BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

27.04.18 | Alice Leveque : « À un moment, il faut assumer »

Invité surprise des quarts de finale après avoir sorti avec la manière Issy Paris, Besançon avance désormais sans complexe vers le dernier carré. Brest, que les Bisontines reçoivent ce samedi (20 heures, en direct sur beIN Sports), va devoir se méfier au plus haut point de ce déplacement périlleux. Durant la saison régulière, les filles du BBH n’avaient ramené qu’un match nul du Doubs et savent donc à quoi s’attendre. Élément-clé du collectif de Raphaëlle Tervel, Alice Leveque n’a en tout cas aucun mal à affirmer qu’un coup est à jouer face au Brest Bretagne Handball.

« De l’extérieur, votre victoire contre Issy Paris en quart de finale a fait sensation. Était-ce autant une surprise dans le club ?
- J’aurais envie de dire : « Est-ce qu’il y a vraiment de la logique dans ce championnat ? » J’en n’ai pas vraiment l’impression. Nous, on préférait avoir Issy Paris en quart plutôt que d’aller à Brest ou Nice. C’était une équipe qui nous avait plutôt bien réussi cette saison sachant qu’on avait fait un très bon match à la maison et nul au retour. On savait qu’on avait toutes nos chances. Ça peut paraître un peu surprenant parce qu’on n’a pas été très régulières avant mais nous, on était confiantes dans nos capacités à bien aborder cette confrontation. Sortir Issy n’était pas dans la logique des choses, ce serait prétentieux, mais dans la logique de travail au moins.

- Après votre performance face à IPH, on peut se demander pourquoi votre classement de saison régulière n’a pas été meilleur…
- Tout simplement parce qu’on a découvert ce que c’était d’assumer une Coupe d’Europe. Même s’il n’y a eu que deux tours, ça a fait quatre matches de plus avec deux gros déplacements, au Danemark en car et en Russie. On a fait de grosses prestations en Europe et derrière il fallait assumer en championnat, il fallait redescendre les émotions. Pour 70% de l’effectif, c’était une première donc imaginez psychologiquement ce que ça a pu être. On a donc perdu des points en route en faisant des non-matches, en ne montrant pas notre visage. Il y a eu un peu de flottement. Et là, les play-offs ont ça de bien qu’ils nous permettent de faire des exploits malgré tout en fin de saison.

- Dans le contexte de ces play-offs, est-ce que le fait d’avoir un effectif stable depuis plusieurs années peut aussi faire la différence ?
- Oui complètement. C’est vrai que le gros noyau travaille depuis trois ans ensemble. Il y a des affinités dans le jeu et en dehors qui se sont créées. Elles font qu’on arrive à se comprendre plus facilement et plus rapidement. Dans les moments de jeu tendus, les regards suffisent souvent pour nous relancer.

- Le fait d’avoir basculé du bon côté en passant le quart, ça vous enlève toutes les limites dorénavant…
- C’est ça ! (sourire) Pas de complexes non plus. Tout ce qu’on pourra prendre, on le prendra. Je pense qu’aujourd’hui, on est hyper euphoriques après notre quart et j’espère qu’on va rester là-dessus pour aborder Brest. On a nos objectifs, que je ne dirai pas, mais on ne se fixe aucune limite pour le reste. De toute façon, quand on a accès aux quatre premières places, c’est rarement la quatrième qu’on vise !

- Quels souvenirs avez-vous des deux confrontations avec le BBH cette saison ?
- Mitigés. À l’aller, on avait fait un gros match à domicile et on avait décroché le nul. Pour nous, c’était une superbe perf’ de faire ce résultat. Au retour, on est arrivées à 2 heures du matin le jour du match, on a eu 5 heures de retard, on était vraiment dégoutées. Il ne faut pas tout mettre sur le dos de la SNCF mais sincèrement, ça nous avait bien perturbées parce qu’on était aussi dans une passe un peu compliquée. On n’avait pas mis les ingrédients qu’il fallait. Ce match-là pour nous était à oublier.

- Qu’est-ce que vous craignez le plus à Brest ?
- Pas mal de choses… Mais ça pourrait donner des armes à Brest si j’en parle donc… joker ! (rires)

- Vous pensez avoir un coup à jouer en tout cas ?
- Ça fait deux ans qu’on nous voit comme le petit poucet et j’espère qu’on va pouvoir écrire le nom du club dans l’histoire pour qu’on arrête de nous considérer comme ça. Ça passera par des résultats sur cette fin de saison, déjà contre Brest samedi. Nous, on ne se dit pas « avec un peu de chance, on peut gagner », on a conscience qu’on peut le faire. Si on commence à se mettre des doutes dans la tête… Ce n’est pas notre fonds de commerce de se cacher derrière un statut de petite équipe. L’année dernière, on a quand même déjà fini quatrièmes. À un moment, il faut assumer ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH et S.Pillaud)