BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

23.09.17 | Invincibilité préservée mais...

Même s’il a parfaitement maîtrisé le premier acte, le BBH a été piégé après le repos par le 7 contre 6 imposé par Besançon. Les Brestoises reviennent du Doubs avec un match nul (24-24) arraché à 30 secondes du terme. Un moindre mal pour cette équipe malgré tout toujours invaincue cette saison.

« Au regard des statuts, c’est un match que Brest aurait dû gagner. Au regard de la première mi-temps, c’est un match que Brest aurait dû gagner. Mais au regard de la deuxième mi-temps, c’est un match que Brest aurait pu perdre ». Voilà comment Laurent Bezeau exprimait ses regrets après cette « rencontre des paradoxes » qui aura donc vu les Finistériennes maîtriser leur sujet avant le repos puis prendre en quinze minutes une déferlante qui a complètement inversé le rapport de force. Comme face à Nice, c’est Pauline Coatanéa qui a enfilé le costume de sauveuse en égalisant à 30 secondes du buzzer, préservant le minimum pour le collectif brestois.

En débarquant vendredi soir à Besançon, la troupe du BBH était consciente qu’elle allait disputer le lendemain le premier vrai gros test de sa saison hors de ses bases. Si les deux premiers déplacements s’étaient soldés par des succès à Nantes et Bourg-de-Péage, les récents résultats de Besançon (victoire contre Issy Paris et petite défaite contre Metz) n’incitaient pas à l’excès d’optimisme. C’est peut-être cette méfiance qui poussa les Brestoises à réaliser une grosse première période, sans doute la meilleure depuis le début de la saison. Efficaces des deux côtés du terrain, l’équipe de Laurent Bezeau naviguait en eaux sereines. « Cette première période, on l’a dominée, confirmait le coach du BBH. Besançon était dans une situation difficile et, même si on aurait pu creuser un écart plus important, +4 c’était déjà pas mal ».

À 9-13 au retour des vestiaires, il était en effet difficile de prévoir la tempête qui allait suivre. Il ne fallait ainsi que 10 petites minutes aux locales pour recoller à 15-15 grâce à Lévêque et Granier déchaînées (15-15, 41e). Sous les yeux d’un Palais des Sports devenu subitement incandescent, les Bisontines ne s’arrêtaient pas là et creusaient même un sérieux écart (18-15, 46e). Les Brestoises, sans même s’en apercevoir, venaient d’encaisser un terrible 9-2, la faute à un passage de l’ESBF à 7 contre 6. « On a manqué complètement de maîtrise, soupirait Laurent Bezeau. Notre adversaire, bien managé, a su utiliser des outils que nous n’avons pas. Ce n’est pas l’équipe qui a paniqué, ce sont les joueuses. Pour l’instant, très clairement, il y a des performances individuelles qui ne correspondent pas au statut du club de Brest. Alors ce 9-2 encaissé va forcément laisser des traces mais je retiens la force de caractère qu’on a eue, on n’a pas lâché en fin de match pour égaliser. Mais on ne peut pas être satisfaits de s’être retrouvés dans une telle situation ».

Si l’entraîneur brestois laissait entrevoir donc de l’amertume après ce partage des points, son homologue bisontine s’en contentait largement. « Je pense que c’est un bon résultat, je prends ça de manière complètement positive, lâchait ainsi Raphaëlle Tervel. Après une première période un peu poussive dans laquelle on n’est pas bien entrées et qu’on a jouée à 50% de ce qu’on pouvait faire, on a su se remobiliser. Le 7 contre 6 leur a posé des problèmes et ça nous a permis de revenir ».

Laurent Bezeau, qui aura très peu de temps pour préparer la prochaine rencontre de championnat face à Chambray en raison du départ de nombreuses internationales, avait en tout cas très vite la tête tournée vers la suite et ne voulait pas trop en dire après cette déception : « Ça ne sert a rien de gesticuler et de parler à tort et à travers. Beaucoup de choses ont déjà été dites donc maintenant on ferme notre gueule et on travaille ». On ne peut pas faire plus clair. 

BESANÇON – BREST : 24-24 (9-13)
BESANÇON : Gabriel (g.), Stojak (g.), Bouquet (1), Brame, Dazet (6), Dupuis (4), Feuvrier, A. Frécon, Granier (3), Kouyaté, Lévêque (4), Nunez (3), Robert (1), Touré (2). Entr. : R. Tervel.
BREST : Darleux (g.), Idehn (g.), Burlet, Coatanéa (6), Copy, Geiger (1), Herbrecht (2), Limal, Mangué (5), N’Gouan (4), Sand (3), Stoiljkovic (1), Tissier (2), Toublanc. Entr. : L. Bezeau.

ELLES ONT DIT

Pauline Coatanéa :
« Ce dernier tir était important. On était à 6 contre 5 et je savais que l’enclenchement allait finir sur moi. J’étudie les gardiennes à la vidéo, je savais qu’elle éclatait beaucoup donc j’ai pris sur moi pour essayer de garder du sang froid. En première mi-temps, on gagnait de 4 buts, on avait trouvé des solutions en attaque et en défense. On avait aussi mis de l’agressivité comme rarement cette saison. Mais après la pause, Besançon a commencé son 7 contre 6 et on a perdu nos moyens, je ne sais pas trop pourquoi, et du coup on a aussi remis leur gardienne dans le match. Je trouve qu’on ne se fait pas assez confiance, on manque de sérénité alors qu’on a un effectif énorme avec des joueuses talentueuses. On va ruminer ce nul pendant une semaine car c’était important de gagner. C’est une déception ».

Cléopatre Darleux :
« On a fait une très bonne première mi-temps. En deuxième, on a été mises en difficulté sur le 7 contre 6, on n’a pas trouvé la solution et on a pris l’eau de partout. Ça nous a ensuite perturbées sur l’attaque. Comme on se sentait moins bien, on était davantage fébriles, moins confiantes offensivement. On aurait pu perdre cette rencontre et on a quand même montré un mental intéressant. On voit qu’on est malgré tout irrégulières, c’est dommage, mais c’est dans la lignée de ce qu’on a fait depuis le début ».

Astride N’Gouan :
« On a connu une première mi-temps intéressante, c’est la première fois qu’on menait comme ça aussi sereinement. On a bien travaillé, on a été patientes, on était fortes en défense et mentalement en place. En deuxième, elles sont vite revenues, elles ont attaqué fort et on n’a pas réussi à rebondir. On a gardé un bon état d’esprit tout de même pour arracher le nul parce que Besançon n’a rien lâché. Depuis le début de la saison, notre force c’est le mental. On a toujours su revenir quand il le fallait mais il faut se dire que le championnat avance et ça va devenir de plus en plus dur, on ne pourra pas toujours le faire ».


(crédit photos : Laury Rousseau)