BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

20.10.18 | Laurent Bezeau : « J’attends la victoire »

En déplacement ce week-end en Suède pour y affronter Sävehof, le Brest Bretagne Handball a conscience que la double confrontation face à cette formation sera décisive en vue d’une qualification pour le Main Round. Laurent Bezeau ne fait d’ailleurs pas de mystère sur ses attentes pour ce match. Le coach brestois veut voir ses filles enfin triompher en Ligue des Champions et se mettre en position idéale avant de recevoir Sävehof à l’Arena dans deux semaines.

« Laurent, vous avez enfin eu une semaine complète pour travailler. Qu’avez-vous fait durant ces quelques jours ?
- J’aime bien regarder derrière pour comprendre et être meilleur demain. On s’est rendu compte les années précédentes qu’après avoir joué tous les trois jours, quand on avait ensuite une semaine complète de préparation, c’était dur à gérer parce qu’on souffrait d’un certain relâchement, d’une baisse de concentration, d’une démobilisation. Donc l’idée là était de privilégier la récupération physique mais aussi mentale. On ne s’est vraiment penchés sur Sävehof qu’à partir de jeudi.

- Juges-tu la période actuelle plus compliquée ?
- Oui forcément car on a commencé la Ligue des Champions et tout y est exacerbé. Le mois de septembre avait été très chargé en matches avec ensuite une semaine internationale. On a juste après commencé à jouer tous les trois jours. J’essayerai d’ailleurs de proposer l’année prochaine à la LFH de ne pas disputer les rencontres de report trois jours après une semaine internationale. Les filles de chez nous qui sont parties ont voyagé et ont disputé quatre matches en quatorze jours et pour les Françaises, c’était même sept en dix-huit jours, ce qui est totalement invraisemblable. C’est donc plus compliqué en ce moment en raison du calendrier et de la qualité des adversaires.

- À ce titre, le point gagné contre Rostov peut être une vraie satisfaction dans ce contexte…
- Oui, il y a eu forcément beaucoup de frustration parce que ce match-là, on aurait pu le gagner, mais ce point peut être très important à l’avenir donc on en est contents.

- Évoluer sans deux joueuses majeures, Cléo et Bella, c’est quelque chose que le BBH doit apprendre à faire ?
- On sait où on veut aller et on croit conna
ître le modèle qu’on veut construire pour pouvoir être capables de gérer ce genre de calendrier tout en étant performants et en gagnant des titres. On a bâti une équipe pour nous permettre d’appréhender l’enchaînement, on veut donner un rôle à toutes les joueuses et qu’elles l’assument. Rien n’est figé, ça peut bouger en fonction des états de forme. Elles n’ont pas toutes le même rôle et quand certaines sont absentes, d’autres doivent faire le boulot. Maintenant, on va voir si c’est le cas. Dans le cas contraire, ça voudra dire qu’on n’est pas prêts à être dans ce modèle encore. Bella et Cléo sont deux points forts de notre équipe donc on ne peut pas dire qu’on sera aussi bons sans elles, on sera juste autrement, on va évoluer dans un registre différent.

- Peut-on considérer que la double confrontation face à Sävehof représente le moment-clé pour le BBH dans sa quête de qualification ?
- Oui puisque l’objectif est d’être au Main Round. Si on gagne les deux rencontres face à Sävehof, on y sera. Si on en perd une des deux, il faudra alors récupérer des points contre les autres équipes. On a pris un point contre Rostov, c’est peut-être un bonus si Copenhague et Sävehof ne prennent rien contre cette équipe. Mais je tiens à rappeler qu’on va demain affronter une formation qui est 28e au ranking européen alors que nous sommes 67es. On ne joue pas contre des joueuses et une équipe mais contre tout un ensemble, une histoire, une culture, un environnement. Là, on est par exemple dans un bel hôtel mais inapproprié pour le sport de haut niveau donc il faut faire attention à ne pas tomber dans les pièges.

- Qu’attends-tu de ton équipe demain ?
- Sincèrement, j’attends la victoire. Gagner le match, peu importe les moyens.

- Quelles sont les caractéristiques de Sävehof ?
- C’est la meilleure équipe suédoise depuis des années. C’est un club qui a déjà disputé 62 matches de Ligue des Champions et qui sort beaucoup d’internationales. L’effectif est jeune avec seulement deux filles nées en 87 et 89. Le professionnalisme n’est pas complètement développé en Suède donc Sävehof forme de jeunes joueuses et ensuite elles partent. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’expérience. Certaines filles sont habituées à faire des matches internationaux, autant voire plus que des Brestoises. On va avoir face à nous beaucoup d’engagement, d’intensité, d’enchaînements de phases de jeu. Le handball suédois présente quelques particularités par rapport au danois par exemple mais de manière générale, c’est un style scandinave. Le problème, c’est que j’ai l’impression qu’on est toujours surpris par l’intensité et la vitesse proposées donc il va être temps qu’on commence à s’adapter ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)