ne dis pas que ce sera simple de retrouver ma place mais quand je vais revenir, l’adversaire en face de moi va prendre cher ! (rires)

- Ce retour en France, c’était voulu ?
- Oui, à 100%. J’avais besoin de revenir. Beaucoup de choses me manquaient et je me suis rendue compte qu’on est très bien en France. De base, je suis une fille assez posée et après ces deux années en Hongrie, je le suis encore plus. Au niveau handball, je ne pourrais pas dire si j’ai évolué parce qu’à Paris j’avais des repères que je ne pouvais hélas pas exploiter à Erd. Dans le championnat de France, ce sera plus simple de m’exprimer.

- Quel bilan tires-tu de ces deux saisons à Erd ?
- Pour moi, c’est mitigé. Il y a eu de bons moments comme la première saison mais durant la deuxième, on n’a pas forcément atteint nos objectifs. Individuellement, je ne pourrais pas dire si j’ai progressé parce que le jeu là-bas était atypique et pas forcément lié à ce dont j’avais l’habitude. On jouait par exemple beaucoup plus à droite qu’à gauche. C’était un peu dur à vivre parce qu’à Paris, j’avais beaucoup de ballons et là pas trop. Mais ça m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur moi, de savoir que je pouvais être forte mentalement. Ça doit se remarquer aujourd’hui aux entraînements, j’ai toujours la joie de vivre parce que je le répète, on est bien en France.

- Brest a été le seul club français à te contacter ?
- J’ai eu deux propositions, Nantes et Brest. Pour moi, il n’y a pas eu d’interrogations, c’était Brest pour le club déjà et pour le fait de jouer la Ligue des Champions. J’avais déjà eu des échanges auparavant avec le BBH mais ça ne s’était finalement pas fait. Je suis très contente d’avoir eu cette opportunité cette fois. Brest a de belles ambitions et j’ai trop envie qu’on déchire tout cette année. J’espère pouvoir être là pour faire monter ce club en puissance. Je veux que ça se passe bien et on est sur la bonne voie en tout cas.


- Quel image avais-tu du BBH avant d’y signer ?
- C’est un club jeune qui est monté il y a peu et tout le monde attend des résultats rapidement. Mais il faut du temps pour construire une équipe. Quand j’ai vu l’évolution de Brest, je me suis dit « chapeau ! », la montée en puissance a été incroyable et avoir une telle équipe dès l’arrivée en D1, ce n’était pas donné à tout le monde. De l’extérieur, ça me donnait envie de venir. Avec les histoires de la saison dernière, j’avais un peu d’appréhension mais à ma grande satisfaction, tout se passe bien. Si nous, les nouvelles, on n’avait pas été au courant qu’il y avait eu des problèmes, on ne l’aurait pas deviné.

- Durant ta carrière, tu as beaucoup été finaliste. Venir à Brest, c’est aussi pour remporter des titres ?
- Des finales, j’en ai jouées beaucoup c’est sûr mais je n’en ai gagné qu’une (Coupe de la Ligue 2013). C’est un peu ce qui me manque, de remporter des titres. Je pense que cette équipe en a les moyens. Si on travaille bien et qu’on est rigoureuses, on peut y arriver. Il y aura forcément des échecs comme partout mais il faudra les utiliser pour mieux réussir après. Quand je vois que tout le monde est prêt à donner le meilleur, je n’ai pas trop de doutes.

- Tu as donc été nommée capitaine. Tu connaissais déjà ce rôle ?
- À Paris, on était trois ou quatre filles à tourner avec ce rôle, à Erd en revanche je ne l’étais pas du tout. Pour appréhender ce statut, je dois prendre conscience que j’ai des responsabilités envers l’équipe mais avant tout, je dois montrer l’exemple comme toujours, me donner à fond et pousser mes coéquipières vers le haut. Même si mes performances ne sont pas au top, je dois donner de la force aux filles, les remobiliser si besoin. Je veux que tout le monde se sente à l’aise. Mais capitaine, c’est une position que je ne veux pas voir comme une pression supplémentaire.

- La LFH, devenue LBE, tu l’as suivie pendant tes deux ans en Hongrie ?
- Oui bien sûr. On a vu que Nice est monté en puissance la saison dernière, que Metz est d’année en année de plus en plus intouchable mais si on regarde bien, c’est une équipe qui se connaît depuis plusieurs années, c’est la clé. J’ai l’impression d’être partie depuis très longtemps mais je ne vais pas non plus être dépaysée.  Je connais encore beaucoup de joueuses, j’ai beaucoup d’amies dans les clubs, j’ai ma sœur à Paris aussi. Je pense que le championnat s’est renforcé, il y a plein de nouvelles étrangères. Avant, il y avait les Norvégiennes, maintenant c’est les Danoises. C’était déjà relevé et ça le sera surement encore plus, c’est très excitant du coup.

- L’équipe de France, tu y as regoûté lors d’un rassemblement en juillet. Brest peut t’aider à t’y réinstaller ?
- Ce n’était pas la raison principale pour laquelle je voulais revenir en France mais être au BBH peut aider pour revenir chez les Bleues. Brest est exposé mais ce n’est pas tout d’être dans un bon club, il faut aussi être performante. J’étais contente d’être appelée en juillet en tout cas, ça veut dire qu’ils ne m’ont pas oubliée. Maintenant, j’ai hâte de commencer la saison pour voir d’abord si je peux bien m’intégrer avec le BBH et ensuite prétendre à l’équipe de France.

- Le match contre Paris, même si tu ne pourras pas le disputer, est tout de même un sacré clin d’œil pour toi. C’est ton club formateur où joue ta sœur….
- J’avais déjà affronté Issy avec Erd. Paris voudra forcément gagner mais nous on n’aura pas le choix, on sera chez nous. Ce sera très excitant même si je serai sûrement frustrée de le regarder des tribunes. Ce sera particulier ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)