BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

21.09.19 | Un sans-faute de ces dames !

Le Brest Bretagne Handball a conclu de la meilleure des manières la première partie du championnat avant la trêve internationale. Enquiquinées par Toulon pendant une bonne partie du match, les Rebelles ont réussi comme souvent cette saison, à trouver les ressources pour faire la différence dans le money time (27-21). Autour d’une Sandra Toft encore une fois exceptionnelle à l’Arena, les Brestoises ont montré de belles choses en défense et donc signé un sixième succès en autant de matches.

Net et sans bavure. Le premier marathon de la saison qui voyait les équipes de Ligue Butagaz Énergie enchaîner 6 rencontres en un peu plus de 3 semaines aura été traversé sans encombre par le Brest Bretagne Handball. Des secousses, bien sûr, il y en a eu, presque à chaque match pour ainsi dire, mais le fil rouge de toutes ces oppositions aura été la force mentale et l’esprit de groupe déployés par les Rebelles. « Je n’arrive pas à avoir peur avec cette équipe », lâchait d’ailleurs volontiers Laurent Bezeau après la victoire contre les Varoises. Cela ne reste que l’avis du technicien mais celui-ci vit tous les jours avec cette bande de filles de laquelle, c’est une évidence, se dégage une sorte de sérénité et une joie d’évoluer ensemble. Alors si le BBH ne rend pas encore de copies parfaites, il a au moins le mérite d’engranger des points, le maximum pour le moment, et de laisser en conséquence les interrogations à la porte.

« J’espérais ce 6 sur 6 avant le début du championnat, poursuivait-il. Mais en plus j’y croyais vu l’implication des filles et leur investissement à l’entraînement. Maintenant, on ne va pas non plus gagner tous les matches de l’année. Mais ce qui ressort de cette équipe c’est que le jour où ça nous arrivera, je pense qu’on sera capable de se dire « et alors ? » avant de continuer à avancer ».
Outre les qualités psychologiques, une autre bonne habitude est apparu, celle de voir Sandra Toft éteindre l’adversité, et souvent de manière spectaculaire, dans sa nouvelle maison de la Brest Arena. Ce samedi, la gardienne a tout bonnement écœuré les tireuses toulonnaises. Performante dans le jeu, elle a surtout affiché une classe terrible sur les jets de 7 mètres avec 6 arrêts sur 8 au final. « Je n’y pense pas vraiment avant un match, je travaille simplement ça à l’entraînement, avouait-elle à l’issue des débats. Mais j’avais déjà fait mieux, j’en avais sorti 7 avec Larvik en Ligue des Champions il y a longtemps ». Une récidiviste donc. « Ce qu’on attend d’une grande gardienne, c’est que même quand elle n’est pas spécialement bonne, elle fasse les arrêts qu’il faut, élargissait un peu Laurent Bezeau au sujet de la Danoise. Il faut aussi souligner qu’on a un entraîneur, Mathieu Kreiss, qui travaille très bien avec nos gardiennes. En tout cas, il y a Sandra et aussi devant elle une volonté défensive intéressante ».

On a en effet vu une première période plutôt aboutie dans ce secteur de la part des Brestoises. Si elles étaient embêtées par le bon match également de Serdarevic dans les cages, elles réussissaient plutôt bien à museler un jeu toulonnais sans grande inspiration. « Durant les 30 premières minutes, on a pris la mesure de notre adversaire mais malheureusement, en attaque, on n’arrivait pas à trouver le rythme et le chemin du but avec tout de même 14 tirs ratés », soulignait Laurent Bezeau. On aurait ainsi pu espérer un écart plus important que ce +3 à la pause (11-8, 30e) mais côté varois, on voyait les choses d’une autre manière. « On avait plutôt bien fait notre boulot mais Toft nous avait mangés aux penaltys. Si on les avait mis, on aurait au moins été à égalité », débriefait ainsi Sandor Rac, le technicien du TSCVHB.

Toulon amoindri, on était alors en droit de penser que ça allait dérouler davantage en seconde période. À +4 à l’entame du dernier quart d’heure (18-14, 44e), on n’avait pas vraiment changé d’avis mais comme on aime le suspense à la Brest Arena, une supériorité numérique bien gérée par les Toulonnaises les remettaient totalement sur les talons locaux (19-18, 47e). Entretemps, le carton rouge reçu par la pivot N’Diaye, qui posait beaucoup de problèmes à la défense brestoise, allait changer pas mal de choses. Sans joueuse de métier à ce poste, Toulon manquait alors de solution et si Ana Gros avait porté offensivement l’entame de la deuxième mi-temps, c’était au tour des ailières, Pauline Coatanéa et Coralie Lassource, de se mettre en évidence pour redonner un grand bol d’air aux Rebelles (25-19, 56e). L’affaire était pliée.

« Notre problème a été cette expulsion, confirmait Sandor Rac. On n’avait plus de pivot jusqu’à la fin du match. Sur une partie avec cette intensité et ces courses, c’est compliqué sans beaucoup de rotations. Et on avait beau avoir gagné nos 2 dernières rencontres ici, je savais que ce serait compliqué ».
Comme ça le sera pour toutes les équipes qui voudront battre ce BBH-là. Solide dans sa tête, il ne semble jamais vouloir abdiquer ou paniquer. De bon augure. « On a un groupe encore en construction, concluait Laurent Bezeau. Je retiens le 6 sur 6 et le fait qu’on aurait peut-être perdu quelques rencontres sans l’état d’esprit qui anime les filles. Je cherche à pouvoir les accompagner pour qu’on puisse surmonter les problèmes qu’on rencontre. Il y a des choses qui marchent, d’autres non mais je me dis qu’avec le travail, on va réussir à combler cela ». On n’a aucun mal à le croire.

BREST – TOULON : 27-21 (11-8)
BREST : Toft (g.), Fontaine-Carretero (g.), Mauny (1), Toublanc (1), Tissier (2), Gros (5), Kobylinska (1), Lassource (4), Minevskaja (2), Niakaté (1), Pop-Lazic (4), Foppa (1), Coatanéa (5), Mangué. Entraîneur : L. Bezeau.
TOULON : Serdarevic (g.), Falcon (g.), Gnabouyou (1), Rozemalen (4), Kramer (4), N’Diaye (2), Surmély (1), Bulleux (5), Catani (1), Abdourahim (1), Eradze (2), Cvijic. Entraîneur : S. Rac.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)