BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

24.02.18 | Piégées !

Le Brest Bretagne Handball a subi un fâcheux coup d’arrêt dans sa salle (21-22) en s’inclinant face à une formation de Toulon Saint-Cyr qui aura crânement joué sa chance et eu le mérite d’y croire jusqu’au bout. Voilà donc un joker parti en fumée et ce revers permet à Nice de revenir à deux longueurs seulement des Brestoises au classement. La lutte pour la deuxième place fera rage jusqu’au bout.

« Brest ne pouvait pas nous prendre au sérieux en voyant qu’on avait seulement une ou deux remplaçantes sur le banc. Les Brestoises ont des échéances beaucoup plus importantes, cette équipe a les moyens de gagner la Coupe d’Europe et pour avoir entraîné Metz plusieurs années (2006-2009 et 2012-2014), je sais que c’est très dur de motiver les joueuses pour un match comme celui-là ». Le résumé est de Sandor Rac, entraîneur de Toulon Saint-Cyr depuis deux mois.

À l’issue des débats, le coach serbe était fier de son coup mais pas plus étonné que cela. « On savait que si on tenait la route collectivement et qu’on présentait une bonne défense avec une bonne gardienne, on pouvait le faire, ajoutait-il. Beaucoup de gens m’avaient dit qu’il fallait que je fasse l’impasse sur ce match contre Brest mais je ne suis pas comme ça ». Bien lui en a pris donc car ses filles ont joué un bien vilain tour à des Brestoises en course pour la deuxième place du classement et suivies dorénavant de près par l’OGC Nice.

Un peu abattu, Laurent Bezeau ne cachait pas sa déception et alignait d’entrée quelques explications : « Le constat c’est qu’on marqué 21 buts et Toulon n’est pas réputé comme la meilleure défense du championnat. Mais il y a aussi deux choses évidentes : Toulon joue bien, a d’ailleurs embêté Metz la semaine dernière, et s’appuie sur peu de joueuses avec donc une force collective qui se dégage, avec un registre de jeu intéressant ». Les Varoises ont aussi surtout montré une belle force de caractère en ne sombrant pas quand le BBH semblait avoir creusé un trou suffisant pour glisser vers un succès (20-16, 47e).

Longtemps ennuyées par des Toulonnaises accrocheuses, les Brestoises avaient enfin réussi à s’en dépatouiller, à l’usure, mais étaient sans doute à mille lieues d’imaginer un tel retour dans le money time. « À 20-16, il y a un truc qui a périclité, confirmait Laurent Bezeau. On a peut-être pensé que le match était gagné. Si on avait finalement remporté la partie d’un but, le discours n’aurait sans doute pas été le même mais je vois surtout qu’on a joué à l’image de nos entraînements des jours précédents. Chaque fois qu’on n’a qu’une rencontre dans la semaine, c’est une vraie galère pour relancer les filles. Pour elles, c’est vraiment très difficile mentalement, il y a un contrecoup. Je ne sais pas si vous imaginez le régime auquel elles sont soumises ».

Petit paradoxe, les Brestoises semblent en effet plus à l’aise quand elles enchaînent un match tous les trois jours, avec en contrepartie la fatigue engendrée. Alors quelle est la solution pour mener à bien tant d’objectifs ? « Il appartient aux joueuses de se prendre en charge et de récupérer, poursuivait le coach du BBH. Et ce qui serait bien, c’est qu’on n’ait pas toutes les filles en même temps qui subissent le contrecoup nerveux ».

Les analyses auraient en tout cas pu être bien différentes s’il n’avait pas manqué une seconde à Louise Sand pour égaliser au buzzer et si les Toulonnaises n’avaient pas, après avoir infligé à 6-0 aux locales, géré aussi malicieusement les dernières minutes de la partie. Mais les défaites, aussi dures soient-elles, font également partie du terrible apprentissage du haut niveau. Reste à voir maintenant la réaction des Brestoises face à ce coup d’arrêt. « Oui, on a perdu mais il ne faut pas se lézarder pour ça, concluait Laurent Bezeau. On n’arrête pas de parler pour nous mais on n’a jamais dit qu’on était la meilleure équipe du monde, on n’a jamais dit non plus qu’on serait champions de France. On a juste dit qu’on voulait faire mieux que l’année dernière ». Pour le moment, c’est le cas. Bret, ce n’est pas non plus la fin du monde !

BREST – TOULON ST-CYR : 21-22 (12-11)
BREST : Darleux (g.), Idéhn (g.), Burlet (1), Coatanéa, Limal (1) Manach-Le Calvé, Mangué (2), N’Gouan (3), Pineau (3), Pop-Lazic (1), Prouvensier, Sand (4), Stoiljkovic (1), Tissier (5). Entraîneur : L. Bezeau.
TOULON ST-CYR : Serdarevic (g.), Depuiset (g.), Bettacchini (g.), Abdourahim (4), Boutier, Catani (2), David, Eradze (3), Kramer (6), E. Puleri, L. Puleri (1), Tandjan (3), Zazai (3). Entraîneur : S. Rac.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)