BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

11.09.19 | Elles ont attendu leur heure

Enquiquiné une bonne partie du match, le Brest Bretagne Handball s’est finalement imposé face à Chambray pour ce qui représente son quatrième succès de la saison (31-26). À la clé, ce bilan immaculé place les Rebelles, qui ont vu les premières minutes de leur capitaine Coralie Lassource, seules en tête en compagnie des incontournables Messines. Avant deux rencontres méditerranéennes à l’Arena face à Nice et Toulon, le plein de confiance est fait.

Le scénario est un peu toujours le même. Et depuis quelques années, la fin également. On a beau le savoir en entrant dans le petit gymnase de la Fontaine Blanche, se remémorer d’âpres luttes passées, l’intensité mise par le collectif chambraysien dans son antre frappe toujours les esprits. Comme c’est souvent le cas, les Rebelles se sont donc fait rentrer dedans durant le premier acte et aurait même pu commencer à cogiter à l’entame du second quand les choses n’allaient pas forcément beaucoup mieux. Mais le BBH a aussi pris une bonne habitude dans la banlieue tourangelle depuis plusieurs saisons : s’imposer toujours à la fin. Et ce n’est certainement pas la force collective dégagée par ce groupe 2019/2020 qui allait venir contredire cela.

« Chambray, c’est toujours compliqué, on le sait, débriefait Laurent Bezeau. Mais j’avoue qu’avant le match, je ressentais beaucoup de sérénité, c’est mon équipe qui me donne ça ». Cette équipe dont parle le coach, chahutée à chaque rencontre depuis le début de saison, semble avoir réponse à beaucoup de choses. « On a su tenir 45 minutes mais Brest a vraiment fini en maîtrise, corroborait Guillaume Marques, le technicien du CTHB. C’est plutôt logique. On y a peut-être cru un petit peu même si en deuxième mi-temps on a compris que ça allait être compliqué. Il n’y a pas à rougir en tout cas, d’autres y laisseront des plumes face au BBH ».

Si le coach tourangeau avançait la normalité, son équipe a pourtant mis tous les ingrédients pour y croire le plus longtemps possible. La première raison d’espérer pour le CTHB fut une vieille connaissance brestoise, Jovana Stoiljkovic. Au taquet, la Serbe a pris le début de match à son compte, inscrivant 4 buts lors des 10 premières minutes. La Hollandaise Anouk Nieuwenweg, pile électrique sur la base arrière, s’emparait ensuite du flambeau, et pas à moitié (6 buts en 13 minutes). Le BBH broyait alors du noir et le problème était clairement défensif.

« On a vraiment mis du temps à se trouver dans l’intensité nécessaire, poursuivait Laurent Bezeau. Malgré tout, on était à égalité à la mi-temps et c’était un premier pas pour gagner ce match ». Un peu grâce à Chambray, les Rebelles étaient en effet parvenues à recoller au retour aux vestiaires. Presque inespéré et surtout pas anodin (16-16, 30e).
Le chassé-croisé au début de la seconde période n’augurait pas inévitablement d’une fin heureuse pour un collectif brestois qui devait attendre la 41e minute pour reprendre l’avantage dans cette partie (21-22, 41e), 33 minutes après le dernier +1.

Et ce regain psychologique allait être un vrai déclencheur pour un dernier quart d’heure à sens unique. « Évidemment, dans la rotation, on savait que Brest serait plus solide, argumentait Guillaume Marques. C’est devenu compliqué à la fin, on a flanché physiquement. On voyait le match nous échapper et défensivement, on était à la rue, notamment sur les glissements. On a probablement aussi manqué de lucidité ».

Le travail de sape de la machine brestoise était passé par là et la face du match se trouvait ainsi totalement changée. Le CTHB perdait des ballons, tombait sur une Sandra Toft enfin en réussite et de l’autre côté du terrain, les enclenchements trouvaient plus facilement fortune. La bascule, un 5-0 orchestré par Sladjana Pop-Lazic et Monika Kobylinska, s’avérait létale pour des locales qui jetaient l’éponge.
« Oui, on a pu gagner grâce à nos rotations mais quand tu affrontes un adversaire, tu joues contre 14 joueuses, concluait Laurent Bezeau. Ce que je trouve vraiment intéressant, c’est qu’on prend beaucoup plus de plaisir quand on gagne en équipe ». Dans celle-ci a d'ailleurs fait une entrée remarquée la capitaine Coralie Lassource. Stoppée par une blessure au doigt depuis un mois et demi, la néo-Brestoise n'a pas attendu pour prendre ses marques. Encore une bonne nouvelle.

CHAMBRAY – BREST : 26-31 (16-16)
CHAMBRAY : Pradel (g.), Kantor (g.), Nieuwenweg (7), Valente (1), Memana (4), François (1), Asperges, Heure, Nicollet (3), Bruni, Touré (2), Stoiljkovic (5), Brkljacic (3), Hanley. Entraîneur : G. Marques.
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Toublanc (3), Tissier (5), Gros (5), Kobylinska (6), Lassource (3), Minevskaja, Fofana, Niakaté (1), Pop-Lazic (4), Foppa (1), Coatanéa (2). Entraîneur : L. Bezeau.

(crédit photos : Julien Pruvost / NR)