BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

17.11.18 | Rendez-vous manqué

Si les Brestoises avaient été les seules à prendre un point à Rostov depuis le début de la campagne de Ligue des Champions, elles n’ont cette fois pas fait le poids en Russie (30-24). Face à une formation puissante et intense, les filles ont très vite été détachées dans le match et n’ont pu que courir après le score pendant 60 minutes. Alors que l’heure du break international a sonné, c’est seulement la deuxième défaite, toutes compétitions confondues, pour le BBH cette saison. Vivement la suite après l’Euro !

« Il n’y a rien à retenir de ce match car ce n’était pas nous », déplorait à l’issue des débats Pauline Coatanéa. « On a fait le match qu’on voulait faire », lâchait de son côté Anna Vyakhireva. À l’énoncé de ces deux sentences, il est assez aisé de deviner le scénario de cette rencontre, la dernière avant le break international. « À 4-1 pour Rostov, j’ai tout de suite compris le match qu’on allait avoir », appuyait même Laurent Bezeau, contraint de poser son temps mort numéro 1 à la 6e minutes, comme pour stigmatiser que dès les premiers échanges, le rapport de force paraissait déjà démesuré.

Le Brest Bretagne Handball était venu chercher un ou deux points pour augmenter son pécule avant d’entamer le Main Round fin janvier de la meilleure des manières. Il a finalement décollé de Rostov samedi soir avec une défaite qui ne souffre hélas d’aucune contestation.
Les Brestoises n’auront jamais mené dans cette partie ni eu l’espoir de pouvoir refaire leur retard à un moment donné tant l’intensité des Russes paraissait supérieure.
« Je ne sais pas quelle est la dernière équipe à avoir gagné ici, très peu l’ont fait, poursuivait Pauline Coatanéa. Mais j’ai l’impression qu’on n’a pas joué comme on aurait dû le faire, on n’a pas répondu à leur agressivité. Elles ont fait tout ce qu’elles voulaient de la première à la dernière minute ».

L’ailière du BBH le rappelle à raison, il est toujours très compliqué de s’imposer à Rostov et pour avoir la moindre petite chance d’y parvenir, eu égard au contexte et à la qualité de l’équipe en face, il faut se présenter avec le minimum, c’est-à-dire une formation au complet. Depuis un mois, le BBH est privé de Cléo Darleux (genou), Bella Gulldén (voûte plantaire) a fait son retour mais était loin de son vrai niveau après trois semaines très light en entraînements et pour couronner le tout, Amandine Tissier s’était fait mal à la cuisse avant le départ pour la Russie et jouait sur une jambe. Cela fait beaucoup pour une seule équipe, non ?

Si à l’aller les Rebelles avaient regardé les Russes dans les yeux (29-29) et auraient même sans doute pu remporter la rencontre sans les blessures de Darleux et Gulldén, il n’y a pas eu photo sur cette confrontation retour. « C’est assez particulier de commenter un match dans lequel on n’a pas existé, regrettait Laurent Bezeau. Ce soir, on n’a absolument pas eu les armes pour jouer face à Rostov et il aurait déjà fallu qu’on soit capables de s’appuyer sur nos valeurs qui ont été absentes ».

Les choses étaient déjà presque définitivement entendues à la pause que les deux formations avaient rejointe avec le score de 18-12. Intenses, efficaces, parfois chanceuses aussi sur des ballons capricieux, les protégées d’Ambros Martin avaient fait beaucoup de mal aux Bretonnes. Face une Pessoa remontée comme un coucou, une Vyakhireva chirurgicale et une Makeeva diabolique au pivot, le BBH ne pouvait que courir après le score (9-6, 14e ; 11-6, 17e). « Leur défense a été agressive et il y a des joueuses vraiment performantes à tous les postes », ajoutait d’ailleurs Laurent Bezeau.

Le deuxième acte ne laissait finalement pas plus de possibilités d’y croire aux Brestoises, auteures d’un rapproché durant les premières minutes (19-15, 36e), grâce notamment au bras d’Ana Gros, mais vite retombées dans leurs travers et emportées par la vague russe (22-15, 39e ; 25-17, 46e ; 29-19, 54e). Restait alors à finir les débats d’une manière correcte. « On a fait une fin de match honorable avec des joueuses qui ont eu un comportement digne, se félicitait tout de même le technicien du BBH. Mais ce soir, ce n’est pas tant le résultat final qui me déçoit parce que si je savais qu’on pouvait peut-être gagner de peu, j’avais aussi conscience qu’on pouvait prendre une secouée, je ne suis surtout pas content du jeu qu’on a proposé ».

Le Brest Bretagne Handball va maintenant entrer dans le Main Round fin janvier nanti de deux points pour y affronter Metz, Buducnost et Odense. « Qu’on ait quelques points d’avance ou de retard, on ne sait jamais comment ça va se passer après, concluait Laurent Bezeau. On va voir si on peut se qualifier pour les quarts de finale mais si on joue comme aujourd’hui, on regardera ça à la télé ».
Comme l’Euro que le club va suivre de près dans quelques jours avec la participation de plusieurs Brestoises comme Coatanéa, Pineau et Foppa (France), Stoiljkovic et Pop-Lazic (Serbie), Gulldén et Idéhn (Suède) ou encore Gros (Slovénie). Pour la reprise de la compétition de club, il faudra patienter jusqu’à la fin décembre mais l’ouverture de la deuxième phase, entre les fêtes, vaudra le détour : un superbe BBH – Metz le samedi 29 décembre à l’Arena.

ROSTOV – BREST : 30-24 (18-12)
ROSTOV :
Pessoa (g.), Sedoykina (g.), Mekhdieva (g.), Slivinskaya, Managarova (4), Petrova, Sen (1), Abbingh (2), Vyakhireva (7), Sudakova (1), Maslova (3), Makeeva (6), Smirnova, Duleva (2), Kuznetsova (3), Borshchenko (1). Entraîneur : A. Martin.
BREST : Idéhn (g.), Quiniou (g.), Mauny, Tissier, Gros (6), Pineau (4), Gulldén (1), Lagattu (2), Prouvensier, Pop-Lazic (1), Stoiljkovic (4), Foppa, Coatanéa (2), Limal (2), Mangué (2). Entraîneur : L. Bezeau.