BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

15.09.19 | Les nerfs solides !

Il aura fallu au Brest Bretagne Handball du contrôle et du cran pour sortir vainqueur (23-22) d’une rencontre au couteau face à un adversaire lui posant toujours mille problèmes. Les défaites contre Nice la saison passée avaient laissé des traces et ce succès donc, en plus de préserver l’invincibilité, accorde un petit gain psychologique aux Rebelles qui ont une fois de plus montré qu’elles savaient évoluer en équipe et être à la hauteur dans les moments chauds.

La semaine avait de quoi faire pâlir quelques visages brestois. Le calendrier de la Ligue Butagaz Énergie avait ainsi désigné deux échéances pas simples à négocier pour le BBH à quelques jours d’intervalle. Entre un déplacement à Chambray, historiquement accroché, et la réception de Niçoises avec la pancarte de bête noire dans le dos, les Rebelles avaient (sans doute) tout à craindre de ce premier virage délicat de leur saison. Le bilan des couses plaide au final en leur faveur avec deux succès qui portent désormais l’invincibilité du club des frères Gérard et Denis Le Saint à cinq matches.

« Il y a plus d’homogénéité cette saison à Brest et on voit que pour l’instant ça paye », soulignait d’ailleurs le coach niçois Marjan Kolev. Peut-être que le technicien de l’OGCN s’est aussi dit que cette rencontre, quelques mois en arrière, il l’aurait gagnée. « Les matches se gagnent dans les moments importants et on a été forts dans ce secteur, lui répondait Laurent Bezeau. Je pense d’ailleurs que ça va continuer ». Le coach du BBH sait qu’il a entre les mains cette saison un groupe très complet qui travaille et vit à l’unisson. La panique ou la psychose ont été priées de rester à la porte et c’est ainsi avec beaucoup de sérénité que les Brestoises parviennent à se sortir de situations parfois mal embarquées.

En témoigne ce retour express en 3 minutes avant le repos. Alors que les Aiglonnes avaient fait cavalier seul durant tout le premier acte, une accélération brestoise a tout renversé et c’était finalement l’Arena qui pouvait exploser (une première fois) sur un but de Constance Mauny au buzzer (12-11, 30e). « Nos problèmes sont intervenus à ce moment-là, soufflait Marjan Kolev. Ça s’est passé quand on a été obligés de faire des changements. Au final, ça nous fait mal parce que ça a permis à Brest de revenir ». Dans la tête du coach azuréen arrivait certainement en tête la sortie d’Abdelmalek, intenable durant les premières possessions et qui avait besoin de souffler.

« Mais mes filles ont aussi eu une prise de conscience en défense, on encaissait alors trop de buts », ajoutait Laurent Bezeau, content d’avoir pu compter sur le bras d’Ana Gros pour maintenir son équipe à distance raisonnable quand le bateau tanguait un peu. « Ana, c’est l’une de nos leaders en attaque, rappelait-il. Elle a une capacité à shooter ou à donner la balle au pivot. Mais elle a aussi une équipe la met en situation pour ça ».

Avec ce léger avantage aux citrons, la destinée du match avait en tout cas bien évolué. Et si le mano a mano a longtemps été terrible durant le second acte, les Aiglonnes ne sont repassées devant qu’à deux reprises (15-16, 38e ; 16-17, 42e), signe que leur domination antérieure s’essoufflait. « Il ne faut pas dévaloriser la victoire de Brest mais je dois analyser ce match en disant qu’il y avait plus de rotations et donc de fraîcheur de l’autre côté en plus d’une meilleure qualité sur certains postes, détaillait Marjan Kolev. Les filles se sont bien battues comme toujours et si on continue comme ça, on peut faire une saison très positive. Prendre 23 buts seulement face à Brest qui a des mitraillettes de tous les côtés, c’est pas mal et ça donne le droit d’être optimistes par rapport aux autres ».
« Oui, on a davantage de rotations mais le handball est un sport d’équipe, répliquait Laurent Bezeau. On sait qu’on a la capacité à imprimer un rythme et à mettre nos adversaires dans des difficultés physiques. Mais quand tu joues les grandes équipes comme Metz, ça se passe aussi comme ça en face. Et un match dure toujours 2 fois 30 minutes ».

Mais même avec un banc plus développé, le Brest Bretagne Handball a dû batailler pour aller chercher ces 3 points. Il restait ainsi 49 secondes quand Sy égalisait sur jet de 7 mètres (22-22) et il fallait toute la puissance du bras d’Ana Gros hors secteur pour trouver la mire à 18 secondes du buzzer (23-22). Une séquence défensive plus tard et le pompon était décroché ! « Il y a une espèce de sérénité dans mon équipe, de la confiance et la mainmise sur le projet de la part de l’ensemble des membres, joueuses et staff, concluait Laurent Bezeau. Et si on avait perdu ce soir, il se serait passé quoi ? Pas grand chose. On se serait juste remis au travail pour progresser. Mais ce que je retiens, c’est qu’on a gagné ! » CQFD

BREST – NICE : 23-22 (12-11)
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Toublanc (1), Tissier (4), Gros (8), Kobylinska (2), Lassource (1), Minevskaja, Niakaté, Pop-Lazic (3), Foppa, Coatanéa (1), Mangué (2). Entraîneur : L. Bezeau.
NICE : Sako (g.), Micevska (g.), Sy (5), Agathe (1), Janjic, Blonbou (1), David (2), Joyce, Lachaud (2), Fall (1), Skolkova (5), Abdelmalek (5). Entraîneur : M. Kolev.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)