BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

10.11.17 | La tête haute

Même s’il lui reste un match à disputer à Gyor le week-end prochain, le BBH ne verra pas cette saison le tour principal de la Ligue des Champions. Une nouvelle fois tombées avec les honneurs, une nouvelle fois face à un adversaire prestigieux, les Brestoises ont enregistré une cinquième défaite en autant de matches. Un bilan qui les condamne donc à repartir en Coupe EHF dès le mois de janvier mais à coup sûr, leur apprentissage leur aura apporté un véritable accélérateur de croissance.

« On n’était pas mécontents de tomber dans une telle poule, c’était pour nous une manière d’apprendre beaucoup plus vite. Mais s’il vous plaît, laissez le temps au temps », concluait ainsi sa conférence de presse Laurent Bezeau. C’est aujourd’hui une certitude, le BBH dira au revoir (pour cette saison) à la Ligue des Champions le week-end prochain dans la salle du champion en titre, Gyor. Mais une fois les pilules de la défaite et de l’élimination avalées, le coach brestois ne cachait pas que cette courte aventure chez les grandes allait permettre au club de faire un bond en avant.

« L’histoire ne s’achète pas, confirmait son homologue français de Rostov, Fred Bougeant. Brest est en train de poser les fondations et je sais ce que c’est, vivre une première année de Ligue des Champions est toujours compliqué. Je connais la difficulté d’arriver dans ce monde-là ». Ce monde-là, c’était pour le Brest Bretagne Handball l’occasion d’affronter en un mois et demi ce qui se fait de mieux sur la planète handball. Entre le champion d’Europe Gyor, le tenant de la Coupe EHF Rostov et l’habitué de la compétition Midtjylland, les Brestoises ont dû se coltiner le gratin mais le savent aussi déjà, tout cela leur servira, et sans doute très rapidement.

Avant cette confrontation avec Rostov, la quatrième déjà en 2017, le BBH ne pouvait espérer mieux que de rester en vie et ses chances d’y parvenir étaient bien fines. Mais quand Pauline Coatanéa donna un but d’avance à son équipe après le repos (17-16, 36e) et que Cléo Darleux multipliait les sauvetages, on se mit alors y croire à ce premier succès en Ligue des Champions. L’égalisation de l’ailière brestoise quelques minutes plus tard (18-18, 45e) fut pourtant le dernier espoir d’un collectif qui céda dans le dernier quart d’heure.

« Je n’ai pas grand chose à reprocher à mes joueuses, avouait Laurent Bezeau. On a eu des absences et contre Rostov, tu le payes cash. Les filles ont eu la volonté de bien faire tout le match mais on n’a pas joué contre un mur. C’était Rostov quand même, un adversaire prestigieux avec des joueuses d’expérience. On a malmené cette équipe mais elle a su régir et nous faire déjouer. Elle a su nous emmener là où on ne pouvait pas la suivre ».

Après un début de partie compliqué (2-7, 11e), marqué par de nombreux échecs aux tirs (maudits poteaux !), les Finistériennes surent réagir et le match dans le match entre le bras de la Roumaine du BBH, Melinda Geiger (5/6 avant le repos) et les cannes de l’Ukrainienne de Rostov, Iulia Managarova (6/6 avant le repos) ne donnait aux protégées de Fred Bougeant qu’un court avantage aux citrons (14-15, 30e). « Je pense qu’on a fait un match plein, y compris en première mi-temps même si l’on avait qu’un but d’avance, débriefait le technicien de Rostov. Il faut dire qu’on était alors qu’à 22% d’arrêts. Les filles ont respecté le plan, même s’il y a eu trop de déchets mais il faut l’accepter quand on prend des risques en jouant vite ».

C’est en restant sur cette philosophie et en profitant également des grosses difficultés des Brestoises pour trouver la cage de Pessoa dans le dernier quart d’heure que l’équipe russe parvint aussi à décrocher définitivement les locales au cœur du second acte. Et devinez qui précipita la chute du BBH ? Vyakhireva bien sûr ! Pas spécialement en vue jusqu’alors, le feu follet de Rostov, comme au match aller, allait tuer les espoirs brestois en inscrivant trois buts ultra précieux (18-23, 50e).

Des grandes joueuses, il y en aura également beaucoup sur le terrain la semaine prochaine à Gyor, en Hongrie, pour la dernière levée dans la compétition. Face au champion d’Europe en titre, le Brest Bretagne Handball voudra sortir de la Ligue des Champions avec les honneurs. « J’ai envie de mettre en avant le fait que nous avons bien assumé notre wild card, ajoutait Laurent Bezeau. On a montré un joli visage, crédible et légitime. Les filles ont voulu aller chercher des victoires, être autre chose que des victimes expiatoires. Et on n’en était pas loin ». Il n’y aura personne pour dire le contraire.

BREST – ROSTOV : 23-29 (14-15)
BREST : Darleux (g.), Idéhn (g.), Tissier, Geiger (6), N’Gouan, Herbrecht, Lagathu (1), Prouvensier, Sand (4), Pop-Lazic (1), Stoiljkovic (1), Manach-Le Calvé, Coatanéa (4), Burlet (3), Limal (3). Entraîneur : L. Bezeau.
ROSTOV : Pessoa (g.), Sedoykina (g.), Slivinskaya, Managarova (8), Rodrigues (5), Vyakhireva (4), Maslova, Makeeva, Kalinichenko, Dembélé (1), Bulatovic (5), Ilina (2), Barbosa (4), Borshchenko. Entraîneur : F. Bougeant.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)