BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

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10.10.18 | Constance, la vie en accéléré

À côté des stars Bella Gulldén et Ana Gros, son recrutement est peut-être passé un peu inaperçu mais Constance Mauny (19 ans) a vite averti tout le monde qu’il faudrait compter avec elle. La jeune Chambraisienne a croqué dans ce début de saison avec un enthousiasme communicatif. Bilan des courses : de belles performances sur le terrain et les premières sélections avec l’équipe de France, celle des grandes. Pas de doute, sa carrière est partie aussi vite qu’une contre-attaque. La base pour une ailière.

« Pourquoi le numéro 2 ? Quand j’étais jeune, à Chambray, j’étais tout le temps surclassée, du coup je devais prendre le maillot le plus petit en taille et c’était celui-là. Depuis, il m’a suivie ». L’anecdote est anodine mais a le mérite de résumer en quelques mots la carrière de Constance, fille pressée et toujours en avance. À 17 ans, elle gambadait déjà sur les terrains de LFH. Après une saison à ce niveau, elle décrochait le titre de meilleur espoir de la division. Et une douzaine de mois plus tard, elle a, en quelques jours seulement, découvert la Ligue des Champions et l’équipe de France. « Oui, c’est allé très vite et j’ai vécu ça avec beaucoup de surprise, explique-t-elle en revenant sur son premier épisode avec les Bleues. J’étais tranquille chez moi et j’ai reçu un appel d’un numéro que je ne connaissais pas. C’était celui-ci d’Olivier Krumbholz. Il m’a dit qu’il avait besoin de renfort alors j’ai fait ma valise, j’ai passé une toute petite nuit et j’ai rejoint les filles sur la route du Danemark ».

Si certains avaient quitté des yeux la vie de Constance durant quelques mois, ça a dû leur faire bizarre en apprenant ça. Mais ils n’étaient visiblement pas nombreux dans ce cas, tant le portable de la demoiselle a chauffé le jour de l’officialisation : « C’était pire que pour mon anniversaire ! Il y a énormément de gens qui m’ont envoyé des messages. C’était vraiment touchant de voir ça. Il y avait des connaissances de Chambray par exemple ou des anciens profs. Du coup, tu ne veux pas les décevoir mais tu sais aussi qu’ils seront toujours derrière toi ».

D’un naturel plutôt timide, on devine presque de la gêne chez elle quand elle évoque tous ces événements qui lui sont tombés dessus en si peu de temps. Et pourtant, alors qu’elle n’atteindra ses vingt printemps qu’au mois de décembre, il faudra bien qu’elle s’y fasse à cette exposition et ces attentes permanentes à son sujet. « Coco » s’y prépare et a conscience que l’un des choix les plus importants, elle l’a fait quelques années en arrière en décidant de rejoindre le pôle espoirs d’Orléans. « Depuis toute petite, j’étais toujours chiante à vouloir gagner tous les jeux auxquels je participais, avoue-t-elle avec un petit sourire. Mais quand on m’a proposé de faire le concours d’entrée au pôle, j’ai beaucoup hésité parce que j’avais des amis au collège, il fallait aller à Orléans, en internat… Je me posais beaucoup de questions. Alors quand j’ai pris la décision d’y aller, je me suis dit que c’était pour rejoindre le haut niveau ».

L’enfant de Chambray quittait alors son nid. Provisoirement. Le deuxième départ, c’était il y à peine trois mois pour rallier Brest et son ambitieux projet. « Est-ce que ça a été dur ? Oui et non, avoue-t-elle. Je m’étais toujours dit que si je voulais faire du très haut niveau, il faudrait partir à un moment donné et j’ai senti que c’était le bon timing. Mais c’est vrai que ça reste compliqué de quitter le cocon et de te dire que tu vas avoir une autre vie. Dans le même temps, j’avais hâte d’avoir mon propre appart’, mon indépendance, sans les parents. Je n’avais peut-être pas imaginé partir au bout du monde mais maintenant j’y suis (rires). Et tous les gens autour de moi étaient contents de l’apprendre parce qu’ils savaient que c’était pour quelque chose de mieux. Ils ne pouvait pas être déçus pour moi ».

Alors n’allez surtout pas lui demander si elle regrette aujourd’hui ce choix, la réponse fuse : « Non, surtout pas ! Je suis bien installée ici et avec les filles, ça se passe super bien. On sent que toute l’équipe veut faire quelque chose cette année. Tout cela donne une bonne cohésion et aide à être à l’aise ». Un constat que les supporters de l’Arena ont pu rapidement faire en la voyant enchaîner les courses effrénées sur son aile gauche et martyriser les gardiennes adverses. Et même si le handball est aujourd’hui prioritaire dans sa vie et plutôt chronophage, Constance a de la ressource et tentera d’ici deux ans de valider une licence de biologie à la fac de Brest. Pour ne pas perdre de temps sans doute.