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16.11.18 | Laurent Bezeau : « On est déjà dans le Main Round »

Les Brestoises disputent ce samedi leur dernière rencontre de poule dans la très difficile salle de Rostov. Un match que Laurent Bezeau considère déjà comme faisant partie du Main Round car les points éventuellement pris seront conservés. Les filles vont devoir montrer une vraie mobilisation pour tenter de prendre le dessus sur les Russes, malgré un voyage encore très mouvementé pour rejoindre le Caucase. On fait le point avec l’entraîneur brestois.

« Laurent, la délégation brestoise est arrivée ce midi à Rostov. Encore un voyage éreintant…
- Oui, une vraie catastrophe. Il y a eu d’abord l’attente à Roissy, l’arrivée tardive à Moscou hier soir avec une adaptation nécessaire au décalage horaire. Il n’est que de deux heures mais il faut le prendre en compte. On a donc eu le petit déjeuner ce matin à 5h30, heure française. Et à Rostov, il y a maintenant un nouvel aéroport, situé plus loin du centre ville, donc on a eu encore une heure de route supplémentaire pour rejoindre enfin notre hôtel. C’est l’aventure de la Ligue des Champions !

- Le groupe est donc logiquement fatigué à 24 heures de ce match…
- De ce que j’ai compris, les joueuses n’ont pas beaucoup dormi. Certaines avaient peur de manquer le lever, une fille comme Bella par exemple s’est réveillée toutes les heures et on est plusieurs dans ce cas je crois. On est donc un peu en mode zombie. Aller en Russie, c’est toujours compliqué mais ce genre de voyage peut aussi arriver sur d’autres destinations comme Kristiansand, en Norvège, la saison dernière. C’est pour ça que je dis toujours qu’en Coupe d’Europe à l’extérieur, on ne joue pas que contre une équipe mais aussi un contexte et un environnement.

- Quelle importance donnes-tu à cette rencontre de poule face à Rostov ?
- Depuis la semaine dernière contre Copenhague, on est déjà dans le Main Round puisque les points de ces rencontres vont compter pour la suite. C’est donc un match à l’extérieur du Main Round en quelque sorte qu’on va disputer. Pour espérer aller plus loin que cette phase, il faudra qu’on gagne nos trois rencontres à domicile (face à Metz, Buducnost et Odense) à partir de fin janvier et qu’on arrive à en attraper un en déplacement vu le retard qu’on a. Pourquoi pas commencer ici à Rostov ? Une chose est sûre, c’est que je suis venu pour gagner et que j’espère que les joueuses auront envie de me suivre.

- Il va falloir aborder ce match dans un contexte particulier, avec le départ immédiat des internationales juste après la rencontre…
- Oui, c’est compliqué parce qu’on arrive à la fin d’un cycle donc on peut considérer que les filles sont épuisées, aussi bien mentalement que physiquement. J’entraîne de la D1 hommes ou femmes depuis 1998 et je me suis rendu compte que les matches avant les trêves internationales ne sont jamais idéaux parce que les joueuses vont rejoindre leur sélection, sont fatiguées, et inconsciemment c’est difficile pour elle de gérer tout ça.

- Face à Rostov, ce sera le 16e match de compétition depuis le début de la saison. Qu’as-tu pensé des 15 premiers ?
- Une seule défaite en 15 matches, toutes compétitions confondues, c’est intéressant même si on a aussi fait des nuls et qu’au niveau comptable, il faut le prendre en compte. En championnat, on a un point de retard sur Metz, on est encore derrière. On a un match contre les Messines le 29 décembre mais c’est chez nous et on aura donc tout à perdre et elles tout à gagner, avec seulement quelques jours de préparation. En Ligue des Champions, il y a un peu de frustration malgré tout parce que je pense que sur la défaite et les deux nuls enregistrés, ça aurait été intéressant d’en gagner deux. Denis Le Saint, notre président, dit « ce qui est positif, c’est qu’on s’est donné le droit d’avoir des regrets », j’espère juste qu’il n’y en aura pas trop parce que des fois, quand les trains passent, il faut savoir monter dedans.

- Ce dernier match avant la trêve est-il le plus compliqué ?
- Pas forcément mais c’est peut-être celui où on peut prendre la plus grosse rouste. Autant on peut prétendre à faire quelque chose d’intéressant mais on peut aussi passer à côté. Ça laisserait un goût particulier dans la bouche juste avant la trêve. Il y a des satisfactions avec une seule défaite pour le moment mais si on finissait sur une vraie fausse note, ce serait très désagréable.

- L’équipe de Rostov sera celle qu’on connaît très bien ?
- Il n’y a pas eu trop de changements mais Ambros Martin impose sa patte. Je vois qu’il est capable d’alterner plusieurs systèmes défensifs alors que les saisons précédentes, j’ai eu l’impression que Rostov défendait plutôt toujours très aligné. Ce qu’il a fait contre Copenhague, une défense étagée, je ne suis pas certain qu’il le fasse contre nous mais on verra. En attaque, ça s’affine, ça renvoie beaucoup de confiance et d’affinités qui n’étaient pas forcément présentes il y a quelques semaines. C’est en tout cas une équipe très homogène et il n’y a pas un poste qui tire les autres vers le bas ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)